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Les flammes de l'été
Roy Jules
ALBIN MICHEL
15,15 €
Épuisé
EAN :9782226066404
Vers quel abîme courais-je ? Aimer me semblait la seule entreprise digne d'un homme, au moment même où je pensais avoir le coeur trop desséché pour m'y livrer. Je confondais amour et passion parce que je n'étais que passion. J'avais attendu une félicité vaste et profonde, et sous la puissance de laquelle mon coeur eût craqué, comme un fruit dans les flammes de l'été". Entre la passion exclusive et malheureuse qu'éprouve le narrateur et l'analyse lucide et cruelle qu'il fait de ses propres sentiments, ce roman, dont la première version remonte à 1956, illustre à merveille les Amours barbares de Jules Roy. De l'amoureux "si prompt à se laisser envahir et dominer, si prompt aussi à rejeter dès qu'il se lasse", des vertiges et des exigences de la passion, Les Flammes de l'été disent tout avec une précision implacable, dans des pages parmi les plus justes jamais écrites, sur les ambiguïtés du coeur.
Résumé : " Tout est blanc, verglacé, croûté, le vent tombe, il fait moins froid, je sors avec ma peau de loup chinois mitée et décousue, je fais avec la chienne le tour du vaisseau au mouillage de la basilique. Face au cimetière, dans le bas, si on se retourne sous le ciel gris, on voit alors la basilique de vieil ivoire, que les frimas n'ont pas réussi à transformer en lis et c'est toujours là que vient à moi la prière : " Seigneur, Vous qui êtes la lumière, Faites que je voie. Vous qui êtes la Parole, Faites que j'entende... " Réfugié à Vézelay, au chevet de sa chère Marie-Madeleine, Jules Roy contemple le spectacle d'un monde au sein duquel il a si longtemps ferraillé. S'il croque encore ses contemporains, c'est à condition qu'ils viennent jusqu'à lui, tels Rostropovitch, Gainsbourg ou Mitterrand et, bien sûr, Pivot. Lui ne se dérange guère que pour l'âne Ulysse ou quelques réceptions au palais de l'Elysée, bien qu'elles ne vaillent pas la saint-cochon chez Meneau ! Il se recueille, s'économise, consacre ses forces à l'écriture, son permanent combat. Jamais Jules Roy n'a porté si haut son art. Ce dernier volume du Journal témoigne d'une maîtrise exceptionnelle qui met en valeur l'authenticité des sentiments et la vanité de la comédie humaine.
Résumé : " De jour, qu'on n'ait pas peur de mourir, par une belle lumière, après une conversation entre amis, soit. En pleine nuit, dans son lit, entouré d'ombres avec quelque frêle clarté pour mesurer l'épaisseur des ténèbres, on tremble d'être ainsi à jamais et de ne plus s'intéresser à rien, quelque chose vous tord le c?ur, on écoute les petits bruits de la nuit, on devine dehors la ronde des astres qu'un voile d'humidité nous cache. Soudain, on a peur de s'en aller rejoindre les morts au cimetière où ils sont serrés, on aimerait avoir près de soi la femme qu'on a choisie miséricordieuse, ou seulement un chat ronronnant, pour nous retenir à cette chaloupe qu'est un lit d'homme après naufrage. L'idée vient alors de la prière, cet analgésique, anesthésique de l'âme et du corps, morphine bien-aimée qui enlève la douleur et l'angoisse. Et moi qui suis toujours, comme beaucoup, à la recherche de quelqu'un de fort et de tranquille, je vous dis : "Notre père qui êtes aux cieux "... Après quoi je peux mourir, je m'endors. " J.R.
Cinq cents ans après Marie de France et Chrétien de Troyes, Jules Roy renoue avec les images de la chevalerie. Enjambant les siècles, il bouscule les modes et s'installe définitivement dans le paysage littéraire contemporain à une place de choix, aux côtés de Saint-Exupéry et Malraux, à la fois personnage légendaire et traducteur de sa propre légende. La vie et l'oeuvre de Jules Roy - de Julius, comme l'appelaient affectueusement ses amis - se sont nourries l'une de l'autre. Et si l'homme était né pour l'action, son exigence intime le porta à en ennoblir le sens, à la parer de merveilleux comme ici dans ces poèmes inédits rassemblés par son épouse Tatiana. . Gérard Calmettes.
Je suis né en même temps que l'aéroplane dans la plaine de la Mitidja, au sud d'Alger. J'ai passé mes premières années avec ma mère, ma grand-mère, mon oncle Jules et un vieil ouvrier agricole indigène qui s'appelait Meftah. On s'éclairait à la bougie, le pétrole et la lampe Pigeon étaient un luxe, nous allions à Boufarik dans un break à deux chevaux, les premières autos commençaient à rouler en soulevant un nuage de poussière, il y avait des fusils partout, le soir je m'endormais dans le hululement des chacals et la voix qui appelait les Arabes à la prière. J'ai appris à lire et à écrire dans Le Chasseur français. Au lycée d'Alger, je fus un cancre, on m'expédia au séminaire : notre professeur de grec sondait l'éther avec un poste à galène et notre professeur de littérature entrait en transe en lisant Lamartine. Ma vocation, je la trouvai dans l'armée. Je devins officier. Mes inspirateurs furent un merveilleux mandarin omniscient à demi loufoque, Montherlant et deux poètes alors à Tunis, Jean Amrouche et Armand Guibert. Quand la Deuxième Guerre mondiale éclata, j'étais dans l'aviation, le désastre nous chassa jusqu'à Alger et le drame de Mers el-Kébir nous rangea du café de Pétain. Antijuif et antiarabe, je fus un homme de droite jusqu'à l'arrivée des Alliés en 1942. La confusion qui régnait fut mon salut : j'allai où je devais. Mon premier livre, La Vallée heureuse, raconte comment les bombardiers lourds de la RAF écrasèrent l'Allemagne. A mon retour en France en 1945, Camus m'ouvrit les yeux sur le monde, puis je marchai seul. Après ce que je vis en Indochine, je quittai l'armée. Après ce que je vis en Algérie, je devins un subversif. Je le suis toujours".
Un jour, entendant le son des marteaux qui travaillaient l'or dans l'atelier d'un ami bijoutier, Rumi crut entendre une invocation du nom d'Allah et, pris d'une grande émotion, il se mit à danser au beau milieu du bazar. Cette danse devint plus tard la danse rituelle de ses disciples, connus en Europe sous le nom de derviches tourneurs écrit Ahmed Kudsi-Erguner dans l'introduction de ce recueil. Bien des épisodes de la vie de Rumi, poète, sage et mystique soufi du XIIIe siècle, ont l'air comme celui-ci tirés d'un conte. Le mot Mesnevi désigne un poème composé de distiques (groupes de deux vers renfermant un énoncé complet) ; celui de Rumi en comporte 24 000. Versets du Coran, hadiths (paroles du prophète), légendes bibliques, contes hindous ou bouddhistes, vie quotidienne sont autant de points de départ à son inspiration. Extraits de cette grande oeuvre, sont présentés ici les contes que Rumi utilisait pour illustrer son enseignement très vivant. Si cette oeuvre est considérée comme un commentaire du Coran, sa sagesse, accessible à tous, toujours actuelle, fait fi des étiquettes. --Colette-Rebecca Estin
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".