Longtemps, on a entendu que la " création " est une affaire d'hommes : que les femmes sont lectrices ; spectatrices, amatrices, mais non point créatrices, ou alors à titre d'exception comme Labé, Vigée-Lebrun, Colette. Après presque trente ans de recherches féministes, nous savons que malgré la multiplication des exceptions durant le dernier demi-siècle, les conditions historiques seules n'expliquent pas les obstacles rencontrés, l'absence des femmes dans certains arts ou le manque de postérité de leurs œuvres. Devant cette résistance à la création féminine, nous avons réalisé que les champs de la culture ne sont remplis d'hommes (de certains hommes) que parce que des idées bien établies leur permettent de s'y croire attendus, des réseaux de s'y établir, des mécanismes de s'y imposer et des institutions d'y survivre et d'y faire perdurer leur mémoire. La plupart du temps, les femmes ne bénéficient que faiblement, voire pas du tout, de ces supports qui font la légitimité des créateurs. Et pourtant elles créent. Certaines, en connaissance de cause ; d'autres, dans l'ignorance ou le mépris de ces contingences ; et d'autres encore, dans l'illusion du " temps venu " de l'indifférence des sexes. Les différentes contributions proposent un éclairage sur ces questions de légitimité (ou son absence) pour les femmes écrivains et les femmes artistes, des pionnières des Beaux-Arts au cinéma de l'après-guerre.
Résumé : La démographie participe aux grands débats de ce début du XXIe siècle : où en est-on dans la transition démographique ? La fécondité diminue-t-elle dans tous les pays du monde ? Combien serons-nous sur la planète à la fin du siècle ? Quelle est l'ampleur des migrations ? Comment mesurer l'intégration des migrants ? Quel est l'impact d'une épidémie comme le sida ? A chaque question correspondent des données et des méthodes d'analyse spécifiques. Cet ouvrage offre une synthèse de tout ce qu'il faut savoir (histoire, méthodes, champs, enjeux). Il tient compte des évolutions en matière de fécondité, de migrations et de mortalité, et explore les comportements nouveaux comme les unions par le PACS ou la procréation médicalement assistée. Il présente également les résultats d'enquêtes menées par l'INSEE et par l'INED sur les relations intergénérationnelles et de voisinage, les appartenances (langues parlées en France), la venue d'un enfant dans la famille, ce qui relie la démographie aux autres sciences sociales.
On entend souvent que la visibilité des homosexuel-le-s s'est accrue dans les fictions télévisées françaises depuis une douzaine d'années, en particulier depuis l'automne 1998 avec la couverture médiatique du Pacs. Peut-on pour autant réellement parler de changements ou d'évolution ? Cet ouvrage propose une analyse culturelle de la télévision hertzienne. L'un de ses objectifs premiers est de repérer et d'étudier les constructions (télé)visuelles des homosexuel-le-s et de l'homosexualité dans les fictions des dix dernières années afin d'évaluer l'ampleur des modifications. L'étude porte principalement sur les stratégies narratives à l'œuvre ; elle identifie non seulement les différents moyens par lesquels cette visibilité croissante se manifeste, mais également les possibles stratégies idéologiques implicites ou explicites de ces fictions. Cet ouvrage s'adresse aux chercheur-se-s, enseignant-e-s et étudiant-e-s en communication. Néanmoins, son approche, inédite en France, intéresse aussi les spécialistes et amateurs d'histoire culturelle et d'histoire des mentalités et des sexualités ainsi que celles et ceux qui cherchent à comprendre les spécificités d'un média de masse et ses liens avec l'histoire de la France contemporaine, dans une perspective plus sociologique.
Le film policier / criminel est sans doute le genre le plus européen : il existe sous des formes spécifiques dans les différentes cinématographier nationales, mais c'est aussi un genre transnational, ce qui le rend facilement exportable. Son succès, au cinéma et à la télévision, en fait un grand genre populaire dont cet ouvrage explore la richesse culturelle, indépendamment des " auteurs " qui ont pu l'utiliser, et les formes d'innovation qui lui permettent de trouver les faveurs du public. Les différentes contributions rassemblées dans ce volume éclairent notamment les transferts culturels à l'oeuvre dans le genre policier, qu'il s'agisse de la manière dont les différents cinémas européens s'approprient des films hollywoodiens pour donner au genre une orientation nationale, de l'importation dans le policier des traits d'autres genres, ou des transferts d'un média à l'autre (du roman au cinéma ; du cinéma à la télévision ou inversement). Sont également privilégiées les dimensions historiques, socioculturelles, économiques et idéologiques du film criminel, comme sa propension à témoigner des tensions politiques d'une société, ou sa capacité, à l'heure d'une féminisation du genre, à reconduire ou à déconstruire des normes sexuées.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.