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Eloge du dépaysement. Du voyage au tourisme
Roelens Nathalie
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841746958
A une époque où l'industrie du tourisme est plus que florissante, l'auteur a jugé opportun de se pencher sur les origines du voyage en Europe, sur le Grand Tour comme sa matrice pédagogique et culturelle (de Montaigne à Gracq en passant par de Brosses, Sade, de Staël, Stendhal, Lamartine, Gautier, Larbaud, Proust et d'autres), et notamment sur l'Italie comme étape obligée, à la fois familière par son patrimoine et insolite par ses us et coutumes. Le voyage à l'étranger suscite chez le sujet itinérant la mise à l'épreuve de ses préjugés sédentaires, un ébranlement identitaire, voire un "devenir-autre", tandis que le tourisme (anglais au départ) cherche, malgré sa soif d'exotisme, à satisfaire un horizon d'attente rassurant. Et si le tourisme se nourrit de textualités en amont, tel le Baedeker, le voyage a pour vocation de produire un document en aval, le "récit de voyage" proprement dit. Les acquis de la géocritique ont été mobilisés pour étayer les analyses mais cette nouvelle discipline, qui tente de localiser les espaces auxquels réfèrent les textes, se voit cependant révoquée dès que l'imaginaire des lieux entre en jeu, toujours plus fertile que le "réalème". Se dégage en outre une équation entre voyager et lire, affectés tous deux par une même déprise : le voyageur/lecteur doit être "assez fou pour entreprendre un voyage en lointain pays" et larguer ses amarres. L'ouvrage pose en fin de parcours la question du dépaysement à l'heure actuelle. La découverte de l'ailleurs et de l'altérité est-elle menacée par l'ubiquité virtuelle et les flux globalisants ? Certaines pratiques inspirées par une épistémologie ambulante et nomade allant à l'encontre de la frénésie urbaine - la flânerie, la balade ou la marche - visent à réhabiliter l'égarement comme jouissance et instrument de connaissance. De sorte que l'auteur gage qu'il y aura toujours des recoins propices au dépaysement.
Roelens Nathalie ; Vercruysse Thomas ; Claessen Je
Résumé : Cet ouvrage auquel ont contribué des chercheurs en littérature, histoire de l'art, cinéma et urbanisme, interroge les rapports entre la ville et ses représentations, jauge la légitimité de la géocritique et d'autres disciplines récentes qui ont fleuri sur les mutations urbanistiques, mesure l'impact de la fiction sur les politiques d'aménagement. Les villes ont toujours été déformées ou requalifiées par le langage, jusqu'à se demander si l'on peut encore les exempter des textualités dont elles s'assortissent. Ces verbalisations sont à la fois une tare car un écran à une appréhension plus phénoménologique du vécu citadin et des modes d'habiter, et une richesse, car la fiction et les pratiques artistiques peuvent avoir une fonction prescriptive sur les acteurs professionnels et réhabiliter des pratiques cheminatoires lentes et désintéressées (flânerie, balade et poésie urbaine). Dans la longue histoire qui a vu la ville s'étendre du tracé de la charrue au village-global, c'est le vivre-ensemble et l'"urbanité " menacés par l'entropie contemporaine qui retient l'attention des contributeurs. Qu'elle soit lue, écrite ou pratiquée, la ville résistera semble-t-il toujours à ses appropriations théoriques ou empiriques comme une citadelle imprenable, enveloppée d'une aura imaginaire.
Comment la colonisation de lhumanité femelle est-elle reconduite dune génération à lautre? Le tome 3 répond à cette question en décrivant les mécanismes de recolonisation continue. Lengrenage se met en place, au moment de chaque naissance, par le retournement contre les femmes de leur puissance denfantement. - Elles se trouvent enfermées dans une conception sacrificielle de la maternité qui organise lasservissement des mères, leur réclusion et leur disparition de lespace public...
Ce livre fournit les clés de compréhension des textes qui relèvent du courant réaliste et de la tendance naturaliste à travers une présentation théorique et pratique claire et précise qui fait le point sur la sempiternelle querelle entre prétentions scientifiques et création artistique chez l'auteur des Rougon-Macquart, en recourant aux outils de la stylistique, de la sémiotique, de la linguistique et de l'analyse du discours. Qu'est-ce qui lie le réalisme au naturalisme ? Quelles sont leurs caractéristiques fondamentales ? Comment l'auteur réaliste raccorde-t-il à l'histoire de Nana la réalité historique et sociale du Second Empire pour servir son objet polémique et son projet idéologique ? Quels sont les artifices de composition de ce roman publié en 1880 et considéré du point de vue thématique comme une des phases décisives de la bataille de Zola contre le régime impérial ? Zola copie-t-il servilement le réel à la manière de l'objectif d'un appareil photographique ou explicite-t-il sa connaissance du langage pour faire croire à son lecteur qu'il copie le réel ou pour lui donner cette illusion grâce à sa capacité à transformer ce réel en mythologies sociales et littéraires ? C'est à ces diverses questions que répond cette synthèse didactique de Nana sur la genèse, le travail de création de l'illusion réaliste, le temps et l'espace, le système des personnages, l'intrigue, le savoir encyclopédique de l'oeuvre, l'écriture transparente et transfiguratrice. Par ailleurs, ce livre apporte une contribution décisive à la résolution de l'épineux problème de la représentation du réel dans la littérature occidentale.
Dans le prolongement de La Sémiotique en interface (Kimé, 2018), cet ouvrage se propose de faire dialoguer la sémiotique et d'autres domaines de recherche, avec une volonté accrue de mettre en avant la vie et les pratiques, voire l'empirie, à travers un grand nombre de terrains variés : les artefacts culturels, la lecture littéraire, l'image, le numérique, l'expertise financière, l'espace urbain, la santé, la psyché, etc. Une quarantaine de chercheurs réputés, issus d'une douzaine de pays, nous donnent concrètement à voir à quel point ces interactions sont fécondes, sinon inéluctables : la sémiotique est susceptible de fournir à ses consoeurs une rigueur méthodologique inédite, leur permettant d'affiner leurs concepts, de modéliser autrement leurs objets ou d'y découvrir des clartés insoupçonnées ; en retour, les autres secteurs s'avèrent une chance pour la sémiotique, car ils lui offrent l'opportunité de faire son autocritique, de réviser ses fondamentaux, d'interroger son champ de pertinence. En outre, ce livre montre que, si une synergie disciplinaire est requise pour affronter le monde complexe et mouvant dans lequel nous vivons, le rôle de médiateur pourrait être dévolu à la sémiotique, dans la mesure où elle semble être la mieux armée pour croiser et fédérer les points de vue de différentes disciplines. Somme toute, ce volume convie les chercheurs de tout domaine à se projeter hors de soi et à se doter de la lucidité nécessaire pour relever les grands défis actuels de l'homme et de la société.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.