Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'histoire oubliée du libéralisme. De la Rome antique au XXIe siècle
Rosenblatt Helena ; Kleiman-Lafon Sylvie
MARKUS HALLER
24,99 €
Épuisé
EAN :9782940427444
Que voulons-nous dire quand nous qualifions un mouvement politique ou une doctrine de "libéral" ? Nombreux sont ceux qui penseront d'abord à un individualisme extrême niant toute forme de responsabilité collective. En bref, le libéralisme serait l'évangile du chacun pour soi. Selon Helena Rosenblatt, une telle caractérisation résulte d'une myopie intellectuelle. Si l'on cherche à comprendre les aspirations des libéraux au fil de l'histoire, on découvre que leur engagement visait avant tout un idéal civique. Celui-ci incluait tout autant la défense des devoirs de chacun vis-à-vis de la communauté que la promotion de la liberté. Mais la mise en oeuvre de leur agenda réformiste exigeait des compromis. Ainsi, les questions sur l'étendue de la démocratie, sur la place de l'éducation publique et de la religion, ou sur les mesures pour combattre la pauvreté, provoquaient régulièrement des controverses entre libéraux. L'idée d'une doctrine unifiée et cohérente, partagée unanimement, est un leurre. Alors que le libéralisme moderne est souvent considéré comme une tradition anglo-américaine, Rosenblatt montre qu'il a été développé principalement en France, à partir de la Révolution et durant le XIXe siècle. C'est là, et ensuite en Allemagne, que les questions centrales ont été débattues en vue d'une réforme des institutions politiques, économiques et sociales. Cet ouvrage nous introduit à ce qui a été appelé "libéral" au fil des siècles, et montre que la tradition du libéralisme est plus riche et plus variée que ne le supposent certaines caricatures contemporaines.
Que devient donc le travail quand l'emploi tend à quitter le salariat ? L''invalorisation"'du travail ?! Inutile de chercher ce mot dans le dictionnaire, vous ne le trouverez pas. L'idée de mise en valeur et de reconnaissance a beaucoup de succès, la non-valorisation peut se dire aussi, mais rendre compte d'un processus de disparition magique de la valeur, c'est-à-dire d'appropriation non divulguée, n'a pas encore été envisagée par l'académie. Et c'est précisément l'ambition de cet ouvrage que d'en comprendre la nature, la réalité et l'importance, d'en explorer la mise en oeuvre, d'en analyser les conséquences et de réfléchir aux moyens de contrer cette formidable mutation de l'exploitation capitaliste. Depuis plusieurs décennies, la disparition d'emplois se fait avec notre pleine participation quand nous reprenons à notre compte - gratuitement et dans les mêmes formes de soumission - le travail, simple ou complexe, qui a été dépecé des attributs de l'emploi. Entre autres exemples, analysés dans ce livre, nous pouvons, dans la même journée, être postier ou pompiste, caissier ou banquier, agent commercial ou publicitaire, concepteur ou agent de maintenance, etc. Ainsi l'invalorisation du travail s'accapare une partie importante de notre temps dit "libre", nous formate, in fine, à accepter par sa banalisation, à servir gratuitement sous l'autorité du capital. Cet essai initie donc à la traque de l'invalorisation pour penser l'invention de rapports sociaux moins inégalitaires.
