Que font les migrations aux langues et les langues aux migrations ? Dans la crise de l'accueil des migrants qui secoue l'Europe depuis 2015, les langues sont les grandes oubliées des politiques publiques. Pourtant, dans les territoires de l'asile, des dizaines de langues se rencontrent et se croisent aux frontières. Est-ce alors un grand malentendu ou un parler de la migration qui émerge dans ces territoires de Babel ? Une lingua franca ou à l'inverse une lingua non grata ? Cet ouvrage est le fruit de quatre années de recherche de l'équipe Liminal (Linguistic and Intercultural Mediations in a context of International Migrations - ANR, Inalco, 2017-2021) dans les campements, camps et centres d'hébergement et d'accueil pour demandeurs d'asile. Les enquêtes en pashto, persan, arabe(s), ourdou, tigrinya, français, anglais, italien, se sont déroulées au plus près des acteurs, dans la région parisienne, le Calaisis et aux frontières franco-anglaise et franco-italienne. Grâce à une méthodologie originale et une approche pluridisciplinaire à la croisée de l'anthropologie et de la sociolinguistique, l'ouvrage présente une perspective inédite pour aborder par les langues ce qui se joue en migration : une expérience politique, de violences et de résistances.
Comment l'Inde, avec sa structure unique de castes et de communautés, fait-elle face aujourd'hui à ses enjeux démographiques : croissance de la population, urbanisation, pauvreté, mondialisation et ouverture économique ? Une équipe de spécialistes de l'Inde vous propose une synthèse complète et actualisée avec les clés pour comprendre ce territoire immense et contrasté. Outil pédagogique, cet ouvrage présente un solide texte d'analyse tenant compte des chiffres du recensement décennal de 2001. Vous trouverez aussi des encadrés sur les événements d'actualité, 13 cartes inédites, de nombreux graphiques et tableaux, des photos originales, un glossaire de termes indiens, des indications bibliographiques. Un instrument de travail riche et pratique pour les étudiants, les enseignants et tout lecteur désireux de mieux comprendre l'Inde contemporaine.
Face au désastre, peut-il y avoir un récit ? Au sortir du camp de Buchenwald, à l'heure des dizaines de milliers de morts en Méditerranée, que dire, que traduire, que transmettre ? Le récit peut-il prendre forme lorsqu'il s'agit d'attester du mal et de la cruauté, dont la conflagration mine l'écrit ? La violence empêche le récit lorsque les mots manquent radicalement pour dire l'expérience génocidaire ou exilique. Elle l'abîme tant sa transmission et son écoute sont hypothéquées par le déni et le silence de la société qui le recueille. A travers l'étude de plusieurs formes de récits génocidaires et exiliques - chroniques de ghetto, récits de guerre ou poèmes et fictions - émerge l'inconscient politique qui ne cesse de traduire les expériences de domination et de persécution de populations marginalisées. Comment décentrer la violence pour rendre le récit audible ? Les dispositifs d'écoute, d'interprétariat et de transmission se renouvellent. Ce livre se propose d'apporter une lecture inédite des récits de violence, en proposant un parallèle entre les violences génocidaires et des exils contemporains dans une perspective résolument pluridisciplinaire.
L'expression de "sens au travail" a intégré le langage commun mais aussi la presse écrite, les journaux télévisées ou encore les programmes radio. L'expression semble y représenter le problème central du monde du travail actuel : le manque de sens. Pourtant, définir la notion n'est pas aisé et l'analyser encore moins. La psychologie positive en lien avec d'autres courants récents de recherche permet de mieux comprendre le phénomène et de trouver des solutions pour façonner des emplois permettant aux salariés de construire le sens quotidien de leur travail. Une synthèse claire des recherches sur le sens au travail en psychologie positive ; un guide pratique à l'attention des employés et managers pour faire du sens une matrice de l'engagement de chacun. Cet ouvrage est issu du mémoire de recherche de Marie Saggio, dirigé par Delphine Chazalon.
L'Asie du Sud, qui dispose de deux des plus grands bassins hydrographiques de la planète, est l'héritière d'une longue histoire urbaine. De nombreuses villes saintes, considérées comme les demeures de forces divines, se sont développées sur des rives également propices à l'installation de capitales et à l'essor de centres de commerce. A travers l'analyse de sept couples villes/fleuves, des plaines du moyen Indus au Pakistan (Sehwan Sharif) à celle du Brahmapoutre en Assam (Guwahati), de la vallée du Gange et de la Yamuna (Bénarès et Delhi), à celle de la Vaigai en Inde du Sud (Maduraï) en passant par le bassin de la Narmada, en Inde centrale (Amarkantaka et Omkareshwar), l'ouvrage explore la multiplicité des visions et des émotions qui continuent de susciter des pratiques et des aménagements spécifiques sur les berges urbaines. Ce volume collectif propose une réflexion pluridisciplinaire sur cet héritage singulier, aujourd'hui menacé par l'explosion démographique et par la pollution, et sur les perceptions contemporaines contradictoires des dévots et des touristes, des populations locales et des décideurs nationaux, des habitants de bidonvilles et des citadins des classes moyennes.