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Les ancêtres ne prennent pas l'avion
Ruffel Pascale
JOCA SERIA
17,00 €
Épuisé
EAN :9782848092973
Les réfugiés que je rencontre ont imprimé de leurs récits, de leur visage et de leurs mots ma cartographie du monde. J'ai renouvelé mes représentations liées aux mots Caucase et Caucasiens avec l'histoire des Tchétchènes et des Ingouches, luttant pour ne pas disparaître, engloutis par l'ogre russe. J'ai fait se rencontrer les images de chevauchées exaltées dans la steppe mongole avec un peuple à la langue étrangement chuintante qui tente de préserver une culture millénaire et menacée. J'ai revisité les paysages infinis du Sahara, la campagne aride de l'Irak, la ville surpeuplée et dangereuse de Kinshasa. J'ai goûté le saka-saka congolais, mangé des achaks afghans, dégusté du kootu tamoul. J'ai prononcé des mots arabes, tenté d'apprendre à dire bonjour en Toubou ou en Araméen. J'ai entendu parler des prisons d'Erythrée, des trottoirs de Paris, des camps de réfugiés du Liban. J'ai entendu l'évocation nostalgique des vendanges en Géorgie, les anecdotes cocasses d'une babouchka rebelle, le souvenir angoissant de l'imposition de la burqa." Il se pourrait bien qu'en entendant les réfugiés, nous redécouvrions la singularité et la fragilité de la condition humaine, mais aussi la joie profonde que confèrent les rencontres les plus inattendues. L'humanisation par le langage s'en trouve régénérée, vivifiée pour redonner à la parole sa puissance évocatrice et sa dimension poétique.
Tout a commencé comme une enquête classique, avec l'espoir de déterminer ce que le nom " contemporain " dit de notre rapport au temps, à l'histoire, à l'espace. Mais très vite des myriades de données, parfois contradictoires, se sont imposées. Un véritable brouhaha. On aurait pu les ignorer, faire comme si elles n'existaient pas, et tenter de construire une fiction unitaire qui aurait prétendu dire la totalité de notre identité historique. C'eut été se méprendre sur la dynamique profonde que traduit le nom contemporain. Elle se déploie ainsi : la représentation moderne du monde est débordée de toutes parts par une multiplicité qu'elle ne peut plus contenir, et qui la fait apparaître pour ce qu'elle est : un imaginaire, une illusion ; imaginaire de la distinction, de la séparation, alors que le contemporain propose, lui, un imaginaire marqué par l'indistinction, la déhiérarchisation, la globalisation. Toutes les histoires documentées dans cet essai retrouvent ce mouvement. Ainsi des espaces publics de l'art qui voient la fin du dispositifinstitution musée d'art moderne au profit des centres d'art contemporain et évoquent par là une manière différente d'habiter le monde. Ainsi du très grand nombre qui ne se laisse plus discipliner dans les concepts politiques hérités de la modernité. D'autres émergent (multitude, publics), prenant mieux en compte la double poussée de la massification et de la différenciation. Ainsi de la production du savoir qui se décentre et s'horizontalise. Ainsi du temps vécu comme une concordance de temporalités à l'ère hypermédiatique. Ainsi de l'imaginaire littéraire, emblématique de la modernité et lié au support-livre, qui intègre un plus vaste régime de publication. Ainsi de la pensée du monde qui est désormais une pensée des mondes. En six stations qui sont autant de mots-clés du contemporain (exposition, médias, controverses, publication, institutionnalisation, archéologie), cet essai s'attache à décrire les transformations actuelles des formes culturelles et des visions de l'histoire.
Des mélanges détox et gourmands à faire soi-même pour remettre les infusions au goût du jour. Oubliez vos préjugés sur la tisane et faites entrer les infusions dans votre quotidien ! Céline Ruffet, créatrice de L'Infuseur, vous réconcilie avec les plantes, leurs bienfaits et le plaisir qu'elles procurent. Mettez en place vos propres rituels bien-être en utilisant des plantes et des ingrédients que vous pourrez faire pousser chez vous, dans votre jardin ou sur votre balcon, grâce aux conseils botaniques de l'auteure. Ici, pas de décoctions sans saveur ni de tisanes de mamies, mais des recettes inspirées et revisitées autour de produits de qualité pour faire de l'infusion une boisson élégante et urbaine. Healthy, gourmandes ou détox les infusions fraîches de Céline Ruffet sont multiples et simples à réaliser chez soi. Découvrez des mélanges inédits et des arômes subtils pour infuser sans modération !
