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Le petit monde de Schlomo. 2e édition
Rocheman Lionel
L'HARMATTAN
15,50 €
Épuisé
EAN :9782738432018
Il y a plus d'une manière de raconter les " blagues juives ", dont la meilleure n'est certainement pas lorsque, à la fin d'un repas de noces, chacun y va de sa dernière " bien bonne " : " C'est Lévy qui rencontre Cohen et qui lui dit ", etc. Considérant que les meilleures doivent être racontées par les Juifs eux-mêmes, faisant appel à la tradition orale qui, du Shteytl de Pologne au Sentier, est une création continue. Lionel Rocheman offre ici avec Le petit monde de Schlomo mieux et plus qu'un simple recueil. Romancier, chroniqueur hebdomadaire de lectures (sérieuses) et de musique (classique), acteur (le serrurier juif new-yorkais dans Voisin, Voisine, c'est lui ; Herr Schultz à la suite de Guillaumat dans Cabaret en tournée, c'est lui), auteur-compositeur de chansons (Grand Prix Académie Charles-Cros) et auteur (comique) du déjà légendaire Grand-Père Schlomo, nul n'était mieux placé que Lionel Rocheman pour tisser, fil à fil, une sorte de roman-conte à la manière orientale où l'humour fait bon ménage avec une philosophie du rire désabusée. Beaucoup d'histoires drôles ici présentes sont des classiques du genre : distribuées comme des rôles au cinéma et mises dans les bouches du Petit Monde de Schlomo, elles acquièrent une saveur nouvelle.
Leïb Rochman écrit son Journal entre 1943 et 1944 au moment où il vit caché derrière une double cloison chez une paysanne polonaise puis dans une fosse creusée dans une étable avec d'autres compagnons polonais, allemands, russes ou ukrainiens. Il ne livre jamais sa localisation exacte, il cite toujours, avec une extrême prudence, un village ou un lieu-dit à une certaine distance. Ils passent des jours entiers, en rang d'oignons, les visages tournés vers le mur sans possibilité de s'asseoir. Avec talent, Leïb Rochman réussit à faire entendre le monde extérieur, l'écho des animaux, les détonations des tueries, les conversations de leur hôte avec les villageois. Le texte frappe par la force de leurs relations, de l'amour qui les lie entre eux et avec le peuple juif, et qui leur permet de survivre. Leib Rochman nous fait entendre une voix folle de douleur mais il raconte aussi qu'en dépit de tout, lui et ses compagnons continuent d'observer l'essentiel des lois du judaïsme. Il nous livre ici une conception du monde pétrie de Torah (Pentateuque et plus largement Premier Testament) qui se déploie au fil des pages. Jusque dans son approche des animaux domestiques, des souris et des mulots, des déflagrations et du tonnerre des combats et, bien sûr, des eaux qui les submergent dans leur dernière cachette, l'empreinte divine, le caractère cataclysmique et annonciateur d'une ère nouvelle - ou de la fin du monde - sont omniprésents. Leur foi constitue l'un des aspects les plus poignants de ce témoignage. Ils ne cessent d'être portés par leur aspiration à construire une vie nouvelle comme à se reconstruire en tant qu'êtres humains, libres, dans un lieu où les Juifs seraient enfin les maîtres de leur destin. Un Etat juif, précise Rochman en Eretz-Israël. Là même où il s'éteindra en 1978.
Publié pour la première fois en 1977, introuvable depuis des lustres, Devenir Cécile, soit l'histoire « vraie » d'une mère juive racontée par son fils, à mi-chemin du rire et des larmes, est considérée depuis longtemps par quelques aficionados comme un petit livre parfaitement indispensable à toux ceux qui attendent qu'on leur raconte sans tricher, c'est-à-dire sans enjoliver ni pleurnicher, ce qu'il en est du judaïsme à la française - et même à la parisienne - en son histoire récente (celle du siècle qui vient de s'achever). Sephora, après une dure jeunesse passée dans un faubourg miteux de Varsovie, prend le chemin de l'exil et se retrouve à Paris, petite-main dans un atelier de broderie de l'île Saint-Louis, bientôt mère de cinq rejetons, toujours pauvre mais parisienne comme personne, affrontant bravement les fins de mois, le drôle de regard des autres (on passe des années 20 aux années 30 puis 40), les infidélités d'un mari volage? jusqu'au jour où l'aimable cavaleur se retrouve au Vél"d'Hiv" un jour de juillet 42, puis à Auschwitz dont il ne reviendra pas. Voilà tout ce que raconte ce livre modeste qui ne ressemble à aucun autre, attentif et pudique, drôle et juste, libre surtout (rien de convenu dans ce que Rocheman nous dit de l'antisémitisme, du communisme, de la guerre, d'Israël), qui se garde de poser sérieusement les questions qu'on attend mais remue en nous une grande et bouleversante interrogation (jamais vraiment formulée, tant mieux). Car comme dit l'auteur, citant un rabbin farceur mais de haute sagesse: « J'ai une réponse, j'ai une réponse!? Mais est-ce que quelqu'un a une question? » La critique à l'époque n'avait caché ni son émotion ni son émerveillement.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.