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Le repos du cavalier
Roud Gustave
FARIO
14,00 €
Épuisé
EAN :9791091902786
Paru en 1958, Le Repos du cavalier rassemble huit proses qui consacrent une errance du marcheur, en quête d'une réponse qui ne peut être aperçue ou sentie que fugace, instantanée, labile : elle surgit ici, quelque fois, sous une forme ou une autre, et c'est toujours le sentiment d'une présence. Le plus souvent à une distance d'astres des autres vivants, l'homme sans but qui glisse au fil des brumes et hante ici les paysages du Haut-Jorat croise cette présence : la fleur qui lui fait signe, la bête qui lui offre un chant ou un regard, le paysan tenant au poing son outil ou menant son cheval, l'ami lointain qui soudain revient dans le coeur et dont le pas soudain est plus qu'un souvenir, le moissonneur mort qui franchit le seuil de l'auberge et que nul ne voit plus désormais. C'est affaire d'attention, de patience, et de fragilité. C'est l'affaire d'un instant, d'un "éclair infini" . Et puis tout se referme, une lueur se noie dans le grand flot des innombrables , l'homme est repris par la cohue des foules et l'implacable étau du temps. L'écriture aurait-elle alors la charge de rendre à ces présences, à ces invisibles, une provisoire éternité ? "La Vérité ne pourra jamais nous atteindre. Elle nous cerne de son jeu d'échos et de reflets insaisissables, elle nous effleure soudain comme l'aile du vent frais l'épaule des faucheurs, et fuit... Et nul, parmi ceux que brûle la soif de l'innocence n'en découvrira jamais la source. Seul un miroitement parfois la dénonce à travers les broussailles du réel, comme il arrive aux rivière endormies, mais cette lueur est plus précieuse à notre coeur que son propre sang. Qui l'a surprise un jour, apparue, disparue, au plus profond d'un regard humain n'aura plus désormais d'autre poursuite. Ô sourde quête au long de toute une vie de sable et sous les faux orages de l'aridité ! " G. R.
Double miroir, ce sublime essai - qui n'en est pas un - apparente le cri rimbaldien à la joie paysanne. Cette approche d'un Rimbaud intérieur est autant la vue exaltée de l'adolescent absolu qu'un autoportrait. Y brillent deux chemins sans écart, deux vies sans concession : A toi Nature je me rends !
Né en 1897 au "Châlet-de-Brie" près de Saint-Légier, au-dessus de Vevey, en Suisse, Gustave Roud se partage d'abord entre l'étude, l'écriture et les travaux des champs. Sa santé fragile le contraint à privilégier son oeuvre littéraire, mais il en conçoit plus de douleur que de joie. Chez lui, l'acte de poésie s'apparente à une "longue plainte harassée et sourde" qui, néanmoins, par transmutations successives, se met en quête d'une "voix perdue" qui serait en fait la "vraie voix", celle qui donne accès à un monde infiniment plus vaste, plus mystérieux, plus solennel. Comme poète et comme homme, Gustave Roud est un être à l'écart : apparemment enraciné dans une terre et des paysages qu'il ne quitte jamais, et pourtant en état d'errance. "La route, ma seule patrie. . ". , écrit-il, et cette route semble une suite de départs ajournés, toujours en attente d'une harmonie secrète, menacée, en partie effacée ou minée par l'oubli. Il meurt en 1976.
Une destination, apparente ou souterraine, peut assurer à des pages disjointes, écrites au cours de quelques années, une même focale. C'est du moins ce dont l'éditeur a pris conscience et ce dont l'auteur a bien voulu se laisser convaincre. La destination apparente, c'est un lieu, puisque la revue fario a publié une première version des cinq premiers textes de ce petit volume. Le sixième, L'éloquence de la perruche, est inédit. La destination souterraine, au lecteur de la dessiner, mais on ne peut écarter ceci, une hypothèse : la margelle du temps où nous nous tenons en déséquilibre est celle des effondrements et des désastres à une échelle qu'on aurait eu naguère peine à imaginer. Elle conduit à une inévitable et hélas nécessaire opération, que seule une sensibilité encore aiguisée peut effectuer à l'intention des hommes nouveaux que nous devenons : un inventaire de ce qui tenait à l'âme et au corps de ceux que nous pensions pouvoir demeurer.