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L'oeuvre-monde. Essai sur la pensée du dernier Lukacs
Rusch Pierre
KLINCKSIECK
45,00 €
Épuisé
EAN :9782252039083
A partir de l'oeuvre du dernier Lukács (1885-1971), cet essai vise à dégager quelques axes directeurs d'une pensée intégrée de l'homme, de la société et de la culture. La préoccupation majeure est de restituer cohérence et dignité à une réalité toujours plus morcelée : la vie quotidienne, lieu de toutes les aliénations, contient aussi en germe les formes d'activité les plus exigeantes et les plus rigoureuses. L'histoire montre certes comment ces sphères (spécifiées en religion, philosophie, droit, art, science, technique) se différencient et s'autonomisent progressivement, forgeant une nécessité propre qui vient se superposer à leurs fonctions sociales. Mais l'exigence morale s'accroît parallèlement de réintégrer toutes les avancées de l'esprit humain, et le souvenir de son histoire, dans une conscience commune de l'humanité. L'oeuvre d'art a ici une valeur paradigmatique, dans sa capacité à créer des mondes démarqués du monde vécu, à la fois témoignages et revendications. Pierre Rusch est philosophe, traducteur et enseignant. Son travail porte plus particulièrement sur la pensée allemande de l'entre-deux guerres et les représentants d'un marxisme non exclusif (Walter Benjamin, Max Raphael, Carl Einstein), avec pour thématique dominante l'intégration philosophique de l'anthropologie. Le présent ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, présentée en 2008 à l'EHESS.
Résumé : Née du montage cinématographique, la reprise d'images animées est devenue une pratique quotidienne à l'âge des techniques de reproduction numérique. Choix revendiqué et pratique artistique, le remploi pose depuis toujours la question de la puissance esthétique et épistémique du cinéma. Ce livre s'intéresse à un art d'archives contemporain, se rapportant certes au passé, mais qui peut être compris sous ses différentes formes comme un acte vivant de lecture, de transformation ou d'incorporation des images. Le film artistique d'archives, que ce soit dans la tradition avant-gardiste du found footage ou comme remontage essayiste, vise toujours à modifier, à réélaborer, à transcrire, à arranger : par la répétition, il recherche l'originalité d'images et de sons nouveaux. Cette étude part d'un concept processuel de l'archive à travers le cinéma et les nouveaux médias et tente de dégager la dynamique multiple des élaborations secondaires. Cinéma de seconde main entreprend de définir de nouvelles configurations dans le déplacement des formes et des significations et également au niveau de la mutation des dispositifs. Il s'appuie sur des analyses détaillées de films et d'installations d'artistes et de cinéastes (Harun Farocki, Morgan Fisher, Yervant Gianikian & Angela Ricci Lucchi, Jean-Luc Godard, Ken Jacobs, Alexander Kluge, Chris Marker, Bill Morrison, Matthias Müller, Lisl Ponger, Al Razutis, Constanze Ruhm, Peter Tscherkassky), et contribue de façon décisive aux débats actuels qui animent les études cinématographiques et les théories de l'art.
Résumé : A la veille de la Première Guerre mondiale, Georg Simmel (1858-1918) revient sur ce qu'on a depuis appelé le désenchantement du monde, la destruction du rapport harmonieux qui, à l'âge classique, unissait l'homme à son univers. Le divorce entre un monde régi par les lois de la mécanique et un individu porteur d'exigences morales place toute existence sous le signe d'une lutte tragique. Les noms de Kant et Goethe symbolisent les deux grandes tentatives modernes pour résoudre ce dilemme : Simmel tente dans ce livre d'évaluer précisément les proximités et les distances entre les deux approches ; il montre que Kant et Goethe sont porteurs de projets radicalement différents, le premier accordant tout au sujet, le second tout à la nature, le premier ne sauvant la cohérence du projet rationnel qu'en limitant drastiquement son emprise sur le monde, le second en élargissant l'idée de nature au risque de perdre le sens de la singularité humaine. Il ne s'agit pourtant pas de choisir entre l'une ou l'autre démarche : l'art d'hériter consisterait ici à intégrer les deux dans un projet plus ample, où l'analyse kantienne et la synthèse goethéenne se combineraient dans une pensée plus proche de la pulsation réelle de la vie.
