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Rhapsodie. Avec 1 CD audio
Roud Gustave
HEROS LIMITE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782940358342
A l'écoute du monde, de ses appels et de ses messages, Roud définit le pouvoir des paysages et des lieux par des métaphores musicales : note, partition, accord, unisson, concert, mélodie, lied, contrepoint, symphonie, les images sont innombrables, dans les Ecrits comme dans le Journal, pour exprimer l'effet sur l'être entier d'un contact sensible avec le monde. Ce qu'il perçoit dans ses rencontres avec la nature comme une simultanéité de timbres, il voudrait le restituer dans le texte poétique. La vertu de la poésie tient pour lui dans sa "réversibilité" : Roud entend par là la résonance d'un texte, susceptible de transmettre au lecteur, au-delà du sens, les valeurs sensibles et affectives, le registre tonal dans lesquels il a été conçu. La poésie de Roud est douée à un haut degré de cette vertu de "réversibilité" : son charme opère comme un piège musical. Mélodieux et envoûtant, le phrasé roudien se construit sur des rythmes amples, dépourvus d'aspérités et de ruptures. Roud s'est toujours défini lui-même comme un lyrique. Poète de la voix et du chant, du rythme et du souffle, il fait entendre dans sa poésie des consonances, des échos, une respiration capables de toucher le lecteur, de lui donner à éprouver charnellement un climat, une atmosphère, l'attrait d'un paysage". Extrait du texte "Devenez un oeil énorme, une oreille suprême ! " de Claire Jaquier
Le poète Gustave Roud (1897-1976) a passé toute sa vie à Carrouge, dans le canton de Vaud. L' "ancien monde paysan" , les paysages joratois constituent la matière poétique de son oeuvre. Deux de ses recueils pourtant - le premier, Adieu (1927), et l'avant-dernier, Requiem (1967) - sont moins une salutation du monde qu'un appel adressé aux êtres chers. Dans Adieu, c'est Aimé, le "frère vivant" , qui est interpellé, puis abandonné. Dans Requiem, le poète dédie à sa mère morte un chant qui lui permet d'accéder au "seuil des retrouvailles" . Postface de Claire Jaquier
Paru en 1958, Le Repos du cavalier rassemble huit proses qui consacrent une errance du marcheur, en quête d'une réponse qui ne peut être aperçue ou sentie que fugace, instantanée, labile : elle surgit ici, quelque fois, sous une forme ou une autre, et c'est toujours le sentiment d'une présence. Le plus souvent à une distance d'astres des autres vivants, l'homme sans but qui glisse au fil des brumes et hante ici les paysages du Haut-Jorat croise cette présence : la fleur qui lui fait signe, la bête qui lui offre un chant ou un regard, le paysan tenant au poing son outil ou menant son cheval, l'ami lointain qui soudain revient dans le coeur et dont le pas soudain est plus qu'un souvenir, le moissonneur mort qui franchit le seuil de l'auberge et que nul ne voit plus désormais. C'est affaire d'attention, de patience, et de fragilité. C'est l'affaire d'un instant, d'un "éclair infini" . Et puis tout se referme, une lueur se noie dans le grand flot des innombrables , l'homme est repris par la cohue des foules et l'implacable étau du temps. L'écriture aurait-elle alors la charge de rendre à ces présences, à ces invisibles, une provisoire éternité ? "La Vérité ne pourra jamais nous atteindre. Elle nous cerne de son jeu d'échos et de reflets insaisissables, elle nous effleure soudain comme l'aile du vent frais l'épaule des faucheurs, et fuit... Et nul, parmi ceux que brûle la soif de l'innocence n'en découvrira jamais la source. Seul un miroitement parfois la dénonce à travers les broussailles du réel, comme il arrive aux rivière endormies, mais cette lueur est plus précieuse à notre coeur que son propre sang. Qui l'a surprise un jour, apparue, disparue, au plus profond d'un regard humain n'aura plus désormais d'autre poursuite. Ô sourde quête au long de toute une vie de sable et sous les faux orages de l'aridité ! " G. R.
Résumé : Dix chevaux-vapeur n'est pas seulement une attaque contre la déshumanisation du travail à la chaîne chez Citröen et l'exploitation du tiers-monde (plantations de caoutchouc), c'est une réflexion inquiète sur l'avènement de l'automobile, le règne de la vitesse imbécile. La bagnole, écrit Ehrenbourg, "? déchiquette la chair, aveugle les yeux, ronge les poumons, fait perdre la raison. Enfin, la voilà qui s'échappe par une porte pour entrer dans le monde. Sur l'heure, elle débarrasse son pseudo-propriétaire de l'archaïque repos. Le lilas se fane. (...) L'automobile, laconiquement, écrase les piétons. (...) On ne l'accuse de rien. Sa conscience est aussi pure que celle de M. ? Citroën. Elle n'accomplit que sa mission : elle est appelée à exterminer les hommes. ? "
Talking (Parler) est le livre qui marque un tournant décisif dans la réflexion poétique de David Antin. Rompant avec les poèmes de ses débuts, il inaugure les pièces qui feront de David Antin l'un des poètes les plus singuliers de sa génération. En 1972, Antin imagine ses "? talk pieces ? ", parfois appelées "? talk poems ? ", en réécoutant sur son autoradio l'enregistrement d'une conférence ("? talk ? ") qu'il vient de donner à des étudiants d'art à Pomona. La retranscription de cette conférence, sans capitales, virgules ni points, mais ponctuée par de simples espaces plus grands qu'il emploiera chaque fois que sur la bande il s'entendra respirer, devient le premier des talk poems ? : "? talking at pomona ? ", publié dans ce livre charnière qu'est Talking. Aux côtés de ce tout premier "? poème parlé? " sont publiées d'autres pièces proches de l'art conceptuel amércain, poème-journal et pièces improvisées au magnétophone (en privé dans une premier temps), qui rassemblent sans hiérarchie tout ce que l'acte de parler convoque ? : anecdotes, hésitations, exemples, divagations, silences, plaisanteries, méditations... Autant d'éléments qui laissent affluer de façon plus ou moins directe des questions philosophiques, littéraires, politiques, artistiques ou sociales. Car la pensée, pour Antin, est inséparable de la parole. Parler, c'est dialoguer avec une idée, c'est offrir au discours un espace critique et une marge de manoeuvre. Il importe ensuite de trouver une forme pour transposer ce dire à l'écrit. Pour ce faire, David Antin opère toute une série de décisions typographiques qui donnent à ses textes une dimension visuelle remarquable. Plus proches d'un d'enregistrement que d'une partition, c'est pourtant à l'oeil que ces enregistrements s'adressent en premier. S'il n'y a plus ni capitale ni ponctuation -? si ce n'est parfois d'occasionnels points d'interrogation -, les espaces-respirations qui rythment le texte matérialisent ce "? discours interrompable ? " qu'Antin appelle de ses voeux en conclusion de l'un de ses poèmes.
L'écriture de Michel Falempin pourrait se caractériser comme une "? introversion ? " littéraire, à savoir une écriture toujours consciente de sa forme, autant que de sa lecture et de ses effets. Une écriture qui se situerait donc toujours déjà par rapport à du texte, et à la clôture propre de son univers littéral. Dans cet univers clôt, la syntaxe et la grammaire concourent à produire un mécanisme de langage d'une précision inouïe, jusqu'à sa nécessaire prise de conscience par le lecteur.
Résumé : Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.