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Au lieu d'être. Vers une métaphysique de l'ici
Rouvière Jean-Marc ; Zuppinger Thibaud
L'HARMATTAN
14,00 €
Épuisé
EAN :9782343132211
La surprise du lieu, telle que nous l'entendons, n'a pas le statut de la rupture avec le familier : que je voie ce gravier à cet endroit de ce bord de ce chemin ne rompt guère mes habitudes et ne perturbe qu'à peine la banalité de ma vie. En ce cas, la surprise n'est en rien liée à un imprévu qui se concrétiserait, un impossible qui prendrait effet. Pas de surprise qui déboucherait sur un désarroi éphémère. Ce n'est pas qu'il y ait un gravier au bord de ce chemin qui est bouleversant (quoi de plus banal en effet) mais cette trivialité pour ce gravier de se trouver ici : ce qui me trouble durablement n'est pas un quelque chose qui m'arriverait mais seulement la présence passive d'une pauvre chose. Suite à ce premier temps de la surprise, je prends un second temps pour m'émerveiller de trouver cette chose (la plus modeste, peu importe) ici et non ailleurs. Je ne suis pas ému parce qu'il y aurait un affect lié à la chose ou à l'endroit qu'elle occupe : je ne regarde pas ce gravier comme je regarderai une photographie d'un être cher. Ce gravier et ce bord de chemin, je ne les rencontrerai sans doute plus jamais et ils ne m'émeuvent en rien parce qu'ils me rappelleraient un souvenir. Je ne partage avec eux ni passé ni avenir, et pourtant c'est par eux-mêmes ou plutôt par leur conjonction que je suis affecté : non par le charme de leur passéité ou la promesse de leur futur mais bien par le vertige de leur actualité.
John Fire Lame Deer (Tahca Uhste) est un Indien lakota né au début du XXe siècle sur la réserve de Rosebud dans le Sud-Dakota. Tour à tour clown de rodéo, soldat, prisonnier puis policier, peintre en lettres, ouvrier agricole, berger, chanteur, il est avant tout un. wicasa wakan, un homme-médecine sioux, un quêteur de vision, gardien de la spiritualité et des traditions de son peuple. Tahca Uhste est un homme d'une particulière et grande sagesse: pour lui, un wicasa wakan ne saurait être un saint, mais dieu et diable à la fois. Entendre parler d'un Dieu qui serait un être de perfection l'ennuie souverainement. Pour un homme-médecine "parfois, le mauvais esprit donne une plus grande connaissance que le bon..."
Prego Ignacio ; Rouvière Nicolas ; Durand Jean-Mar
Construire un Palais de Justice à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), quand on est une agence d'architecture parisienne, sans faire un geste souverain d'autorité métropolitaine déconnectée des réalités, est à la fois un défi et une grande responsabilité. Un Palais de Justice est souvent un bâtiment traditionnellement imposant, qui affirme par sa seule apparence la puissance régalienne. C'est précisément à rebours de cette tradition emphatique, présomptueuse et intimidante de l'architecture que le nouveau Palais de Justice de Pointe-à-Pitre a été pensé et construit, faisant le choix de s'ajuster au cadre social, politique, géographique et historique caribéen. Situé dans le centre-ville, près de la mer, dans le coeur le plus vibrant de la cité, le bâtiment frappe par la neutralité de son geste formel. A la tentation de la majesté formaliste, les architectes ont préféré la rigueur discrète qui traduit l'idée que la Justice doit être remise au coeur de la Cité, se rapprocher des citoyens plutôt que de s'en distancier, les rassurer plutôt que les pétrifier. Il se veut incarner ainsi une justice apaisée et rien chez lui ne cherche à intimider le passant ordinaire, qui peut saisir d'emblée que le service public de la justice lui est accessible. Dans un livre lui-même sobre et élégant, le texte de Jean-Marie Durand et les photographies de Laure Vasconi et Luc Boegli témoignent de la réussite de cette réalisation qui parvient à résoudre avec force et humilité les tensions inhérentes à ce genre de programme.
Résumé : Le cimetière du Père-Lachaise n'est assurément pas un cimetière comme les autres. Son originalité, il ne la doit pas seulement au nombre considérable de célébrités qui y reposent, mais aussi à la magie bucolique et romantique qui se dégage des lieux. Des allées sinueuses, des tombes couvertes de mousse, des marches qui se perdent dans la végétation, de gros pavés témoins d'un autre âge, des dessins d'enfants, des arbres qui se penchent comme pour rendre un dernier hommage aux disparus qu'ils abritent... Une atmosphère qui, en toute saison, saisit le promeneur et l'invite à la méditation sur le temps qui passe, l'ingratitude de la postérité, le devoir de mémoire, le souvenir des disparus... Autant de thèmes qui, au gré des promenades de l'auteur, nourrissent sa réflexion et qu'il a désiré partager avec tous ceux qui souhaiteraient (re)découvrir, mais autrement, cet émouvant et fascinant lieu de mémoire.
Dans le sillage de Au lieu d'être (2017), cet essai prend appui sur l'exemple trivial d'une pierre anticipée sur le chemin. Il se déploie en un tuilage d'esquisses qui, dans une certaine mesure, peuvent être lues indépendamment les unes des autres. Elles décrivent le phénomène de cette anticipation singulière afin de le porter aux concepts. L'auteur fait appel non seulement à la philosophie mais aussi aux penseurs de la peinture, de la littérature ou de la poésie. La chose effective et la chose anticipée sont reliées par un certain rapport d'exemplarité : l'image créée de la pierre a l'ambition de tendre vers une représentation adéquate de la pierre effective sous l'angle de l'objet bien qu'imparfaite sous celui de la chose. En se concrétisant, les attributs objectifs (forme, taille, poids...) se chosifient, c'est-à-dire se particularisent et, en conséquence, ne peuvent se retrouver identiques dans toutes les choses mais seulement de manière approximative. Entre l'effectif et l'anticipé il n'y a ni hétérogénéité objective radicale (sauf à se tromper d'anticipation), ni amalgame chosique (sauf par un hasard infiniment improbable). L'anticipation demeure toutefois fondée et possible du fait d'une certaine unité analogique qui consiste en ce que la chose effective imite la chose anticipée autant qu'elle le peut.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !