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De la souplesse ! Entretien avec Lénine
Ruffin François ; Denis Juliette
FAKIR
3,00 €
Épuisé
EAN :9782369210160
Octobre 1917. Mais qui entre dans cette taverne des faubourgs de Petrograd ? C'est Lénine ! Un Lénine déguisé ! Evinçant la répression du gouvernement bourgeois ! Autour d'un pichet, nous en profitons pour le questionner : comment ça se mijote, une révolution ? Et nous effectuons, en sa compagnie, quelques exercices de souplesse révolutionnaire. "Celui qui s'aviserait d'imaginer pour les ouvriers une recette offrant d'avance des solutions toutes prêtes pour toutes les circonstances de la vie, ou qui assurerait que dans la politique il ne se rencontrera jamais de difficultés ni de situations embrouillées, celui-là ne serait qu'un charlatan. Tout prolétaire a connu des grèves, a connu des "compromis" avec les oppresseurs et les exploiteurs exécrés, lorsque les ouvriers étaient contraints de reprendre le travail sans avoir rien obtenu, ou en acceptant la satisfaction partielle de leurs revendications."
Le Centre de formation des journalistes se proclamait "la meilleure école de journalisme en France et même en Europe". Tous les ténors de la presse ont fréquenté ses bancs. Pendant deux ans, François Ruffin a suivi leur exemple : élève appliqué, il a pris en notes les conseils des professeurs et les confidences des "grandes plumes". Il s'est coulé dans le moule, pour voir. Et il a vu. "Dans un an, vous serez journalistes, confie un intervenant. Vous entrerez dans ce que j'appelle "le complot de famille", c'est-à-dire des règles qui peuvent scandaliser les gens mais, bon, c'est comme ça que la machine fonctionne." Un "complot" que ce livre met au jour : tacites ailleurs, les règles du métier sont ici affichées sans vergogne. Comme dans un miroir grossissant, le journalisme ordinaire se révèle sans fard : la célébration du vide, le mépris du public, la soumission aux pouvoirs, la quête du profit, l'information prémâchée comme seul horizon. Un récit incisif et insolent qui démonte, pièce à pièce, les rouages de la machine médiatique.
Voici l'essai d'intervention du député-reporter François Ruffin sur l'urgence climatique et sociale. Un ouvrage coup de poing qui s'adresse à la jeunesse (et aux autres) afin que la lutte et l'espérance donnent naissance à un véritable front populaire écologique. Poche + : parce qu'un livre n'est jamais clos, mais toujours dans le mouvement du monde, Il est où, le bonheur est précédé d'une nouvelle préface inédite de l'auteur.
Résumé : " On passe des commandes en ligne, on prend des apéros en ligne, bientôt on fera l'amour en ligne... Avec le Covid, notre société a gagné vingt ans. " Thierry, restaurateur amiénois. Il y a ceux qui se prosternent devant le moindre gadget, qui l'élèvent au rang de " Progrès " à majuscule. Et d'autres qui cherchent de nouveaux chemins pour un progrès humain. Il y a ceux qui rêvent d'un " vaste réseau numérique neural ", de " digitalisation " et de " capteurs " partout. Et d'autres qui redoutent ce futur à la Matrix. Il y a ceux qui ne laissent pas le choix : " il faut accélérer ", " aller de l'avant ", " il y a une course, et la France risque de prendre du retard ". Et d'autres qui, avant de s'élancer, s'interrogent sur le sens de cette course : où va-t-on ? où veut-on aller ? Il y a ceux qui célèbrent le Prométhée tout-puissant, porteur du feu et de la technique, même lorsqu'il mène à la catastrophe. Et ceux qui reprennent son flambeau, mais autrement : Prométhée a surtout eu pitié des hommes, il a pris le parti des faibles, lanceur d'alerte contre le Jupiter de l'Olympe ou de l'Elysée. Il y a leur progrès, et le nôtre.
Résumé : "Nous sommes tous sur la même planète, tous sur le même bateau." Le mardi 23 juillet dernier, Greta Thunberg et ses jeunes amis visitaient l'Assemblée nationale. "La bataille pour le climat, nous la gagnerons tous ensemble ! " Ah bon, vraiment ? Voilà que cet impératif, sauver la planète, nous rassemblerait tous ? Riches et pauvres ? Damnés de la Terre et actionnaires ? Tous unis contre la catastrophe en cours ? Voilà que ce nouveau spectre, le réchauffement, éteindrait " la guerre des classes " ? Au contraire, me semble-t-il. Au contraire : la crise écologique aiguise cette lutte, la renforce. La "guerre" ne porte plus seulement sur le niveau de vie, mais sur la vie elle-même. Nous sommes engagés dans un combat, des "Terriens" contre des "forces destructrices", de l'intérêt général contre les multinationales. Nous avons des adversaires, et ils sont organisés, avec des bataillons d'avocats, de lobbies, d'éditorialistes, d'élus, jusqu'au sommet des Etats. S'éclairant "à la lumière de Jaurès", François Ruffin rouvre un chemin pour la gauche. Avec cette question au coeur : comment muer le plomb de l'angoisse en or de l'espérance ? Il est où, désormais, le bonheur, et le progrès, et le sens de l'existence, par temps d'effondrement ?
Sur les photos, dans les films, Maurice Kriegel-Valrimont (1914-2006), c'est le jeune homme à lunettes debout derrière le général Leclerc, le jour de la Libération de Paris, en août 1944, tandis que le général. Von Choltitz est fait prisonnier. Mais ce n'est pas avec un "ancien combattu qu'on vient discuter : c'est avec un militant au présent, toujours soucieux de "chercher la force motrice" à gauche, qui rouvrira l'espoir.
Thomas Morel est doctorant en histoire des sciences. François Ruffin est reporter pour Fakir, Le Monde diplomatique, Là-bas si j'y suis sur France Inter.