De Machiavel à Hobbes, l'individu s'inscrit dans un rapport d'hostilité collective.Suivant cette tradition de pensée, l'Etat n'aurait ainsi qu'un rôle de "neutralisateur" des conflits au sein de la société. Aucune dimension morale n'intervient dans ce modèle de fonctionnement, le contrat social se réduisant à un règlement qui vise à juguler la lutte de tous contre tous, chacun étant engagé dans une lutte d'intérêt.Plutôt qu'une lutte d'intérêt Hegel voit dans les conflits l'expression d'un besoin de reconnaissance.L'évolution sociale renvoie en ce sens à une lutte traduisant une reconnaissance mutuelle de l'individualité de chacun et s'inscrit ainsi dans une dimension morale. Au fil de l'enrichissement des rapports humains se construisant à travers l'amour, le droit et la solidarité, la personnalité humaine trouve le ciment de sa construction pour autant que chaque zone d'interaction étend la relation de reconnaissance mutuelle.Les trois stades du rapport de reconnaissance correspondent à trois types de mépris.Ces correspondances engagent pour chacune d'entre elles l'individu sur la voie du conflit, de la "lutte pour la reconnaissance". Ces conflits permettent d'étendre à la fois la sphère d'auto-réalisation personnelle et de l'autonomie individuelle. -- Idées clés, par Business DigestQu'est ce qui déclenche une lutte ? C'est l'une des questions que pose Axel Honneth dans ce livre fort bien documenté.Question sérieuse pour l'entreprise dont l'utilisation principale des énergies consiste à entretenir voire à utiliser les luttes internes. L'entreprise est un lieu de luttes et il ne faut pas s'en plaindre, parce que c'est tout simplement un lieu de vie humaine.L'homme et la bête. Les bêtes luttent entre elles pour des motifs de conservation individuelle ou d'espèce, la lutte est programmée par un instinct de survie et de peur qui crée la loi du plus fort. En ce sens l'homme interprété comme animal lutte dès lors qu'il se sent menacé, dès qu'il sent sa propre mort annoncée par l'autre.Toute la philosophie politique repose et "se repose" sur cette interprétation des rapports humains et des conflits comme lutte pour la survie. Les entreprises se sont laissées prendre par cette grille d'interprétation systèmatique : les motifs des mécontentements, des revendications et des négociations sont interprétés en "intérêts" de survie et de territoire résultant de l'inégale répartition des moyens matériels d'existence. Je lutte pour gagner plus (d'argent, d'avantages, de sécurité,) là où la question devrait être je lutte pour gagner quoi ?Vers une reconnaissance réciproque. Qu'est-ce qui est vraiment en jeu lorsque des individus, des regroupements d'individus, organisent leurs rapports sous la modalité de la lutte ? S'agit-il d'une simple logique de survie ou bien d'autres enjeux qui définissent précisément la vie comme existence humaine ? Il y a une logique morale des conflits sociaux et l'on a intérêt à comprendre cette logique si l'on veut transformer les conflits en désaccords féconds capables de créer une dynamique dans les rapports humains. Cette logique ou plutôt cette aspiration est celle de la reconnaissance réciproque des personnes, c'est celle-là qui joue dans l'entreprise sur un mode implicite et à tous les niveaux même si celle-ci se refuse à l'admettre.Car l'entreprise préfère les problèmes aux conflits, tributaire du paradigme de la lutte pour la survie, elle ne perçoit pas les potentialités ouvertes par le véritable "enjeu" des luttes : la reconnaissance.Face au problème qui engage l'autre à résoudre (avec des outils extérieurs et "neutres") puis à se résoudre c'est-à-dire à se soustraire de l'enjeu réel, le conflit engage l'autre à répondre, à rencontrer autrui, et c'est par cette rencontre que l'on peut gagner en efficacité : transformer le conflit en des formes plus élaborées de collaboration et d'autonomie.La lutte est toujours lutte pour la reconnaissance et rien ne sert de se limiter au terrain de l'augmentation des salaires pour traiter le conflit, il faut identifier voire honorer le