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C'était un autre millénaire. Souvenirs d'un professeur de la communale à Nanterre
Riché Pierre
TALLANDIER
29,00 €
Épuisé
EAN :9782847345261
La deuxième moitié du XXe siècle fut l'un des grands moments de l'université française. L'un des artisans de son rayonnement, enfant de la communale parvenu au sommet de l'Alma Mater, témoigne, par son cheminement exemplaire, de l'effort de toute une génération marquée par la Seconde Guerre mondiale pour accéder au savoir, puis le dispenser, alors que la société se transforme. Pierre Riché, spécialiste reconnu de l'histoire du haut Moyen Age, raconte ainsi ses années de formation auprès des plus grands maîtres, en particulier Henri-Irénée Marrou, son expérience d'enseignant en Afrique du Nord alors en crise, ses engagements syndicaux et spirituels, et surtout les événements de 1968 alors qu'il est, à l'université de Nanterre, au c?ur de la mêlée. Des événements dont personne mieux que lui, acteur et témoin, ne pouvait décrire le cours, mesurer les conséquences et apprécier le retentissement.
En 476 un chef barbare prend, à Ravenne, la place du dernier empereur d'Occident. En 774, à Pavie, Charlemagne un roi barbare franc met fin au règne du dernier roi lombard et prend sa place. Entre ces deux dates se déroulent trois siècles d'histoire décisive pour l'Europe. C'est la fin des Grandes Invasions, l'installation des royaumes barbares, celtes et germains, la soumission d'autres peuples alamans, thuringiens, frisons, bavarois. Au VIe siècle, les royaumes méditerranéens maintiennent bien des traditions romaines. Au VIIe et au VIIIe siècle les influences barbares semblent l'emporter au moment où s'affrontent rois et aristocrates. Mais l'Eglise catholique qui d'abord s'était installée dans l'empire romain "passe aux Barbares", au risque de perdre beaucoup de ses valeurs. Elle baptise, se mêle des affaires temporelles, invente une nouvelle culture. Au milieu du VIIIe siècle est scellée une alliance entre rois francs et Eglise romaine qui détermine pour des siècles le destin de l'Occident. Ainsi ces trois siècles voient se créer l'Europe médiévale dont les Carolingiens feront par la suite une première ébauche.
Résumé : Comment évoquer le quotidien de la vie dans le haut Moyen-Age dans ce qu'il a de plus humble, alors que nous disposons d'une documentation rare et dispersée, essentiellement littéraire ? Il faut commencer par replacer l'homme carolingien dans son cadre géographique. A -t-il idée de la diversité de peuples, de langues, de coutumes de cet immense empire ? Comment se déplace-t-il ? D'autre part, il faut tenir compte de la faiblesse démographique : les Carolingiens sont perdus dans un monde naturel hostile. Ils se regroupent en villages, cités monastiques, résidences princières et villes. Dans la société carolingienne, s'opposent deux groupes : les puissants aristocrates laïcs et ecclésiastiques, gravitant autour de la cour royale, qui, par leur éducation, leur genre de vie, leur aptitude à la guerre, leurs richesses, dirigent l'empire. Les autres, les paysans libres ou esclaves, les marchands, les juifs, dépendent étroitement des puissants. Les Carolingiens sont aux prises avec les problèmes de la vie matérielle. Il faut exploiter la terre pour se nourrir difficilement ; les artisans ruraux et urbains fabriquent de quoi se vêtir, s'équiper et se loger. L'époque carolingienne est réputée pour être l'âge de renaissance intellectuelle et religieuse. Ecoles et ateliers de scribes sont à l'origine du renouveau. Les clercs et les moines ont le monopole de la culture. Ils éduquent les aristocrates laïcs et assurent le "salut " du peuple. Toute la vie religieuse est centrée sur la prière liturgique. Les Carolingiens qui vivent difficilement par suite des guerres et des fléaux, doivent rechercher des protecteurs ; d'abord le roi, premier justicier, mais aussi les grands, et enfin l'Eglise.
