Longtemps considérée comme un avatar esthétiquement dégradé et moralement simpliste de la fiction cinématographique, la série télévisée s'est pourtant peu à peu autonomisée au sein des études culturelles jusqu'à devenir un objet digne des recherches universitaires, tant pour la manière dont elle met en scène les phénomènes sociaux que pour la diversité des codes et des stratégies narratives qu'elle mobilise. Alors que la musique de film constitue dorénavant un important champ d'investigation en France, on ne peut en dire autant en ce qui concerne son étude dans le cadre de la télévision. Mépris ? Condescendance ? Absence de spécialistes ? Les équipements audiovisuels domestiques - télévision et projecteur numériques, son 5.1, lecteur Blu-ray - ont pourtant largement contribué à redonner aux musiques de séries une part importante dans l'expérience du spectateur. En se fondant sur un corpus varié de séries américaines et françaises - de Twilight Zone (1959) aux Revenants (2012) - le présent ouvrage s'attache à étudier ces musiques sous les angles successifs de la spécificité de la musique de série - singularités esthétiques et mémoire spectatorielle -, des rapports des partitions de séries avec celles proposées par le cinéma, et de la possibilité de compositions hybrides mélangeant les genres.
De la réhabilitation du modèle américain au symphonismeintimiste, deux tendances essentielles des longs métragesfrançais contemporains depuis la lin des année; 1990, cet essais'applique a mettre en perspective l'existence d'un langagemusical spécifique au cinéma. L'analyse de la musiquecomposée pour taret et Huit /intimes montre un retour à latradition de, mélodrames américains ries années 1930, 1940 et1950. Une assimilation des codes musicaux du néo-hollywoodisme s'affirme également à travers les dimensions,épique, lyrique et fantastique, présentes dans des films commeLes Rivières Pourpres, Nid de guêpes, Joyeux Noël ou Jeuxd'enfants. Par ailleurs, le symphonisme intimiste observé dansdes partitions comme Swimming Pool, Sous le Sable, Sur meslèvres, De battre mon coeur s'est arrêté, Confidences tropintimes ou Hell s'exprime par une orchestration qui privilégiela transparence des timbres, un lyrisme contenu et développeune empathie émotionnelle avec l'intériorité d'un personnagetout en se détachant d'un synchronisme descriptif.L'appropriation de caractéristiques issues de l'impressionnismeet du minimalisme renforcent la concision et l'épure de cettenouvelle esthétique. L'approche musicologique de cet ouvragepermet d'apporter un éclairage sur la manière dont la musiquesvmphonique originale se dessine en ce début du XXIe siècleet comment, au regard de ce qui préexiste dans l'histoire de lamusique du cinéma français, elle se singularise.
Dématérialisation des échanges professionnels, éclatement des cadres institutionnels et temporels de l'action, pratiques intensives de connexion, porosité entre vie domestique et professionnelle : l'évolution numérique a fortement fait évoluer les pratiques de communication au travail. Cette communication numérique est porteuse d'incivilités " classiques " (impolitesse ou manque de savoir-vivre) et " nouvelles " avec la démultiplication de la diffusion et de l'exposition, du fait de la traçabilité des échanges, de l'anonymat et de la viralité notamment. Ce livre interrogent et analyse les évolutions en cours au travers de différentes grilles de lectures (Sciences de l'information et de la communication, Sciences de gestion, Psychologie du travail et des organisations, Droit).
Dans cet ouvrage, sont analysées les politiques d'image, de relations publiques, de partenariat, les pratiques de fidélisation, d'incitation, de médiation ou encore d'imitation et de "benchmarking". La perspective théorique développée est solidement argumentée. Le terme "allagmatique", du grec allagma, qui signifie changement, illustre l'aspect dynamique de l'approche proposée. Les professionnels de la communication soucieux d'analyser leurs pratiques, les étudiants avancés comme les chercheurs en sciences de l'information et de la communication trouveront matière à une réflexion approfondie.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.