Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'embryogenèse du monde et le Dieu silencieux
Ruyer Raymond ; Colonna Fabrice
KLINCKSIECK
35,00 €
Épuisé
EAN :9782252039120
Malgré un titre qui peut paraître imposant et intimider, le lecteur trouvera dans ce livre le condensé, particulièrement clair et élégant, que Raymond Ruyer voulut donner de sa pensée au soir de sa vie, en un ultime effort de présentation et d'actualisation. L'ouvrage, entièrement achevé, était jusqu'à ce jour inédit, ce qui fait de sa publication un événement. La pensée de Ruyer a retenu l'attention de nombre des penseurs les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle (comme Merleau-Ponty, Canguilhem, Deleuze ou Lacan), qui n'hésitaient pas à la placer au plus haut. La publication du dernier manuscrit philosophique de Ruyer représente l'occasion de se familiariser avec sa pensée et de lui accorder enfin la place qu'elle mérite. L'objectif du philosophe de Nancy a consisté à construire un système métaphysique ajusté aux découvertes de la science contemporaine. S'il est bien question ici de "Dieu", ce n'est pas dans la perspective d'une révélation : le Dieu de Ruyer est un Dieu spéculatif, comme celui d'Aristote ou de Whitehead, et nous sommes loin des considérations sur "le savant et la foi". D'autre part, "l'embryogenèse du monde" n'est pas une rêverie incontrôlée sur quelque Oeuf primordial, mais une tentative argumentée de constituer un panpsychisme à la manière de Leibniz, selon ce que Ruyer appelle lui-même une "monadologie corrigée".
Elaborer une métaphysique en prise avec les avancées de la psychobiologie, de la cybernétique ou de la physique quantique. Tirer les conséquences de l'écroulement d'un imaginaire mécaniste qui se figurait l'univers comme une grande horloge (ou un ordinateur) où tout se compose morceau par morceau. Repérer partout, des amibes aux galaxies en passant par les subjectivités humaines, une action organisatrice analogue à la conscience et porteuse de sens. Tel aura été l'audacieux projet de Raymond Ruyer. Ce nouveau "panpsychisme" l'a conduit à s'interroger plus largement sur la signification de l'enquête philosophique dans le double rapport qu'elle entretient avec la rationalité scientifique et l'imaginaire producteur de mythes. Qu'est-ce que la philosophie ? A quoi reconnaît-on l'esprit métaphysique ? Ruyer se méfie des mystères insondables et des faux effets de profondeur : on ne fait pas de philosophie "en se prenant la tête à deux mains" . Pour déchiffrer le texte du monde, il faut travailler au plus près de l'explication scientifique. Mais il faut le faire en s'intéressant à tout, et notamment au Tout, en mobilisant pour cela des mythes spéculatifs aussi puissants dans leur genre que ceux des utopies ou des religions.
Il s'agit bien, dans cet ouvrage, des paradoxes de la conscience, et non de paradoxes sur la conscience. L'exposé par paradoxes a l'avantage d'abréger le "discours" . Mais l'ordre et la suite des paradoxes est systématique. Le seul classement peut être révélateur et peut permettre d'éliminer nombre de théories fausses ou futiles. Comme cet ouvrage est sur la conscience et non sur le paradoxe, le mot paradoxe est employé au sens large. Il englobe : paradoxes classiques, antiparadoxes, pseudoparadoxes, apories, antinomies, difficultés logiques ou quasi logiques, et même, apparences surprenantes et trompeuses ou, plus souvent encore, pseudo-dificultés tenant à des postulats arbitraires. Je prends position clairement, en général, dans mon jugement sur les paradoxes mentionnés, en indiquant s'il s'agit selon moi, d'un paradoxe vrai, c'est-à-dire d'une vérité paradoxale, ou d'un paradoxe faux, d'une erreur. J'indique aussi s'il s'agit d'un paradoxe authentique, ou d'un pseudoparadoxe. Cependant, dans un petit nombre de cas, je laisse au lecteur le soin de décider.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.