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Révolutionnaire professionnel. Un terrain politique et sociologique
Sainsaulieu Ivan
BORD DE L EAU
18,00 €
Épuisé
EAN :9782385190507
Je suis fils de militants de gauche, un sociologue et une psychanalyste, deux professionnels qui "bossaient tout le temps" , selon le propos rétrospectif de ma défunte mère. Le professionnalisme fait le lien entre mes familles militantes d'origine et d'adoption. C'est le même professionnalisme que je conseille à mes étudiants, comme aux divers apprentis militants, politiques ou associatifs. Le besoin de permanence me frappe, comme pilier de l'engagement bénévole, pour tenir la position. Pourtant, la créativité, la liberté, l'anticonformisme me semblent tout aussi vitaux, quelle que soit l'activité. Construire dans le mouvement, chercher des opportunités pour avancer, voilà ce qui me motive, en sociologie comme en politique. Académique, je raisonne toujours comme un outsider ; léniniste, j'étais porté à l'improvisation, comme démoulé à chaud. Ceci a produit certes quelques malentendus ou inadaptations, dont il est question dans ce livre, mais cela pose aussi une question névralgique, notamment pour les révolutionnaires, celle de la cohabitation entre audace et persévérance. Cette plongée autobiographique toute subjective à Lutte Ouvrière alimente donc par là un bilan anthropologique de l'extrême gauche, de ses pratiques les plus mouvementistes aux plus hiérarchiques, de son courage subjectif à son conformisme le plus plat, du plus grand désintéressement à la défense mesquine de micro-pouvoirs, de potentiels inassouvis à leurs limites historiques. Au travers d'un voyage dans la forteresse la moins connue du trotskisme, se pose ou se repose la question : comment être, ou ne pas être, révolutionnaire professionnel ? Un bilan anthropologique de l'extrême gauche, de ses pratiques les plus mouvementistes aux plus hiérarchiques, de son courage subjectif à son conformisme le plus plat, du plus grand désintéressement à la défense mesquine de micro-pouvoirs, de potentiels inassouvis à leurs limites historiques.
Mise en concurrence, différenciation sociale, double marché du travail, migrations, tertiarisation, individualisation et flexibilité : le monde du travail a changé. Les bastions combatifs du salariat et les milieux professionnels protégés sont plus isolés et fragilisés qu'hier. Pourtant, le conflit au travail est loin d'être absent, comme l'ont rappelé les mobilisations contre la loi Travail en 2016. Il épouse différents contextes et prend de nouvelles formes qui s'apparentent parfois plus à de la résistance qu'à un conflit classique. C'est cette diversification des oppressions vécues - de classe, de genre, de sexe et de race - comme leurs traductions politiques qu'Ivan Sainsaulieu invite à comprendre. Il montre ainsi combien la contestation au travail conserve tout son potentiel subversif.
Sainsaulieu Ivan ; Vinck Dominique ; Girard Béréni
Que sont devenus les ingénieurs depuis l'époque héroïque de Thomas Edison, Gustave Eiffel ou Rudolf Diesel ? Moins visibles, leurs travaux ont-ils été dévalorisés socialement, comme la connotation parfois péjorative du terme "technique" peut le faire penser ? Ou bien leur diversification témoigne-t-elle d'un renouveau ? Si beaucoup sont toujours en lien avec l'industrie et avec l'Etat, leurs technologies sont plus étroitement liées à la recherche scientifique fondamentale et dépendent de connaissances sophistiquées (chimie, microélectronique, biotechnologie, télécommunications, nanotechnologie, etc.). Ils sont confrontés à la montée en puissance de l'entreprise privée et de nouvelles nations sur un plan mondial, ce qui pose des problèmes sociaux divers, à la fois éthiques, de développement et de management. Ils forment une catégorie toujours attractive. Leurs formations se sont développées et prolifèrent dans le monde entier mais si la population ingénieure s'est 'russifiée, elle s'est aussi différenciée socialement. Ce sont tous ces aspects que cet ouvrage se donne pour tâche d'approfondir pour esquisser à grands traits le portrait de l'ingénieur d'aujourd'hui. Il vise à donner une image pluraliste de l'activité d'ingénierie, composée de diverses facettes, mais aussi structurée de tendances lourdes.
Où est passée la justice sociale ? Face à l'accroissement des inégalités en France et dans le monde, cette question devient brûlante. A l'aide de données d'enquête en France comme dans les points "chauds" du globe, ce livre analyse l'ampleur de la crise des modèles de justice et singulièrement du principe d'égalité. En partant des acteurs ordinaires, des mouvements sociaux, des contextes concrets, il dessine le kaléidoscope des tâtonnements et réinventions en cours autour de ces enjeux. Il permet ainsi d'interroger les fondements quotidiens de la démocratie sociale et politique de notre temps.
