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La démocratie en France Tome 2 : Limites
Sadoun Marc
GALLIMARD
28,70 €
Épuisé
EAN :9782070740673
Exclusion et intégration républicaine, droit à la nationalité et citoyenneté, égalité et différence, globalisation et souveraineté nationale - il est peu de débats qui ne posent au bout du compte la question de la démocratie en France. Des débats où, à peine renouvelées par la crise des idéologies globales, mais dans l'extrême confusion des genres et des mots, deux veines de réflexion s'opposent : d'une part, l'énonciation des vertus de la démocratie représentative à partir d'une reconstitution historique des sources et des penseurs ; d'autre part, la dénonciation du formalisme de la démocratie politique minée par la logique du marché. Ces deux veines ont notamment en partage la confusion entre trois acceptions du terme démocratie - une idéologie, un régime politique et un état social - et la croyance en une exception française, fondée sur la synonymie postulée de l'État républicain et de la démocratie libérale. Deux lectures qui ne parviennent cependant pas à penser en même temps la démocratie comme réalité politique et les processus d'exclusion qu'elle sécrète. Or, il faut tenir ensemble le projet démocratique et l'utopie sociale, rapprocher l'idée de sa réalité si l'on veut comprendre la nature et les limites de la démocratie en France. Telle est l'ambition de cet ouvrage aux marges des conventions universitaires, disciplinaires et médiatiques. Ce deuxième volume trace les grandes limites du projet démocratique : l'émancipation inachevée des femmes du fait de l'opposition entre deux gouvernements : la famille et la Cité (Geneviève Fraisse) la nationalité comme butoir de l'idéal universel (Dominique Colas) l'ambivalence structurelle des critiques de la démocratie (Jean-François Sirinelli) ; l'épreuve à laquelle le social soumet le projet démocratique (Marc Lazar). Le premier volume, pour sa part, traite des idéologies qui structurent le projet démocratique en France - le postulat de l'universalité (Pierre Bouretz) ; le conflit entre l'universel républicain et l'universel religieux (Yves Déloye et Olivier Ihl) ; les deux formes concurrentes de représentation politique que sont le citoyen et l'individu (Nicolas Roussellier) ; la dynamique démocratique, enfin, d'intégration républicaine des extrêmes politiques (Jean Baudouin).
La crise de l'école suscite un débat récurrent depuis une cinquantaine d'années. Le constat semble unanime: l'école ne fonctionne plus, elle n'arrive plus à accomplir ses missions. Mais ce constat repose sur deux postulats discutables: la nouveauté et la technicité de ces difficultés. Or non seulement la crise scolaire est récurrente au cours de l'époque moderne, mais en outre elle engage, au-delà de la dimension technique de l'efficacité, un enjeu politique fondamental: la place de l'institution dans une démocratie. L'école n'est pas un instrument neutre au service des choix politiques, économiques ou familiaux, elle est une institution au sens plein du terme: une instance chargée d'organiser en procédures spécifiques le processus global de constitution conjointe de la société et des individus. L'école, sur le terrain spécifique de l'éducation, au même titre que la politique proprement dite, participe donc du politique, c'est-à-dire de l'activité dédiée à la fonction de définition, de régulation et de réalisation du devenir social-historique. Cette dimension politique de l'institution éducative, souvent sous-estimée voire évacuée, reste pourtant omniprésente dans les querelles et les réformes pédagogiques contemporaines. S'ensuit un double conflit: sur la politique à mener à l'école, mais aussi, plus fondamentalement, sur le statut du politique et des institutions politiques. La question des moyens est indissociable de celles de la finalité et de la subjectivité à l'origine de l'action sur la société et ses membres. A travers la querelle pédagogique s'opposent ainsi différentes conceptions de la liberté humaine, de l'objet de l'institution éducative et, plus généralement, de la place de toute institution et du politique lui-même dans la société. L'enjeu des débats éducatifs est donc de redéfinir les rapports entre l'être et le devenir humains, de décider si l'école doit fonctionner comme un relais des décisions de la société civile ou comme une institution de l'espace public, si la liberté suppose l'épanouissement d'une authenticité préexistante ou le développement d'une autonomie à venir.
