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Influence
Roustang François
MINUIT
16,50 €
Épuisé
EAN :9782707313652
L'influence est l'action cachée et continue d'êtres inanimés ou animés qui décident du destin de l'homme. Celui-ci, depuis des millénaires, interroge cette puissance pour savoir ce qu'il est autorisé à entreprendre. Il ne croit plus qu'elle provient des astres. Il la voit à l'oeuvre dans ce qu'il subit à l'intérieur de lui-même et à travers les relations qu'il entretient avec ses semblables. De nos jours, l'influence avait pris le nom d'inconscient, corollaire d'une psychê fermée sur elle-même. Il s'agissait en fait de l'appartenance de l'être humain au monde des vivants, plus précisément à son animalité. Métaphore de l'influence, l'hypnose, qu'il faudrait appeler veille du corps ou éveil de la vie, est la plaque tournante où peuvent s'échanger l'animalité de l'homme et son humanité. L'animalité ne peut pas être humanisée si l'humain n'a pas été animalisé. L'influence ainsi entendue devient le préalable de la liberté. Celle-ci n'est plus l'indépendance dont rêvait Narcisse. Elle est l'appropriation par l'homme de ce que lui impose sa condition de vivant.
Que se passe-t-il entre un psychanalyste et son patient? Qu'est-ce que cette relation a de particulier? Pourquoi, dans des cas trop nombreux la cure ne procure-t-elle aucun bienfait? Pourquoi, bien souvent, est-elle le théâtre de détériorations persistantes? "François Roustang excelle dans ce texte très polémique." (Corinne Ehrenberg, Esprit.) "François Roustang: un hérétique particulièrement astucieux, des essais toujours surprenants et excitants pour l'esprit. Ce qu'il nous propose: un" gai savoir "de l'inconscient. Il y a donc urgence à le lire et à le relire." (Le Monde.)
Dans son entreprise de fondation de la psychanalyse comme science du réel, Lacan manifeste la plus grande prudence. Il évite constamment les formules qui permettraient de réduire sa pensée et de saisir clairement les résultats auxquels il aboutit. En un sens, il progresse avec une incontestable rigueur, mais c'est une rigueur qui se maintient paradoxalement grâce à une systématisation des équivoques. Celles-ci voilent d'une part les sauts du raisonnement et d'autre part les assimilations intempestives. Son style est tout entier orienté vers l'extraposition de termes nécessaires à rapprocher pour conclure. Mais cette dernière opération doit être interdite à l'auditeur, qui risquerait alors de découvrir les incohérences, la futilité de la preuve, voire les tricheries exemplaires. Impossible de ne pas reconnaître, dans cette forme imparable de cohérence contradictoire en elle-même, la marque du génie le plus inventif et le plus certain de son pouvoir d'ensorcellement.
Résumé : Comment faire pour laisser tout simplement la vie aller son cours ? Pourquoi est-il crucial de rire ? Pourquoi notre société se méfie-t-elle de l'hypnose ? Entre psychanalyse, philosophie et littérature, un livre sur le narcissisme, la sublimation, le transfert, mais aussi le sens de l'hypnose, l'art de la relecture, le rôle du rire, la folie ou encore l'hypersensibilité.
L'Histoire de ma vie peut être lue comme on le ferait d'un recueil d'anecdotes passionnantes, n'ayant de lien entre elles que les hasards de la succession du temps. Si la lecture se fait plus pressante, elle dévoile un écrivain qui compose son discours en même temps qu'il dessine son autoportrait. Casanova se montre alors aux prises avec les mêmes lancinantes questions : celle de la différence des sexes, celle de l'autorité, celle du temps. Il ne veut pas les résoudre en les prenant de front. Quand il s'y aventure, c'est l'échec et, bientôt, la descente dans le sordide et l'horreur. Il préfère le plus souvent fabriquer, pour les tourner et même pour ne plus les voir, des masques toujours plus sophistiqués et plus habiles, qu'il réussit même à dérober à l'attention du lecteur. Alors qu'il se met sans cesse en avant, comme s'il tenait le premier rôle sur les planches qu'il ne peut quitter, il prend soin, dans le même temps, de nous égarer et de rendre invisible les solutions de son énigme, insérées qu'elles sont dans la subtile architecture de son récit. Il nous faut l'écouter avec patience et le saisir, au détour des phrases ou des chapitres, dans ces détails qu'il laisse traîner comme par mégarde et qu'il recouvre par la rapidité de son style, de ses aventures et de ses voyages. F.R.
Dès la première phrase, vous entrez dans le livre, ce livre que vous écrivez en le lisant et que vous finirez par ramasser sur la banquette du train qui vous a conduit de Paris à Rome, non sans de multiples arrêts et détours. Le troisième roman de Michel Butor, paru en 1957, la même année que La jalousie d'Alain Robbe-Grillet, Le vent de Claude Simon et Tropismes de Nathalie Sarraute, reçut d'emblée un excellent accueil de la critique. Couronné par le prix Renaudot, traduit dans vingt langues, c'est encore aujourd'hui le plus lu des ouvrages du Nouveau Roman.
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.