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Le bal masqué de Giacomo Casanova (1725-1798)
Roustang François
MINUIT
10,05 €
Épuisé
EAN :9782707310040
L'Histoire de ma vie peut être lue comme on le ferait d'un recueil d'anecdotes passionnantes, n'ayant de lien entre elles que les hasards de la succession du temps. Si la lecture se fait plus pressante, elle dévoile un écrivain qui compose son discours en même temps qu'il dessine son autoportrait. Casanova se montre alors aux prises avec les mêmes lancinantes questions : celle de la différence des sexes, celle de l'autorité, celle du temps. Il ne veut pas les résoudre en les prenant de front. Quand il s'y aventure, c'est l'échec et, bientôt, la descente dans le sordide et l'horreur. Il préfère le plus souvent fabriquer, pour les tourner et même pour ne plus les voir, des masques toujours plus sophistiqués et plus habiles, qu'il réussit même à dérober à l'attention du lecteur. Alors qu'il se met sans cesse en avant, comme s'il tenait le premier rôle sur les planches qu'il ne peut quitter, il prend soin, dans le même temps, de nous égarer et de rendre invisible les solutions de son énigme, insérées qu'elles sont dans la subtile architecture de son récit. Il nous faut l'écouter avec patience et le saisir, au détour des phrases ou des chapitres, dans ces détails qu'il laisse traîner comme par mégarde et qu'il recouvre par la rapidité de son style, de ses aventures et de ses voyages. F.R.
Comment aller mieux ? Comment apaiser son mal de vivre ? Comment opérer en soi un changement profond pour pouvoir de nouveau inventer sa vie ? Peut-être suffit-il d'un geste... Mais lequel ? Et par où commencer ? D'abord se libérer des préjugés et des certitudes des thérapeutes. Non, une thérapie n'est pas forcément longue. Ensuite, surmonter et contourner le mur du langage. Non, on ne guérit pas vraiment par les mots. Enfin, se prêter à l'expérience de l'hypnose pour accéder à une autre perception de soi-même et du monde.
Résumé : Comment faire pour laisser tout simplement la vie aller son cours ? Pourquoi est-il crucial de rire ? Pourquoi notre société se méfie-t-elle de l'hypnose ? Entre psychanalyse, philosophie et littérature, un livre sur le narcissisme, la sublimation, le transfert, mais aussi le sens de l'hypnose, l'art de la relecture, le rôle du rire, la folie ou encore l'hypersensibilité.
L'influence est l'action cachée et continue d'êtres inanimés ou animés qui décident du destin de l'homme. Celui-ci, depuis des millénaires, interroge cette puissance pour savoir ce qu'il est autorisé à entreprendre. Il ne croit plus qu'elle provient des astres. Il la voit à l'oeuvre dans ce qu'il subit à l'intérieur de lui-même et à travers les relations qu'il entretient avec ses semblables. De nos jours, l'influence avait pris le nom d'inconscient, corollaire d'une psychê fermée sur elle-même. Il s'agissait en fait de l'appartenance de l'être humain au monde des vivants, plus précisément à son animalité. Métaphore de l'influence, l'hypnose, qu'il faudrait appeler veille du corps ou éveil de la vie, est la plaque tournante où peuvent s'échanger l'animalité de l'homme et son humanité. L'animalité ne peut pas être humanisée si l'humain n'a pas été animalisé. L'influence ainsi entendue devient le préalable de la liberté. Celle-ci n'est plus l'indépendance dont rêvait Narcisse. Elle est l'appropriation par l'homme de ce que lui impose sa condition de vivant.
L'influence est l'action cachée et continue d'êtres inanimés ou animés qui décident du destin de l'homme. Celui-ci, depuis des millénaires, interroge cette puissance pour savoir ce qu'il est autorisé à entreprendre. Il ne croit plus qu'elle provient des astres. Il la voit à l'oeuvre dans ce qu'il subit à l'intérieur de lui-même et à travers les relations qu'il entretient avec ses semblables. De nos jours, l'influence a pris le nom d'inconscient, corollaire d'une psyché fermée sur elle-même. Il s'agit en fait de l'appartenance de l'être humain au monde des vivants, plus précisément à son animalité. Métaphore de l'influence, l'hypnose, qu'il faudrait appeler veille du corps ou éveil de la vie, est la plaque tournante où peuvent s'échanger l'animalité de l'homme et son humanité. L'animalité ne peut pas être humanisée si l'humain n'a pas été animalisé. L'influence ainsi entendue devient le préalable de la liberté. Celle-ci n'est plus l'indépendance dont rêvait Narcisse. Elle est l'appropriation par l'homme de ce que lui impose sa condition de vivant.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.