« [Il existe] des gens qui, parce qu’ils possèdent des terres, sont en mesure de faire payer aux autres le privilège d’exister. Ces propriétaires fonciers sont des oisifs et on pourrait donc s’attendre à ce que j’en fasse l’éloge. Malheureusement, leur oisiveté n’est rendue possible que par l’industrie des autres ; en fait, leur désir d’une oisiveté confortable est, d’un point de vue historique, la source même du dogme du travail. » - Russel Robin
Eloge de l'oisiveté" est une pépite dénichée dans l'oeuvre immense et protéiforme de Bertrand Russell. Dans la grande tradition des essayistes anglais (Swift, Stevenson), il manie le paradoxe pour s'attaquer aux fondements mêmes de la civilisation moderne. Derrière l'humour et l'apparente légèreté du propos se cache une réflexion de nature à la fois philosophique et politique qui s'exprime avec une ironie mordante : "Il existe deux sortes de travail : le premier consiste à déplacer une certaine dose de matière à la surface de la terre ; le second à dire à quelqu'un d'autre de le faire. "
Résumé : Deux conférences prononcées en 1923. L'une, tenue par le généticien et biologiste britannique J. Haldane, annonce les découvertes scientifiques des XXe et XXIe siècles (OGM, techniques de procréation assistée, ectogénèse, etc.). Dans la seconde, le mathématicien B. Russell examine le rôle de la science dans l'assouvissement des passions et dénonce les méfaits des engouements collectifs.
Résumé : De 1897 à 1919, Bertrand Russell consacra l'essentiel de son attention philosophique à la connaissance mathématique. Son ambition était tout à la fois d'en éclairer la nature et d'en parfaire la rigueur en dégageant ses véritables fondements. Dès 1903, il développa dans les Principes de la mathématique sa thèse du logicisme : la totalité de la mathématique pure peut être déduite de quelques principes et concepts logiques. Mais ce n'est qu'en 1910 que les Principea Mathematica parvinrent à en offrir une démonstration précise et détaillée. Au cours du travail philosophique destiné à dégager, par la voie de l'analyse logique, les éléments fondamentaux qui devaient servir de socle à l'édifice mathématique, Russell découvrit en effet une contradiction qui menaçait son projet dans son essence même. Il y échappa grâce à sa théorie de la dénotation et à sa théorie des types. C'est autour d'elles qu'a été constitué ce recueil. Centré sur le thème de la référence et de l'autoréférence, il illustre aussi clairement l'origine mathématique de l'atomisme logique et de la réduction de la connaissance philosophique à l'analyse logique dont Russell s'est fait l'ardent avocat. J.-M. R.
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.