jeu qui se joue effectivement entre les personnes. Pour accéder à la conscience d'elle-même la personne humaine a besoin de se savoir et de se sentir reconnue puis confirmée dans ce qu'elle est en tant que personne (ne se réduisant ni à une bête ni à un objet), et dans ce qu'elle fait selon les fonctions professionnelles qui l'engagent.Le mépris. Cela dit reconnaissance n'est pas connaissance, confirmation n'est pas acceptation. La reconnaissance marque cet accès à soi qui passe par l'autre par lequel je m'éprouve sujet libre et digne. Quelles que soient mes responsabilités et mon niveau de compétences, le développement de mon "je" présuppose des formes de reconnaissance réciproque dont je ressens le manque à travers l'expérience du mépris. Les relations professionnelles orchestrent souvent ce mépris, cette non reconnaissance de l'autre qui se dissout dans l'acide de nos analyses et de nos modèles managériaux. Rencontrer l'autre et se laisser rencontrer par lui afin de vraiment travailler ensemble, tel est l'enjeu.De la reconnaissance à la confirmation. La reconnaissance est une lutte qui ouvre un horizon moral, l'accès à des formes plus travaillées d'autonomie, de conscience de soi et par là même de responsabilité. Cela dit elle ne doit pas se transformer en "valeur" isolée qui figerait les relations, les dégradant en système de charte ou de revendication idéologique : être reconnu.D'une part la reconnaissance n'est jamais acquise puisque c'est son mouvement qui crée de nouvelles formes d'organisation et de travail, d'autre part, son mouvement doit être ponctué par des étapes de confirmation : être confirmé, c'est-à-dire être renforcé comme comme membre d'une communauté ou d'une entreprise mais aussi comme sujet porteur d'une histoire individuelle.Etre confirmé n'est ni être garanti ni être assuré par l'autre ou par l'institution de sa place ou de son avenir, c'est plutôt s'engager dans une relation où la reconnaissance mutuelle libérera des énergies et des forces pour avancer.Confirmer l'autre dans sa fonction, dans son projet, dans son équipe, c'est lui éviter de rentrer dans une logique de pure affirmation de soi qui n'est jamais qu'un mouvement de peur. -- Business Digest
Résumé : Nos sociétés sont travaillées par une contradiction étonnante et inexplicable : jamais autant de gens n'ont simultanément dénoncé les conséquences sociales et politiques générées par la mondialisation ; jamais autant de gens n'ont été incapables de dépasser l'état de choses existant et d'imaginer un état social innovant au-delà du capitalisme. Cette dissociation de l'indignation d'avec tout objectif d'avenir est quelque chose de nouveau dans l'histoire de la modernité. Les processus socio-économiques apparaissent désormais bien trop complexes, voire totalement opaques à la conscience publique pour que soient jugées possibles des interventions humaines ciblées. La célèbre analyse du fétichisme développée par Marx dans le Capital ne prend qu'aujourd'hui son sens historique : ce n'est pas dans le passé du capitalisme, lorsque le mouvement ouvrier imaginait encore pouvoir transformer la situation donnée, mais seulement de nos jours que triomphe la conviction générale selon laquelle les relations sociales sont aussi peu transformables dans leur substance que le sont les choses extérieures. Si l'indignation générale suscitée par la répartition scandaleuse de la richesse et du pouvoir ne nous rend manifestement plus capable d'identifier un objectif accessible, la raison n'en est pas la disparition de l'alternative au capitalisme incarnée par le régime soviétique qui ne dispensait certains avantages sociaux qu'au prix de la privation de liberté, moins encore une transformation radicale dans notre compréhension de l'histoire et le culte du présent immédiat, mais la prédominance d'une conception fétichiste des rapports sociaux. A la lumière de cette analyse, Axel Honneth élabore les modifications conceptuelles nécessaires - notamment la "liberté sociale" - afin que les idées socialistes retrouvent leur virulence perdue.