Naville Pierre ; Séhili Djaouidah ; Rozenblatt Pat
En 1956, Pierre Naville écrit Essai sur la qualification du travail, ouvrage fondamental pour qui veut comprendre ce qui se joue, d'une part dans les processus de mise en valeur ou de dévalorisation du travail et, d'autre part dans la constitution des hiérarchies professionnelles et salariales. Cinquante-six ans se sont écoulés sans que, sur le fond des enjeux de société autant que sur la méthode, l'"Essai" n'ait pris une seule ride. Bien au contraire, alors même que le langage de la logique de compétence est devenu dominant et que le travail industriel et machinique côtoie désormais des formes d'organisation du travail alors inexistantes, les analyses de Pierre Naville permettent toujours de penser et de comprendre les modalités de négociation de la qualification et de la valeur du travail. A dessein, il déconstruit les énoncés d'évidence qui, sous couvert des catégories et des mesures statistiques envisagées comme objectives, autorisent finalement à ne pas remettre en cause les inégalités hiérarchiques. Il nous interpelle sur le sens des arguments retenus pour qualifier ou disqualifier le travail et insiste sur l'importance que revêtent la formation et le prestige social dans la constitution des échelles de valeur. D'une écriture claire et directe, sans langage expert codé, l'"Essai" offre ainsi la possibilité de comprendre le niveau de reconnaissance attribué à son activité professionnelle. Au-delà du plaisir de sa lecture, ce livre est un outil de prise de conscience pour qui se propose de réfléchir et d'agir sur la justice des hiérarchies sociales. Enfin, il représente pour plusieurs disciplines universitaires, notamment la sociologie du travail, et leurs enseignements, un support pédagogique exemplaire et essentiel, véritable petit manuel d'apprentissage pour les étudiants.
Ce livre a plus de vingt ans et le processus qu'il analyse n'a fait que s'amplifier. Il traite, à plusieurs voix et sur différents registres, des prémisses d'une logique de management qui annonçait dès 1990 l'avènement d'un nouvel âge d'or pour le salariat. Il s'agissait de mettre fin aux rigidités des qualifications, profitant essentiellement aux hommes professionnels, afin de permettre aux "non qualifié·es" de pouvoir enfin faire reconnaître leur vraie valeur et d'en recueillir les fruits (femmes, immigré·s, jeunes, handicapé·es). La mise en oeuvre de la logique de la compétence dans l'évaluation du travail allait produire ce miracle en saisissant le faire professionnel mais encore l'être et le paraître de chacun·e investi·e totalement dans son travail. Ce fol espoir, vendu par le patronat et soutenu par les instances étatiques, l'a malheureusement aussi été par la très grande majorité des dirigeants syndicaux. En étudiant, dès 1995, le contenu des premières mises en oeuvre de cette logique de management, les auteurs et les autrices de ce livre expliquaient pour qui viendra "? le miracle ? " et pour qui "le mirage" . Le cumul infini des injonctions de l'approche par la compétence, qui impacte désormais l'ensemble de nos comportements, rend d'autant plus essentiel d'y revenir pour en comprendre le fondement et les conséquences. Ouvrage de sociologie du travail, la réédition du Mirage de la compétence en fait désormais un ouvrage de contribution à l'histoire des mutations des systèmes d'exploitation productive et à la compréhension de la perte de sens et d'emprise du syndicalisme.
Henri Roanne-Rosenblatt est un expert audiovisuel européen de grand renom, ancien journaliste-producteur à la RTBF (la radiotélévision publique belge), critique de cinéma et réalisateur, avec Gérard Valet, des longs métrages « Chine 1971 » (premier film occidental tourné pendant la Révolution culturelle) et « Moi Tintin » (Sélection Festival de Cannes 1977).
Easterly William ; Hersant Patrick ; Kleiman-Lafon
Depuis les années cinquante, les pays riches ont dépensé 2 300 milliards de dollars pour l'aide au développement - sans réussir à éradiquer la pauvreté. Que s'est-il passé? L'économiste William Easterly analyse cet échec en démontant les mythes de l'aide au développement, souvent dus à l'illusion de l'homme blanc de pouvoir planifier le progrès des pays pauvres. Selon Easterly, les pays pauvres n'ont besoin ni d'une "aide massive" sous la forme d'une injection de capitaux, ni d'une "thérapie de choc" administrée par le Fonds monétaire international, ni d'un paternalisme appuyé par les armées de l'homme blanc. Ils ont besoin de développer leurs propres marchés. Les pays riches devraient les épauler dans leurs efforts concrets, issus de leur propre inventivité, plutôt que leur imposer un modèle économique préconçu. Une analyse qui pourrait servir de base à une critique raisonnée de la pensée figée et du triomphalisme politique d'une partie de la littérature sur le développement économique. Amartya Sen, lauréat du prix Nobel d'économie.
