Flonneau Mathieu ; Manigand Christine ; Robin Emil
Les peuples heureux n'ont pas d'histoire" . La citation est peut-être trop connue, elle n'en conserve pas moins tout son intérêt car, lorsque Georges Pompidou s'exprima en ces termes, il figea par la même occasion une part de ce que la mémoire collective conserve de son septennat tronqué. Sans doute en aurait-il conçu une légitime fierté et également serait-il interloqué par certaines lectures contestataires et à charge faites désormais de cette période. Les historiens, censés donc, selon ses souhaits, ne pas avoir trop de travail avec cette période, se trouvent désormais placés au contraire devant l'exploration de ce qui semblait aller de soi. L'empirisme et le subjectivisme du questionnement s'effacent devant l'identification d'indicateurs dits "sérieux". En la matière, l'histoire des représentations s'adosse au chapitre d'une solide histoire des modernités matérielles. Il reste que l'on ne tombe pas amoureux d'une croissance économique et que le bonheur national n'est pas que la somme de vies heureuses égoïstes et insouciantes... L'analyse de la place laissée par un Président, certes en majesté, mais discret et non intrusif, permet de réinterpréter les canons d'un bonheur privé susceptible d'être ressenti par chaque citoyen. Ce dont la France pompidolienne hérite, ce qu'elle porte de neuf, de durable, ce qu'elle rend plus accessible et ce qu'elle va léguer par la suite, voilà les perspectives que ce livre entend explorer au cours d'une réflexion collective nourrie par la confrontation avec des acteurs.
A notre naissance, un long périple nous attend. A l'école, lorsque nous grandissons, et plus tard en travaillant. Parfois confrontés à un quotidien chaotique, les journées sont vécues à cent à l'heure, au détriment de notre confort. Ce parcours atypique, Anne-Gaëlle, mère célibataire, le vit à chaque instant. Entre amour nocturne, vie trépidante de maman et bricoleuse d'histoires libertines, tout s'enchaîne à un rythme effréné... Entre rires et larmes, joies et drames, A nos coeurs endormis dépeint avec humour et légèreté la vie mouvementée d'une maman débordée... une vie au coeur endormi.
L'excitation n'en était plus au frémissement. Elle avait atteint le stade de l'ébullition. "L'invitation, en lettres d'or sur fond bleu pâle, annonce que le " grand divertissement à Versailles " commence à 21 heures. Elle précise également que les tenues de soirée sont de rigueur. Pourtant, le 28 novembre 1973 échappera à l'ordinaire des soirées mondaines. Quelques heures auront suffi pour que la mode bascule dans une nouvelle ère.Ce soir-là, au château de Versailles, les plus grands couturiers français ? parmi lesquels Saint Laurent et Givenchy ? accueillent de jeunes créateurs américains : Halston, Oscar de La Renta, Anne Klein... Sous le vernis des politesses, c'est un véritable match : comme des adversaires sur le terrain, les deux pays défilent sous l'?il de toute la jet set internationale. La France affiche l'assurance de celle qui règne en maître sur le luxe mondial. Mais ce sont souvent les outsiders qui font l'Histoire...Robin Givhan fait le récit de cette nuit incroyable, des luttes de pouvoir et des coups bas sous les dorures royales, des fous rires et des disputes dans la galerie des Glaces. Une soirée unique au cours de laquelle ancien et nouveau mondes s'affrontent en costume de gala, le sourire aux lèvres mais les dents aiguisées par l'ambition. La mode ne s'en remettra pas
Résumé : " Déjà inconscient, L. ne se sent pas aller au sol, pantin désarticulé plié sur ses jambes, bras en croix, tête en arrière, avec le fusil pour étai. Le visage tendu vers le haut où s'envole son esprit, tandis que se fige l'expression ébahie par laquelle il se remémore, pour l'éternité, qu'il était mortel ". Après deux romans explorant des chemins de vie, Benoît Lugan observe en dix nouvelles, serrées et denses comme les actions de combat qu'elles racontent, la manière dont la guerre, fascinante et révoltante, transforme, exalte et broie les hommes et les femmes
Résumé : "La violence monte. Ce n'est pas la fin du monde. Mais sans doute la fin d'un monde. Il ne s'agit pas ici de vendre de l'apocalypse. Ni de dire bêtement qu'hier valait mieux qu'aujourd'hui : sur le long terme les chances du progrès l'emportent toujours sur celles du déclin. Mais il y a sur la route des moments où l'addition des risques atteint un paroxysme. Nous vivons un de ces tournants où l'histoire hésite et peut basculer vers le pire".
La combe exhale un léger souffle qui effleure le chêne en remontant vers les hauteurs. Il porte vers les bois en surplomb les parfums métissés des arbousiers, du thym, du romarin, de l'anis sauvage, de la lavande, et peut-être même de la mer lointaine, pour les assembler à ceux des pins et des cèdres, et embaumer le ciel tout entier. Ariane aspire à pleins poumons cet air qui la brûle pourtant, et qui sourd sur sa peau en fines gouttes de sueur. Les bras suspendus à une branche, allongeant tout son corps pour l'exposer à la brise autant qu'elle le peut, elle écoute. A la sourdine crépitante du maquis se mêle, assourdi et comme dérivant dans l'air, le chant incongru d'un piano."
Résumé : Huit nouvelles qui décrivent notre époque, vue dans la rue, dans la tête, dans le coeur, dans la vie. Huit nouvelles qui nous emmènent au plus près observer avec curiosité et affection notre existence de héros du quotidien. On se laisse prendre par cette gourmandise avec laquelle Claude Sérillon observe ses personnages, comment il décrit le foisonnement de leur pensée, ce bavardage permanent et incroyable qui les motive, cette belle vitalité dont ils font preuve en dépit des situations dans lesquelles ils se sont chacun laissé emporter. Aucun cynisme, aucune moquerie ou méchanceté de la part de l'auteur, à la rigueur ce gout léger de l'ironie qui fait écho à notre propre instinct, que masque cependant une gigantesque soif d'amour de l'auteur pour le genre humain. Au fond, ce que recherche Claude Sérillon dans ses sujets n'est pas tant le plus trivial que le plus fragile, voire le plus honorable, le plus digne. En suivant ainsi chaque personnage au fil de ses idées et de ses discours, au gré de ses décisions et de ses doutes, le lecteur est happé par un style d'une remarquable vigueur, à la fois précis et déterminé, sans cesse en mouvement. Les phrases et les situations se succèdent, et le livre se referme comme on finit de suivre l'actualité. Pas celle du monde mais la nôtre. Claude Sérillon est journaliste. De la presse écrite d'abord, de la télévision ensuite, puis à nouveau de l'écrit. L'écriture de plusieurs romans, essais, dictionnaires, nouvelles et poèmes est un autre versant de son activité, juste complément de son rôle d'observateur de l'actualité, mais aussi de l'imaginaire, de la fiction... et de sa curiosité personnelle.