Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le cycle du pays natal
Robin Armand
PART COMMUNE
13,61 €
Épuisé
EAN :9782844180100
Armand Robin (1912-1961) est l'un des plus grands poètes bretons de ce siècle. Né à Rostrenen, en Haute-Cornouaille, il se lance dans l'apprentissage d'une vingtaine de langues qui lui permettront de traduire une centaine de poètes. Car le but de cette expérience peu commune est de ne pas s'enfermer dans une œuvre poétique mais de faire de soi le lieu de passage des poésies du monde entier. Dans les manuscrits retrouvés après sa mort, on peut voir se jouer le passage de la poésie personnelle à ce qu'Armand Robin appelle la non-traduction : à un certain moment, il pose un regard libre sur le monde de son enfance et rédige alors pour lui-même quelques fragments qu'il ne donnera jamais à lire et qui sont le meilleur de son œuvre, une sorte de trésor secret retrouvé par miracle. Dans le même temps, pendant quelques journées d'un été d'avant-guerre, il s'essaie à photographier ce monde qu'il va quitter. C'est un photographe amateur, mais cela n'a pas d'importance. Au contraire, le flou, la maladresse deviennent des qualités qui nous amènent à prendre ces images, comme ces fragments abandonnés, pour la même tentative d'élucidation douce.
La plus sûre façon de trahir, la plus avantageuse aussi, est de rester " fidèles par idées " ; mieux vaudrait encore rester fidèles par le rêve, puisque les hommes sont davantage couleur de leurs songes que de leurs pensées : les uns sont habillés de prés et de bois, les autres de la lumière citadine des enseignes, d'autres du soleil prudent qui tombe sur les bâtisses ; mais la plus vraie livrée de l'homme est celle des rapports qui l'unissent à la souffrance. Jamais une douleur n'a menti. A. R.
Armand Robin (1912-1961) a passé une grande partie de sa vie à l'écoute des radios étrangères, et notamment des services de propagande soviétiques. Il a rendu compte de ses écoutes dans un bulletin bihebdomadaire réservé à un petit nombre d'abonnés, journaux, institutions et organismes dont la liste est, aujourd'hui encore, bien difficile à établir.La fausse parole est le journal d'un journal, la chronique de cette activité poursuivie jusqu'à l'épuisement, parallèlement à cette activité poétique non moins déroutante que Robin appelait non-traduction.Propagandes en tous genres, mécanique du mensonge, guerre psychologique sont implacablement dénoncées. Dénoncées par un poète qui sait ce que parler veut dire et qui réinvente, dans une langue connue de lui seul, le vrai usage de la parole: la présentation de ce texte, paru aux éditions de Minuit en 1953, est toujours actuelle.
Résumé : En 1942, Armand Robin est un écrivain qui compte. En 1943, il n'est plus personne. Il se dit absent, il l'est, et l'?uvre qu'il poursuit en traduisant une centaine de poètes étrangers le montre désormais incapable de revenir à soi. Comme par un dernier effort pour résister à la perdition, il rassemble les fragments qui gardent trace d'un grand livre possible unissant poésie, critique et traduction, ébauche une mise en ?uvre et laisse le manuscrit à l'abandon - jamais lu, jamais publié. Près de vingt ans plus tard, en 1961, Robin, arrêté pour des raisons obscures, disparaît. L'histoire du manuscrit devient alors aussi étrange et fertile en rebondissements qu'un roman policier. Le lecteur en découvrira les péripéties dans la préface de Françoise Morvan. Enfin publiés aujourd'hui, les Fragments trouvent leur beauté dans le dénuement et l'abandon auxquels ils ont été laissés. Le silence d'Armand Robin est la garantie même que le jeu a été joué jusqu'au bout. " Tous mes poèmes sont des essais ", écrivait-il. C'est à ce titre qu'il mérite d'être lus.
Il aimait faire le clown, dans la vie comme dans son oeuvre. Se mettre en scène, se raconter, de lui-même faire un personnage à la fois tragique et dérisoire. Ainsi le vit-on paraître en pornographe provocateur des années d'après-guerre, en prophète annonçant une apocalypse américaine, en gourou d'une Californie jouissive, en vieillard lubrique... Mais le personnage ne doit pas masquer l'oeuvre, abondante, puissante, généreuse: le nombril de Henry Miller était l'oeilleton magique par lequel il voyait sans oeillères le monde. Son oeuvre est une autobiographie narcissique, monumentale, puissante, généreuse, dramatique, ironique et toujours en grand chant païen. Au centre il y a les deux Tropiques et les trois volumes de la Crucifixion en rose, grands romans, lyriques autant que philosophiques, chants d'un moderne et rigolard Dostoïevski en lesquels le clown montre qu'il est une autre face de l'ange. Et Miller n'a pas manqué, en sa longue vie et en ses nombreux autres livres, faits de souvenirs, témoignages, réflexions, correspondances, qu'Auguste au centre du cirque est un ange dont les ailes ne demandent qu'à se déployer.
J'aurais pu t'aimer d'une façon plus agréable pour toi. - Me prendre à ta surface et y rester. - C'est longtemps [ce] que tu as voulu. Eh bien non. J'ai été au fond. - Je n'ai pas admiré ce que tu montrais, ce que tout le monde pouvait voir, ce qui ébahissait le public. J'ai été au-delà et j'y ai découvert des trésors. Un homme que tu aurais séduit et dominé ne savourerait pas comme moi ton c?ur aimant jusqu'en ses plus petits angles. " À Louise Colet, 6 juillet 1852.
Publiés respectivement en 1917 et 1919, ces deux articles, qui sont à l'origine des commandes, célèbrent deux auteurs américains dont on commémore les centenaires respectifs. S'ils font aujourd'hui figures de classiques, il n'en était pas de même un siècle plus tôt. Et c'est là que la sagacité de Virginia Woolf montre toute son ampleur et sa justesse. Critique subtile, pénétrante, percutante, elle sait saisir le sens d'une oeuvre, ses fondations comme ses ramifications. Sa grande finesse psychologique, son érudition et sa recherche formelle, qui font d'elle l'une des plus grands écrivains de langue anglaise, sont ici au service de deux auteurs, deux oeuvres, dont les préoccupations peuvent, au prime abord, paraître éloignées des siennes, mais qui la rejoignent dans la revendication d'une liberté, d'une libération conquise de haute main.
Ces baigneuses, c'est pour Mariano Otero le bonheur de peindre au grand air et de le partager, c'est aussi la liberté prise avec les silhouettes, les proportions, le relief ou encore la perspective. Ces femmes, il les a saisies parfois d'un seul trait sur la plage ou apprivoisées en silence dans son atelier. Elles nous disent son territoire, son itinéraire et, conjuguées ensemble, sa table des matières, celle de toutes les nuances, amoureuses, généreuses, joueuses, oublieuses, infiniment contemporaines en somme. Chaque peintre, et Mariano le premier, a son vocabulaire et sa grammaire de formes et de couleurs afin de nous livrer l'essentiel d'un regard. Alors comment ne pas s'arrêter ici, pour le plaisir, sur les ombres penchées dans ses encres et ses dessins et là, sur ses aquarelles, ses gouaches, ses pastels, pour les couleurs des corps s'oubliant au soleil ou repliés dans leurs rêves comme pour mieux les traduire.