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Rimbaud, la commune de Paris et l'invention de l'histoire spatiale
Ross Kristin
AMSTERDAM
19,00 €
Épuisé
EAN :9782350960593
Ce livre n?est pas une exégèse de Rimbaud, ni une histoire de la Commune de Paris, ni une analyse de l?influence de la Commune sur la poésie rimbaldienne. Il vise au contraire à penser la parenté entre un événement poétique et un événement politique. La Commune est, selon Kristin Ross, un moment d?appropriation, de défense et de transformation d?un lieu par ses habitants mêmes, et les sujets de cette révolution sont non des membres de professions particulières, mais les citoyens de Paris en tant que tels ? il y a ainsi une circulation permanente entre les barrières des classes et des métiers, entre les ouvriers, les artisans, les écrivains, les révolutionnaires féministes. La Commune constitue en ce sens un mouvement de transgression et de redistribution de l?espace social et urbain. Elle s?élève contre les hiérarchies spatiales (entre les différents quartiers, entre la ville et la campagne, mais aussi entre la métropole et les colonies) et se donne l?espace urbain pour objet. Ce grand mouvement horizontal se ressent également dans la sphère culturelle, où sont interrogées les distinctions entre ouvriers, artistes et artisans ainsi que les oppositions entre le grand art et le reportage, ou le poétique et le politique. Si Rimbaud devient le grand poète de la Commune, ce n?est pas parce qu?il entretiendrait un lien direct ou mécanique avec elle, mais précisément parce qu?elle forme la substance d?une grande partie de son ?uvre poétique, en tant que tumulte, transgression, mobilité, hyperbole, ou iconoclasme. Avec cet ouvrage, Kristin Ross renouvelle en profondeur l?histoire sociale et culturelle en étudiant les réseaux de figures et de significations qui gouvernent l?inconscient d?une époque.
Lefebvre Henri ; Ross Kristin ; Dobenesque Etienne
Résumé : La Critique de la vie quotidienne est un projet au long cours d'Henri Lefebvre, qui publia le texte en trois tomes entre 1947 et 1981, d'abord chez Grasset puis à L'Arche dès 1958. Ouvre d'une vie donc, et oeuvre essentielle pour la pensée marxiste d'après-guerre, qui décentra les objets habituels de la philosophie pour faire surgir la vie quotidienne, la vie vécue, l'environnement de chacun et chacune, comme départ de la pensée. Lefebvre interroge ici le concept d'aliénation au regard de trois aspects qui règlent la vie quotidienne : le travail, la vie familiale, les loisirs. Comment, dans le temps quotidien, perd-on la sensation d'avoir le contrôle de nos vies ? Sortant du cadre marxiste de l'aliénation au travail pour l'étendre à d'autres temps, Lefebvre propose ici de vivre la pensée dialectique partout, dans l'expérience quotidienne vécue de l'inégalité (les étudiants traversant des bidonvilles pour aller à l'université, le sacrifice nécessaire à l'achat d'une télévision pour les familles pauvres dans les années 1950...). Et fait ainsi de la vie quotidienne le lieu d'où peut venir le changement social à grande échelle. "L'aliénation, pour Lefebvre, nous empêche de voir les façons dont nous sommes dépossédés de notre dignité, de notre vie sociale, de notre temps, du sentiment de maîtrise de nos vies, de la beauté et de la santé de notre environnement vécu et de la possibilité même de travailler ensemble pour inventer notre avenir collectivement". Kristin Ross, La forme-Commune, La fabrique, 2023.
Après la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion des Etats-Unis, la France a connu une période de mutation qui a entraîné des bouleversements sociaux d'autant plus profonds que celle-ci a été brutale et rapide. La vie quotidienne des Français a été radicalement transformée : en une dizaine d'années (1955 - 1965), une paysanne a acquis l'électricité, l'eau courante, une cuisinière, un réfrigérateur, une machine à laver, une voiture, une télévision, etc. Quels furent les effets de cette brusque série de changements ? Où furent-ils le mieux perçus et observés ? Qui paya le prix de cette mutation ? K. Ross répond à ces questions en étudiant la place nouvelle accordée à la voiture, à l'hygiène, aux nouveaux biens de consommation (notamment électroménagers) - tous instruments et véhicules privilégiés de la modernisation -, ainsi que la conception du couple moderne et de l'"homme nouveau". Pour ce faire, elle puise largement dans la littérature, la presse, le cinéma, la publicité, etc., de l'époque. Ce qui l'amène à établir un parallèle audacieux entre la guerre d'Algérie et le culte de l'hygiène, la décolonisation et la "colonisation de la vie quotidienne", l'industrie rationalisée et la torture. Elle montre ainsi que les tensions propres à la France des années soixante ne peuvent être appréhendées que si elles sont envisagées comme celles d'un pays dominant/dominé, exploitant des populations coloniales au moment même où il est amené à collaborer ou fusionner avec le capitalisme américain.
Sujet: Petite princesse est une enfant très entourée: gouvernante, cuisinier, médecin s'occupent d'elle à sa demande et même au-delà. Seulement,l'unique chose qu'elle souhaite est d'être avec sa maman... Jusqu'au jour où, invitée chez une amie, elle découvre de nouveaux jeux et réalise qu'elle n'a pas toujours besoin de sa maman.Commentaire: La petite fille est énervante par la multitude de ses caprices, par ses injonctions d'obéir, mais elle est aussi touchante car, au-delà de ses demandes, il y a surtout un appel pour voir davantage sa maman. Les jeunes lecteurs se retrouveront sans doute dans cette petite princesse aux préoccupations si proches des leurs (cauchemars, dessins ratés, genoux écorchés...) Les illustrations sont d'un humour un peu outrancier. La petite fille et sa maman portent des couronnes de papier jaune, la reine est "fagotée" d'un fichu et d'un tablier de ménagère. On regrette le côté très terre à terre des centres d'intérêt de l'enfant qui conquiert son autonomie devant un poste de télévision en croquant des chips.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.