L'actualité a conféré au thème de l'altérité une importance souvent faite de sang et de haine, mais aussi de solidarité et d'affection. Promue par la mondialisation et aiguisée par le « réveil identitaire », les drames du développement ou de la pauvreté, l'idée d'altérité est fédératrice des passions de notre monde contemporain. Offert à Alfred Grosser, ce livre se réfère à son oeuvre qui a poursuivi une longue quête des « identités difficiles », à la rencontre des traditions nationales, religieuses et sociales. Elle l'a fait dans l'ignorance des frontières; celles qui cloisonnent les disciplines et stérilisent les savoirs. Personne n'ignore que l'individu est toujours situé, mais on sait aussi que rien ne se dit ni ne se fait sans invention à la première personne. Qu'on regarde la scène mondiale ou nationale, qu'on se tourne vers le passé ou qu'on observe le présent, c'est toujours l'acteur qui est au premier plan de l'analyse, avec la certitude que celui-ci se distingue et s'expérimente dans la découverte de l'Autre. Avec la conviction que la science ne se sépare pas de la vie, que la connaissance ne vaut rien si elle ne contribue pas à la recherche de l'universel. Éclairé par cet enseignement, le lecteur trouvera ici l'une des premières synthèses consacrées à la question de l'Autre. Associant la philosophie et la théologie, la science politique et l'histoire, la sociologie et le droit, ces hommages à Alfred Grosser explorent les espaces où se forment et s'expriment les reconnaissances et les exclusions.
Résumé : " Quand rien ne consacre et ne justifie le pouvoir de l'un sur l'autre, personne ne peut comprendre que sa propre parole vaut moins que celle des autres. Il n'y a plus de privilèges et il y a pourtant, dans nos siècles d'égalité, bon nombre de lieux où résiste l'autorité, toujours légitime, parfois contestée : celle du juge, celle du professeur, celle de l'expert, celle du médecin. Partout, le savoir est le plus sûr garant du pouvoir ; celui qui sait impose son autorité à ses semblables qui, dans les autres manifestations de la vie, sont ses pairs, et de cette autorité il tire l'assurance qu'il sera écouté s'il est expert, suivi s'il est médecin, obéi s'il est juge. L'autorité rassemble ces différentes figures, mais la manière dont elles sont sollicitées et suivies les distingue : la justice fonctionne pour l'essentiel sur le mode de la hiérarchie et, au moins en aval, sur celui de la contrainte ; la médecine ne peut connaître la règle de l'égalité, mais elle n'ignore pas celle de la liberté. C'est cette association des deux règles qui intrigue et assigne à la médecine une place aussi originale dans la modernité. Attachée aux valeurs du libéralisme dans lequel elle voit la meilleure et d'ailleurs,la seule manière d'assurer sa mission, l'institution médicale ne peut renoncer à ce qui fonde son autorité et assure la plénitude de son identité. Ces deux principes ont toutefois des sources différentes et n'opposent pas la même résistance à l'épreuve du temps : l'un s'ancre dans les fondements de la médecine, l'autre est un produit des temps modernes ; l'un se heurte aux demandes de transparence et d'information formulées par le patient, l'autre doit composer avec les contraintes publiques d'administration et de gestion de la santé. [..] Comment la médecine est-elle parvenue à préserver l'essentiel de cette identité composite dans des temps si prompts à associer le pouvoir au privilège ? A concilier la liberté du privé et les contraintes du public ? A sauvegarder son unité malgré ce qui, de manière si évidente, distingue ceux qui l'exercent ? Elle l'a fait, nous dit Alexandre Jaunait, en se présentant comme une institution réunie autour de la réalisation d'un objectif commun. Comprise comme une profession, la médecine parle comme un nous, doté d'une morale et d'un esprit qui lui sont propres.[...] Quand la recherche s'affirme avec autant de fermeté et de nuances, les frontières qui séparent les sciences humaines et sociales peuvent au moins provisoirement s'effacer et les bienfaits de la pensée politique être célébrés. "
Le socialisme s'est bâti dans l'entre-deux de la démocratie française : au jacobinisme, il emprunta une conception incarnative du politique, où l'avenir de chacun passait par l'émancipation sociale de tous les exploités ; au libéralisme, il puisa une vision représentative de la politique, où l'émancipation de tous passait par la libre expression des intérêts de chacun. Blum et Mendès France donnèrent assise à cette synthèse en distinguant la démocratie pluraliste à vivre dans le présent et la démocratie sociale à construire collectivement dans l'avenir. Pour y avoir renoncé, le socialisme français connaît la plus grave crise d'identité de son histoire, reflet de celle que traverse à sa manière la démocratie en France.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.