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MALEBRANCHE ET LEIBNIZ RELATIONS PERSONNELLES
ROBINET
VRIN
82,00 €
Épuisé
EAN :9782711605385
André Robinet présente ici l'intégralité des documents, jusqu'alors dispersés et souvent inédits, reconstituant l'histoire continue et subtile des relations qui ont uni les destins de Malebranche et de Leibniz. Echanges épistolaires, envois d'ouvrages, relations indirectes par l'intermédiaire d'amis communs, lectures des oeuvres réciproques, réflexions sur les systèmes scientifiques et philosophiques tressent entre les deux hommes des relations personnelles, abondantes et suivies. La totalité des connaissances du passé et de l'époque sert de toile de fond à cette amitié, discrète et impossible. S'ils ne sont étrangers à aucun des problèmes de leur temps, l'admiration sincère qu'il séprouvent l'un pour l'autre les laisse cependant étrangers l'un à l'auter : les intuitions fondamentales divergent du tout au tout, les traditions sont adverses, leurs phraséologies, leurs thèses, leurs systèmes dissemblables. Malebranche et Leibniz apparaissent chacun trop complets pour s'être attendus, trop grands pour s'être mesurés, trop originaux pour être dépendants. Le dialogue que nous aurions souhaité n'a pas eu lieu. Mais n'est-ce pas justement parce que les deux philosophes étaient du même côté de la recherche de la vérité? Par-delà leurs divergences, un même esprit les unit, une sympathie les enchaîne de son appel intérieur : celle des valeurs d'une culture, d'une politique, d'une religion et d'une philosophie d'inspiration chrétienne.
Dans ce second volume de la suite Le Chemin du Vieux-Moulin, l'accent est mis sur le passage lui-même, sur ce qui fait que rien ne subsiste jamais comme avant sans qu'on en puisse prévoir l'après. Le possible s'y révèle à l'état pur et c'est pourquoi le titre en devient un verbe actif: Le Sera. Comme on s'en est rendu compte avec Justice et terreur, Leibniz devient un à propos dont l'historien de la philosophie n'a rien perdu du souvenir, mais dont le philosophe se demande à quoi conduisent ces néologismes ou ces expressions qui saccadent l'oeuvre d'autant d'aphorismes ombrés. Mais quel jet de lumière porter sur des termes en hapax comme Il "existiturientia" que Leibniz lance, comme tant d'autres, à quelque détour de son oeuvre, comme si c'était dans cette direction jusque-là innommée qu'il en faille poursuivre l'inspiration? Ainsi le futurible, l'attente, l'émanable, le vivant, plus comme à vivre que comme vécu, sont-ils projetés au premier plan comme la possibilité même de ces états contingents qui s'ensuivent de ce qu'il faudra bien appeler émanation. Biographie de l'auteur André Robinet, directeur de recherche au CNRS et professeur à l'Université de Bruxelles, conduit à la Librairie Vrin depuis 1955 des oeuvres complètes qui permettent de disposer de toute la documentation disponible sur un auteur, des révélations de textes inédits qui font éclater les programmes scolastiques, des études approfondies sur des philosophes ou des concepts qui vaudront pour demain.
L'humanité n'est que deux mains qui se tendent. Tout recommence, sans " leçon de l'Histoire ". De rien, il n'y a rien à conclure d'autant plus que Rien appelle le Recommencement. D'un existentiel, on ne peut conclure à l'autre : du tragique au tragique, du comique au comique, du tragique au comique ou l'inverse. Notre sysmicité n'y procède que par saccades. L'humanité est un puzzle ébranlé en voie de dislocation constante et de reconstitutions partielles, jamais les mêmes. Au fond, ce que j'entreprends, c'est une réévaluation de la philosophie moderne à partir de ses différences plutôt que de ses similitudes, ces différences révélant de fortes restrictions au sujet des similitudes. Entre l'enfermement de l'enseignement de la philosophie dans des savoirs acquis par la filière d'une histoire de la philosophie, rectiligne ou dialectique, plus ou moins commandée par une philosophie de l'histoire qui n'a rien à voir avec l'établissement de la documentation qu'elle instruit, et l'évanouissement en bouquet d'artifice vertical et perpendiculaire d'une insurpassable " pensée personnelle ", doit se trouver un équilibre interne à ces deux tendances. Sans quoi, on assistera à une rétrospection généralisée sans lien au présent ou bien on ne procédera qu'à l'enfoncement de portes déjà ouvertes par 2500 ans de philosophie et d'essais littéraires selon notre tradition. Y ménagera-t-on enfin un espace d'accueil pour les autres cultures que gréco-latines : que d'étonnements à éprouver, que d'affections à expérimenter, que de leçons à méditer, combien de diverses expériences tragiques ou comiques y puiserions-nous ? Nous estimant les meilleurs, nous nous proclamons les seuls !
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.