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LA MATIERE NOIRE DE LA DEMOCRATIE
ROUBAN LUC
SCIENCES PO
12,50 €
Épuisé
EAN :9782724624854
Le mouvement des gilets jaunes est tout sauf anecdotique. Tenter de l'expliquer en se focalisant sur la sociologie des participants ou en évoquant la montée des populismes et le rejet des élites n'est guère probant. Luc Rouban voit dans ce mouvement le symptôme d'une profonde mutation du rapport au politique. En épluchant minutieusement sondages, enquêtes, baromètres ainsi que les remontées du grand débat national, il met au jour les sources cachées de cette mutation, ce qu'il appelle la matière noire de la démocratie. Alors que l'offre politique est devenue un produit comme un autre et qu'une part croissante de la population se sent privée d'autonomie et subit les effets de la mondialisation, la lutte des classes a changé de visage, les notions de représentativité et d'universalité n'ont plus cours. A un débat démocratique centré sur la poursuite de l'intérêt général à long terme s'oppose désormais une vie politique réduite à un échange de court terme entre un citoyen-client et un élu-fournisseur. Le choc frontal entre ces deux visions difficilement réconciliables (et dans lesquelles, paradoxalement, gilets jaunes et macronisme se rejoignent) crée de lourdes menaces sur la démocratie.
La question du statut des fonctionnaires et de ses évolutions possibles agite les réformateurs depuis des décennies. La campagne électorale de 2017 ravive le débat et fait naître de nouveaux projets de réforme, parfois radicaux. Quelles sont les possibilités réelles de transformation de la fonction publique française ? Quels enseignements tirer des politiques mises en place dans les autres pays européens ? Comment passer des ajustements techniques menés jusqu'à aujourd'hui à une réforme de fond réaliste, tenant compte des spécificités françaises ? Pour répondre à ces questions, "Place au débat" vous propose l'analyse d'un auteur spécialiste.
Résumé : Entre 2021 et 2022, les agressions contre les élus ont augmenté de 32 %. Chaque année, 12 % des personnels de l'Education nationale disent avoir été victimes au moins une fois de menaces ou d'insultes. Comment expliquer le basculement de la France dans cette nouvelle violence politique ? Et comment en comprendre la nature ? C'est à partir de ces deux questions que Luc Rouban a mené une enquête permettant de déceler les causes de cette nouvelle crise démocratique qui n'en finit plus, des Gilets jaunes de 2018 aux émeutes de juillet 2023, en passant par les journées d'action contre la réforme des retraites. Cet ouvrage présente les résultats les plus récents de la recherche en science politique, qui montrent que cette crise remet en cause la hiérarchie sociale et les critères qui la définissent, notamment au sein des classes populaires - et cela bien plus en France qu'en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni. Résoudre la crise démocratique ne peut passer, selon l'auteur de ce livre, que par des réformes de fond, trop longtemps différées. Sans cela, la violence politique ne fera que s'aggraver.
Depuis 2022, le Rassemblement national (RN) est la première force politique en France. S'il échoue en 2024 à obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale, il augmente de 50 % le nombre de ses députés. Tel un trou noir, il attire à lui des votes toujours plus nombreux, que les hypothèses sur l'essor du populisme ou la montée d'une colère irrationnelle peinent à expliquer. Les motivations d'un vote tiennent souvent davantage aux imaginaires mobilisés par les partis qu'à l'analyse de leur programme politique. Luc Rouban a choisi d'écouter ce que les électeurs du RN disent de leur rapport au politique, de leurs conceptions de l'entreprise, de l'écologie, de l'Etat-providence, de l'immigration. En questionnant leurs aspirations à une maîtrise recouvrée de leur destin, il montre comment le RN a notamment su capter un héritage en déshérence, celui du gaullisme, où le culte de l'Etat est associé à une droite sociale.
L'un des clichés les plus utilisés pour décrire l'évolution politique consiste à dénoncer le poids de la technocratie et son rôle dans la définition d'une pensée unique. Le cliché est fort car il est polyvalent et peut être utilisé sur plusieurs registres : celui de la fracture entre les élites et la nation, celui de l'incapacité de l'Etat à réformer la société ou même à la comprendre, celui des réseaux de solidarité qui unissent les hauts fonctionnaires contre le pouvoir politique. On n'en est donc pas à une contradiction près : les technocrates décident de tout mais restent impuissants devant les problèmes de société. Enfermés dans leur monde élitiste, ils font le jeu de la mondialisation. A l'argument populiste, il faut opposer l'analyse. Seize années d'alternances et de cohabitations ont changé la règle du jeu. Les hauts fonctionnaires contre le pouvoir politique. On n'en est donc pas à une contradiction près : les technocrates décident de tout mais restent impuissants devant les problèmes de société. Enfermés dans leur monde élitiste, ils font le jeu de la mondialisation. A l'argument populiste, il faut opposer l'analyse. Seize années d'alternances et de cohabitations ont changé la règle du jeu. Les hauts fonctionnaires sont politisés, les sommets de l'Etat se sont ouverts à la société civile et les militants ont pris le pas sur les technocrates. L'action de l'Etat n'est plus celle des années soixante : les groupes d'intérêt, les formes d'engagement et de contestation se sont multipliés. L'Europe crée de nouvelles techniques de pouvoir. Le système politique est plus ouvert qu'il ne l'a jamais été. Plus que jamais, l'expertise est en procès. Le discours sur la technocratie cache l'incapacité des notables devant la pluralisation du débat et l'apparition de nouveaux modes de gouvernement.
Résumé : La pratique diplomatique a connu plusieurs mutations majeures : elle n'est plus l'apanage de l'Etat et de ses agents, elle use d'instruments d'une technicité croissante, elle investit de nouveaux territoires de négociation. Ces changements ont suscité un regain d'intérêt pour l'analyse de la scène diplomatique par de nombreuses disciplines, de la science politique des relations internationales à l'histoire, en passant par la sociologie. Premier Manuel de diplomatie en langue française, cet ouvrage aborde toutes les dimensions de l'institution diplomatique au XXIe siècle, en la situant dans son évolution historique et en présentant ses aspects classiques comme ses nouvelles formes d'expression. Le livre s'organise en trois parties : vecteurs : bilatéralisme, multilatéralisme, négociation et médiation, nouvelles technologies de l'information et de la communication, diplomaties de clubs et de groupes, paradiplomatie, rituels et protocole ; acteurs : Etat, organisations intergouvernementales, régions (sub- et supra-étatiques), parlements et collectivités territoriales, individus ; secteurs : culture, entertainment, environnement, économie et entreprise, expertise, défense et humanitaire.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?