Traduit de l'anglais par Patrick Hersant Les métriques - ou mesures de performance chiffrées - envahissent de plus en plus d'organisations publiques et privées, de l'enseignement et des hôpitaux jusqu'à la police et la finance. Au lieu de compléter le jugement intelligent et compétent des personnes appelées à prendre des décisions, elles sont souvent utilisées pour définir les finalités même des organisations. Les effets pervers de cette obsession métrique sont multiples. A la place d'acquérir des connaissances, les étudiants s'entraînent à réussir des tests standardisés ; pour garder le taux de mortalité bas, les patients à risque ne sont plus opérés dans certains hôpitaux ; dans quelques villes, les policiers embellissent leurs rapports, exagérant ainsi le succès de la lutte contre la criminalité ; la crainte de ne pas atteindre les quotas exigés pousse certains employés de banque à des opérations frauduleuses. Dans ce livre, Jerry Z. Muller explique les origines intellectuelles et sociales de l'obsession métrique, analyse les failles récurrentes de l'usage des métriques et montre comment les stratégies d'adaptation ou de contournement produisent régulièrement des conséquences néfastes. Mesurer est souvent nécessaire, mais vouloir remplacer le jugement par l'usage des données quantifiées conduit immanquablement à l'échec. Nous sommes nombreux à sentir vaguement que l'usage répandu des paramètres quantitatifs nous égare, déprécie le jugement humain subtil et récompense ceux qui savent manipuler le système. Le livre de Muller explique clairement l'origine de cette mode, pourquoi elle est souvent contreproductive et pourquoi elle nous empêche d'apprendre.Tim Harford, Financial Times
L'inégalité économique est souvent considérée comme le problème social principal des sociétés contemporaines. Pourtant, peu nombreux sont ceux qui affirmeraient que l'inégalité soit pire que la pauvreté. Les pauvres souffrent parce qu'ils n'ont pas assez – et non pas parce que les autres ont plus qu'eux, ou trop. Comment se fait-il alors que beaucoup de contemporains se préoccupent davantage de l'inégalité que de la pauvreté ? Selon Harry Frankfurt, ce sont surtout les idées fausses sur la justice sociale qui nourrissent la pensée égalitariste. Nous avons une obligation morale d'abolir la pauvreté. Par contre, la réduction des inégalités ne peut être une finalité en soi. Ceux qui le pensent s'aveuglent face aux nécessités requises pour que chacun puisse mener une vie décente et être respecté par autrui. La stratégie de l'égalitarisme est défendable seulement si elle est un moyen adéquat pour promouvoir autre chose que l'égalité. Quand l'abolition de la pauvreté est visée, l'égalitarisme n'est pas automatiquement requis. Par ses arguments, Frankfurt remet en question de nombreuses idées reçues sur le rapport entre le confort matériel et une vie satisfaisante. S'il nous invite à revoir nos priorités, ce n'est pas un appel à l'indifférence, mais au contraire un plaidoyer pour un engagement social sensé.
Nos cerveaux sont adaptés à la vie tribale, favorisant l'entente avec un groupe restreint de personnes et l'hostilité envers les autres. Aujourd'hui, différents groupes cohabitent dans un espace commun. Les attitudes morales qui les opposent sont devenues plus visibles, plus déroutantes et provoquent facilement des conflits, par exemple autour de l'avortement, du mariage homosexuel, du réchauffement climatique ou de la lutte contre la pauvreté. C'est grâce aux émotions que nous sommes à la fois des animaux sociaux et tribaux : elles permettent aux individus de se voir comme membres d'un groupe ? mais les poussent en même temps à se retourner contre ceux qui n'en font pas partie. Peut-on dépasser ces conflits tribaux ? Neurosciences, sciences cognitives et philosophie à l'appui, Joshua Greene affirme que le raisonnement peut nous faire découvrir un cadre commun qui assure la paix et permet la coopération indépendamment de nos appartenances spécifiques. En comprenant à quel moment nous pouvons nous fier à nos réactions émotionnelles, et à quel autre il est indispensable de recourir à la raison, nous verrons qu'un petit nombre de règles étonnamment simples permettent d'assurer la coopération entre tribus morales différentes.