Végétalisons nos assiettes, c'est simple et c'est bon ! L'alimentation reste un domaine peu concerné par l'écoresponsabilité. Pourtant, aujourd'hui, on sait combien l'élevage est responsable d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre, d'une importante consommation d'eau, de la pollution et de l'occupation des sols... Si de plus en plus de personnes se disent prêtes à diminuer leur consommation de produits animaux, beaucoup avouent ne pas savoir comment s'y prendre pour mettre réellement en place ce type d'alimentation. C'est pour les accompagner dans cette envie de changement que ce livre est né. Après nous avoir présenté les grandes règles pour équilibrer un repas végétal, l'autrice nous fait découvrir ses ingrédients phares, abordables, faciles à trouver et à utiliser régulièrement pour éviter le gaspillage. Elle nous propose ensuite 50 recettes saines, rassasiantes et gourmandes, déclinables au fil des saisons. Ce livre est une invitation à découvrir une autre façon de se nourrir. C'est une véritable boîte à outils pour végétaliser facilement nos repas du quotidien, sans trop bousculer nos habitudes !
Après "Les Ancètres ne prennent pas l'avion", Pascale Ruffel revient avec un nouveau livre. Psychologue dans un centre pour réfugiés elle poursuit sa réflexion et évoque cette fois-ci dans une perspective plus personnelle et littéraire ce qui se noue dans notre relation au monde liquide, lieu de plénitude, de bonheur simple mais aussi de désatre. Ce livre est aussi une réflexion sur notre rapport au langage, les récits et les contes qui nous construsisent et sur l'enfance, irréductible en nous.
Philippe Cognée est né en 1957. Il vit et travaille à Nantes. De nombreuses expositions de ses ?uvres ont été présentées en France et à l'étranger depuis 1982. Il est en 1990, lauréat de la Villa Médicis à Rome. " Ma première visite de l'atelier de Philippe Cognée date d'il y a tout juste un an. Nous avions, un peu par hasard, fait connaissance quelques semaines plus tôt dans une galerie parisienne où, au fil de la conversation, il m'avait parlé de ses peintures à l'encaustique à l'aspect brouillé si particulier. Nous en avions regardées ensemble quelques unes. Celle représentant un immeuble de Montparnasse situé tout près de la gare et qu'il avait, à plusieurs reprises, filmé en descendant de son TGV. D'autres aussi, au format très allongé, réalisées au retour d'un voyage au Caire. Il avait également évoqué une série de grands portraits sur papier dont les minuscules reproductions qu'il avait sur lui m'avaient fait penser aux caprices de Goya. " Goya, c'est un peintre important pour moi " avait-il simplement déclaré. Dans les jours qui ont suivi, les quelques photographies de ses peintures que Philippe m'avait données ne m'ont pas quitté. En les regardant, je pensais à l'impression que m'avait laissée cette brève rencontre. Ce qui m'avait frappé, c'était ce mélange de simplicité frisant la timidité et d'assurance tranquille qui émanait de sa personne. Cette façon qu'il avait eue de rester en retrait de ses couvres et à distance des commentaires qu'elles suscitaient. De ne pas non plus laisser son regard s'arrêter sur les toiles d'autres peintres (certains de tout premier plan pourtant) qui nous entouraient, non par indifférence bien sûr mais par modestie. Et en même temps d'accueillir nos regards comme des confirmations de son talent, comme autant de raisons de continuer à avancer sur la voie étroite et périlleuse qu'il savait être la bonne. Je n'ai pas mis longtemps à décider de la revoir et, sachant qu'il vivait près de Nantes, n'ai eu aucun mal à retrouver sa trace. " Olivier Weil.
1941: un drôle de paquebot, l'Admiral Tromp, rapatrie, des îles de la Sonde vers l'Europe, un fort contingent d'épouses de coloniaux - sans compter quelques "dérangés". La guerre est aux deux bouts; le Tromp revient, repart, pour d'improbables navettes. A bord, mère au loin, un jeune garçon avec un père qui, aux escales, dés qu'il peut, fugue avec fils et bagages jusqu'au passage suivant du navire. Les accompagne une grand mère française qui ne survivra pas à une des relâches paternelles et Njei, jeune bonne javanaise que l'adolescent s'approprie, pour partie. Ainsi va le dés-orient. Mais tout cela a-t-il bien été? Des doutes, des fissures apparaissent, se multiplient. Un trio de psychiatres se retrouve ainsi, à ne plus savoir démêler le réel de la fiction, embarqué dans un suivi où ils deviennent parfois vaisseau, écueil, équipage, épave et cargaison. Balisée de trois langues: français, néerlandais et indonésien, la géographie bourgeonne et se noue, avant de rejeter, tel Ulysse en Phéacie, le père puis le fils sur une terre d'utopie: l'Illyrie, "haut lieu commun" d'un monde méditerranéen. Depuis, en tout port, un navire attend une lecture qui l'affrète. Choisir alors les pavillons de ses complaisances