Depuis 1945, le syndicalisme a traversé des contextes socio-politiques plus ou moins porteurs : l'après-guerre est une période propice à l'autonomie (1945-1950), au contraire de la période de croissance forte (avant 1975), contredite à son tour par la dernière période de croissance faible, où la crise du, syndicalisme alimente à nouveau l'autonomie. Confondu à tort avec le syndicalisme maison, le syndicalisme autonome est d'abord réformiste, et très diversifié localement. Facteur de contrôle social comme ses aînés confédérés, il incarne néanmoins une capacité de proximité au terrain, un attentisme à l'égard du politique et une souplesse de fonctionnement qui ont une résonance très actuelle. Le syndicalisme autonome regroupé dans le Groupe des 10 autour de la fédération SUD-PTT et du SNUI (aux impôts) affiche un renouveau du syndicalisme contestataire, à la faveur de la crise du service public. SUD-PTT en particulier se place dans une situation de franc-tireur par rapport au syndicalisme contestataire en général. Ayant mordu également sur le secteur privé, les syndicats SUD se sont liés à divers mouvements sociaux, sous l'impulsion de militants soixante-huitards. Ils contribuent ainsi à un type de contestation original, la " contestation pragmatique ".
Cet ouvrage propose : 1°) Un état de la recherche en matière de complotisme (surtout du point de vue psychologique - domaine dans lequel de nombreuses recherches ont été menées ces dernières années et dont il n'existe pas de synthèse grand public) ? 2°) Liens entre complotisme , antisémitisme et islamophobie (C'est toujours le Mossad qui est derrière; Eurabia) ? 3°) Repenser le complotisme à l'ère des medias sociaux (les classiques du sujet datent d'avant Facebook) ? 4°) Pourquoi la lutte contre le complotisme est-elle condamnée à l'échec.
Comment expliquer qu'un mode d'organisation capitaliste - fondé sur un principe d'accumulation continue - autorise la perpétuation d'activités qui obéissent à une autre logique et paraissent lui poser des limites ? Pour résoudre cette énigme, l'ouvrage évalue les clés de lecture disponibles et formule de nouvelles propositions. Pour nombre d'auteurs, le capitalisme procède de forces économiques naturelles et autonomes, accompagnées ou canalisées dans un second temps par quelques politiques publiques. Il se heurte parfois à une résistance - que le terme serve à désigner une force d'obstruction passive ou une capacité de mobilisation. L'ouvrage invite à inverser la perspective et à considérer plutôt les rapports de force politiques qui débouchent sur la représentation d'un ordre économique naturel et qui expliquent le développement du capitalisme. Il examine sur ce mode les activités des entrepreneurs, mais aussi les affrontements entre chercheurs et les luttes qui ont cours au sein des administrations publiques. Dans leur ensemble et par leur articulation, différents champs composent ainsi les structures politiques de l'accumulation. Dans certains cas et sous certaines conditions, des activités non capitalistes s'en trouvent dans le temps confortées : de multiples agents les perçoivent comme extérieures à l'ordre économique naturel ; ils anticipent leur disparition et se persuadent qu'il suffit de laisser la nature accomplir son oeuvre. Nul ne travaille à leur élimination ni ne pousse à l'organisation d'un mouvement qui en prendrait la défense. Pour mesurer la portée de ses propositions, l'auteur retient l'exemple de l'agriculture en Roumanie : il s'efforce d'expliquer la coexistence sur ce terrain de grandes exploitations capitalistes et de petites propriétés qui entretiennent des pratiques d'autoconsommation, sans prêter à la moindre forme d'accumulation. Au-delà de ce cas d'étude, l'ouvrage affiche une visée pédagogique et offre une présentation actualisée des théories du capitalisme. Il pose par ailleurs les bases d'un nouveau programme de recherche en économie politique.
Pourquoi et comment les jeunes reviennent-ils vivre au domicile de leurs parents ? En quoi ce retour est-il ou non la marque d'un échec sur la voie de l'indépendance ? Auparavant, lorsque les jeunes quittaient le domicile parental pour voler de leurs propres ailes, il s'agissait d'un départ définitif qui marquait l'entrée dans l'âge adulte. Tel était du moins le modèle français. En quoi le retour est-il significatif d'un changement dans ce modèle ? Comment décrire, comprendre et analyser ce changement dans le parcours des jeunes ? En quoi le retour remet-il en question la capacité d'autonomie des individus concernés ? L'auteure apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène pour trois raisons essentielles : Premièrement, elle situe le phénomène français dans le contexte international. Deuxièmement, elle met en lumière des parcours sous-tendus par des logiques, non seulement économiques, mais aussi affectives, en décrivant les processus vécus au moment des retours du point de vue des jeunes et de leurs parents. Ressentent-ils les uns et les autres un sentiment d'échec ? Comment les jeunes s'autonomisent-ils ? Comment se passe la cohabitation intergénérationnelle ? Enfin, le livre s'interroge sur la considération que les politiques publiques devraient accorder à ce phénomène qui met en lumière les inégalités sociales au sein de la jeunesse.
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.