Gerbert "fut un philosophe et un savant curieux de tout, passionné de mathématiques comme d'astronomie, aussi bon connaisseur de la science arabe que de la culture antique. Elevé à Saint-Géraud d'Aurillac et formé en Catalogne, écolâtre de la cathédrale de Reims (c'est-à-dire responsable de l'un des, tout premiers centres d'enseignement en Occident), il fut le plus grand" intellectuel "de son temps. Abbé du très riche monastère italien de Bobbio, archevêque de Reims, puis de Ravenne, avant d'occuper le trône de saint Pierre de 999 à 1003 sous le nom de Sylvestre II, ce simple moine auvergnat à la personnalité très affamée sut être, au terme d'une surprenante ascension sociale, un homme d'influence et de pouvoir. Grand politique, il fut le précepteur et l'ami de l'empereur Otton III, et l'élection d'Hugues Capet ne se serait pas faite sans son intervention auprès du haut clergé franc... Enfin, c'est grâce à ses initiatives que virent le jour les Eglises nationales de Hongrie et de Pologne qui sont aujourd'hui parmi les plus florissantes. Qu'il s'agisse des affaires politiques, des problèmes religieux, du débat des idées, il a imprimé sur la fin du XIe siècle sa marque indélébile. Le premier pape français est bien l'homme clé de l'an mil."
Lorsque Philippe le Bel fit arrêter les Templiers en 1307, l?Histoire tournait une page: les tempsmodernes, illustrant le triomphe du temporel sur le spirituel, commençaient. L?ordre militaire leplus prestigieux de la chrétienté, qui avait défendu le royaume de Jérusalem pendant près de deuxsiècles au prix de très lourds sacrifices, était sur le point d?être définitivement abattu par le roi deFrance. Leur arrestation massive, minutieusement préparée, fut une gigantesque opération policière: elle stupéfia l?opinion, pris de court le pape Clément V, accabla l?honnête grand Maître de l?Ordre, Jacques de Molay. S?ensuivit une parodie de justice orchestrée par l?inquisition: accusations mensongères, lavages de cerveaux, séances de tortures savamment graduées. Lâchetés et actes d?héroïsme, trahisons et coups de théâtre se succédèrent jusqu?à la suppression du Temple et la mort sur le bûcher de Jacques de Molay en 1314. C?est ce mécanisme diabolique que GeorgesBordonove a mis à plat avec son talent de narrateur. Démontrant l?indigne falsification des chargespesant sur les inculpés, il laisse la vérité s?imposer d?elle-même qui plaide en faveur des victimesde la tragédie.
Société de pensée, ordre initiatique, association philosophique, communauté fraternelle ou simple réseau politique, la franc-maçonnerie demeure, pour beaucoup, environnée d'ombres, de secrets et de fantasmes. Née au début du XVIIIe siècle, d'une fondation britannique dont elle s'est affranchie très vite, la maçonnerie a su développer, en France, une identité originale et multiple. "Religion avortée" selon la formule du mathématicien Lagrange, attachée à des rites et des symboles plongeant dans un ésotérisme parfois déroutant, elle a aussi, et dans un même mouvement, fait place à l'esprit des Lumières en pratiquant les vertus du discours et de la raison critique. C'est pourquoi certains ont voulu y voir l'une des sources intellectuelles de la Révolution française. Au XIXe siècle, elle s'est résolument impliquée dans la vie sociale du pays, ce qui l'a conduite à exprimer des conceptions civiques et parfois politiques pour devenir, entre 1870 et 1940, une véritable "Eglise de la République". Au détour de la Seconde Guerre mondiale, après la terrible persécution subie sous l'Occupation, la franc-maçonnerie française, perdant peu à peu de son influence sur les lieux de pouvoir, s'est enfin définie jusqu'à nos jours comme une puissance morale, défendant la laïcité, la tolérance, la dignité humaine, la liberté de l'esprit. Première étude d'ensemble publiée sur ce sujet depuis une quarantaine d'années, ce livre va à la rencontre de ses pionniers, de ses héros comme de ses adeptes obscurs, en découvrant ses hauts faits comme ses petites misères, ses fulgurances comme ses moments les plus faibles, ses rêves inachevés comme ses accomplissements. C'est en effet de cette mosaïque inimaginable qu'est composée son histoire presque trois fois séculaire.
D'un essai enlevé sur les caricatures à un autre, magnifique, sur le plaisir de peindre, en passant par une analyse du gouvernement parlementaire et des problèmes économiques, Winston Churchill partage avec son lecteur les sujets divers et parfois inattendus qui l'occupaient dans l'entre-deux-guerres. On avait découvert un écolier turbulent, un soldat courageux et un écrivain prometteur dans Mes jeunes années. On retrouve ici un homme tout aussi aventureux, dont l'expérience s'est considérablement enrichie, la vision du monde et de la société sensiblement affinée et dont la vivacité de style reste un grand plaisir littéraire. A travers cette collection de pensées, de souvenirs, de réflexions et même de prédictions se dégage une philosophie profonde et originale.
La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire. De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français". Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.