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Lire La Bruyère. Morale et littérature dans Les caractères
Roukhomovsky Bernard
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753578708
La Bruyère subordonne strictement l'usage d'une forme d'expression (d'un "tour") qui lui vaut son statut d'écrivain à la visée proprement morale (le "dessein") qui la requiert et qui seule, à ses yeux, la justifie. Mais comment se noue le rapport entre ce tour et ce dessein ? Que nous dit le premier de la nature du second ? Sous des formulations diverses, la question sous-tend l'histoire de la réception critique des Caractères, des âpres polémiques qui en ont accompagné ou suivi les premiers succès jusqu'aux nombreux travaux qui, au cours des dernières décennies, en ont renouvelé profondément l'étude. Aussi fournit-elle le fil directeur de cet ouvrage, qui s'efforcera de croiser systématiquement analyses locales et perspectives globales. Sans méconnaître l'irréductible et redoutable complexité d'une oeuvre située au carrefour de multiples traditions philosophiques et rhétoriques et de multiples influences, sans renoncer à rendre compte des tensions (apparentes ou sous-jacentes) qui la travaillent, des inflexions qui en affectent la genèse au gré de ses accroissements successifs (1688-1696), ni de la singularité d'une écriture qui ne doit pas moins au modèle mondain de l'entretien qu'à la prégnance du paradigme pictural, on se propose de mettre en évidence la cohérence d'un projet littéraire et moral, tel qu'il se donne à lire en particulier dans les différentes composantes du paratexte et dans les affleurements protéiformes de la figure du moraliste.
Cet ouvrage met en évidence les tendances majeures qui se conjoignent dans l'oeuvre de La Bruyère et la fécondent : héritage de l'atticisme, relayé par l'esthétique mondaine ; affinités avec l'esthétique burlesque illustrées par les affleurements d'un imaginaire de la foire ; influences de la tradition théâtrale sur l'esthétique du " caractère ".
Qu'y a-t-il de commun entre une épigramme de Martial, une maxime de La Rochefoucauld, un fragment de Pascal, un impromptu de Voltaire, une histoire drôle d'Alphonse Allais, un aphorisme de René Char ou de Cioran...? Entre l'emblème et l'anecdote, le fait divers et le proverbe, le caractère et le bon mot...? L'appellation de formes brèves recouvre-t-elle une notion cohérente et pertinente? Ou n'est-elle qu'une dénomination générique regroupant des textes très divers que seule rapproche leur brièveté? Pour tenter de répondre à cette question -et d'abord d'en préciser les termes -, l'auteur articule ici, textes à l'appui, deux parcours de lecture. Le premier vise à penser la foisonnante diversité de la forme brève dans une perspective historique, c'est-à-dire à mettre en évidence les filiations, les tournants et les ruptures qui sous-tendent ses métamorphoses. Le second parcours permet d'identifier - par-delà ce foisonnement et sans prétendre l'occulter - un certain nombre de modèles structurants et de poser ainsi les bases d'une poétique des formes brèves. Biographie de l'auteur Bernard Roukhomovsky est Maître de conférences à l'université Stendhal-Grenoble 3 où il enseigne la littérature française du XVIIe siècle, il est l'auteur de plusieurs études sur les moralistes classiques, et notamment sur La Bruyère auquel il a consacré un ouvrage (L'Esthétique de La Bruyère, SEDES, 1997).
Le présent volume fait suite au colloque international qui s'est tenu à Grenoble du 19 au 21 mars 2009 à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Jacques Vaucanson (Grenoble, 1709 - Paris, 1782). Bien qu'ils aient disparu dès le XIXe siècle, "les automates de Vaucanson", passés pour ainsi dire en proverbe, tendent à s'imposer comme un modèle du genre. Car ils illustrent exemplairement la complexité d'un objet qui tient concurremment de la science et du spectacle. Nous savons en effet que, conçues comme des "anatomies mouvantes", ces créatures artificielles n'ont pas tant vocation à produire l'illusion du vivant, qu'à en reproduire, aussi exactement que possible, le fonctionnement et les : fonctions. Mais s'il n'y a pas lieu de mettre en doute sa volonté de faire oeuvre de savant, Vaucanson n'en est pas moins, nous le savons aussi, un remarquable montreur, il sait l'art d'exhiber ses mécaniques enchantées à la manière d'un bateleur. Il n'est pas aisé, aussi bien, de démêler ce que ses automates doivent à la machine, à la merveille, à l'ambition scientifique qu'ils revendiquent, à la rêverie prométhéenne qui les habite...: parce qu'interfèrent en eux des problématiques et des catégories qui ressortissent à des savoirs distincts (et, le plus souvent, distants), ils illustrent avec une acuité toute particulière la propension très générale de l'automate à brouiller les partages qui nous sont familiers. Tel est l'horizon des travaux rassemblés dans ce livre : en se proposant de décrire les multiples fonctions que ces étranges machines sont susceptibles de remplir - séparément, successivement ou simultanément -, on ne vise pas tant à faire l'anatomie de l'automate qu'à mettre en évidence, au bout du compte, l'interpénétration des discours (scientifique, technologique, esthétique...) auquel il donne prise et, partant, la porosité des frontières qui structurent aujourd'hui le champ de ces discours.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.