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THEORISER ET COMPRENDRE L' UVRE D'ART DE LA MODERNITE A NOS JOURS
RIBON MICHEL
L'HARMATTAN
26,50 €
Épuisé
EAN :9782296125926
Il y a un vif contraste entre la tradition spéculative de l'art, née au début du XIXe siècle, et les formes éclatées de l'art moderne et contemporain. Les doctrines de l'art qui regroupent des philosophes et des poètes romantiques et se prolongent de nos jours entendent théoriser et normaliser l'art en le soumettant aux impératifs d'un savoir extatique : l'art ouvert à la vie de la nature et du cosmos serait révélateur de l'être. Tel serait le pouvoir sacral de l'art. Plutôt que de partir d'un savoir doctrinal pour espérer rejoindre les oeuvres, peut-être vaut-il mieux répondre à une question essentielle : comment comprendre une oeuvre d'art qui se présente comme une quasi-personne, c'est-à-dire comme un être vivant et spirituel qui se donne un ton et un style et qui, par l'ampleur et la nouveauté de sa vision, élabore son contenu de vérité ? Par là, on peut espérer comprendre l'oeuvre de notre époque, tourmentée par une liberté sourcilleuse que ne vient borner aucun critère, aucun repère, aucun modèle et qui ressemble à un laboratoire de recherches. En ces temps de détresse et d'exaltation où peintres et écrivains font prévaloir le thème de la catastrophe, le pouvoir sacral de l'art, affaibli, n'a pas disparu : en transfigurant le réel, l'" aura " de l'oeuvre d'art consacre l'alliance de l'horreur et de la beauté, de la répulsion et du plaisir.
Résumé : Le poids de la tradition classique a longtemps verrouillé la réflexion sur la laideur. C'est que la chose laide, dès qu'elle surgit devant nous, repousse tout notre être dans la nausée ou le dégoût, la répugnance, l'indignation ou la révolte. Par-delà les trois sphères de sensibilité qu'elle affecte (celles du corps, de l'intelligence et de la moralité), la proximité du laid est ressentie, dans une sorte d'angoisse métaphysique, comme une atteinte à la dignité et à l'identité de notre être. Dans sa présence agressive, la laideur ne serait-elle pas la figure hideuse de ce tout-Autre qui menace d'ébranler notre être et de le submerger dans les ténèbres du chaos et les remous de l'informe originel ? Mais, par sa fascination même, la laideur, qui multiplie dans le réel ses figures d'archipel, se propose à l'artiste comme un défi à relever : qu'elle soit physique, morale, sociale ou existentielle, l'artiste ne se borne pas à la débusquer, à la nommer, à la dénoncer ; il entend la domestiquer ; mieux encore il la transfigure : le repoussant devient attirant, l'inhabitable habitable, l'immonde un monde, la blessure lumière. En nous offrant de "belles laideurs", l'art, dans sa générosité, nous révèle sa vocation intégratrice et rédemptrice, dont la stratégie et les dispositifs méritent d'être explorés. L'archipel de la laideur : un puissant levain esthétique ? La question de la laideur dans ses rapports à l'art est double : c'est celle de la laideur dans l'oeuvre (du référent ou du représenté) et celle de la laideur de l'oeuvre (de la représentation). Délicate, cette seconde question est incontournable, en dépit du quasi-effacement actuel de la notion de beau. Mais peut-on déterminer avec assurance les critères du jugement de goût ou de dégoût porté sur une oeuvre ? Qu'est-ce enfin qu'une oeuvre belle et une oeuvre qui ne l'est pas ? Et qu'est-ce qui fait la laideur de cette dernière lorsqu'elle provoque en nous autre chose que de l'indifférence ?
Résumé : Les choses nous regardent et nous regardons les choses comme s'il existait une intime connivence entre la nature et l'homme. Fruit de cette connivence, un contenu de vérité se dépose toujours dans l'?uvre d'art. Il y a une métaphysique latente en tout art ; on peut même dire qu'il y a une dimension de sacralité ou d'épiphanie en tout grand art qui nous fait l'offrande de son aura. Certes, l'art a toute l'apparence d'un jeu, mais c'est un jeu très sérieux puisque dans son inlassable quête de l'originaire, il tente de dévoiler l'être. C'est pourquoi, issus tous deux de la même source intuitive, l'art et la philosophie demeurent deux entreprises parallèles d'exploration et de fondation du réel, et toutes deux complémentaires. Le philosophe, de manière réflexive, parle de la nature qu'il tient à distance de ses concepts et de sa rationalité critique. Au contraire, déchirant la trame de cette objectivité, l'artiste fait parier et chanter les choses qui le regardent comme si elles sollicitaient de lui leur transfiguration. L'art, en se rendant présent dans le réel, nous le rend plus précieux parce que plus habitable. C'est en raison de cette perpétuelle sollicitation - faire voir l'invisible dans l'enchantement du visible - à laquelle il répond généreusement, que l'art ne saurait mourir.
Pourquoi écrire ? Quête audacieuse et aventureuse d'une demeure, l'écriture est la reconstruction d'un monde et de soi. Emportés par une aventure de l'imaginaire, " les mots veulent qu'on les rêve en les nommant ", tout en acceptant que la plume qui les orchestre les mette en rapports pour leur conférer des vies multiples et les accorder au monde des êtres et des choses qui s'en trouvent transfigurés. Ecriture de l'autre (dans la biographie par exemple) ou de soi (comme dans l'autobiographie), elle est toujours soucieuse de saisir la verticalité de l'œuvre qu'on ne doit pas rabaisser à la vie de son auteur, soucieuse aussi de dresser la figure de l'écrivain au-dessus des aléas du temps horizontal. Car l'œuvre d'un écrivain de talent (dont le secret inavoué est peut-être le transcendantal de toute création) possède le statut d'une quasi-personne définie par l'ambivalence de ses silences, par son ton et son style, par l'ampleur et la nouveauté de sa vision et de son souffle, enfin par son contenu de vérité qui, quels que soient ses thèmes, chante dans le corps de l'œuvre pour lui conférer son effet de présence sacrale. Le thème de la catastrophe, lui, dès la naissance de l'ère de la modernité, semble, dans la littérature comme dans tous les autres arts, avoir prévalu sur les autres thèmes, jusqu'à tenter d'appréhender ou de peindre l'horreur absolue : pour témoigner, dénoncer, apaiser ou conjurer. Mais, toujours, le grand écrivain sait transfigurer les figures du désastre et de la catastrophe et rendre même crédible sous sa plume une alliance de l'horrible et de la beauté. C'est parce qu'il est le cérémonial d'un rite et qu'il a souvent la vertu d'un viatique, que l'acte d'écrire rend irremplaçable l'utilité du livre.
L'auteur de ce livre a connu l'horreur inqualifiable des camps nazis. L'heure est venue pour lui de chercher à dire pourquoi il a survécu à une telle épreuve et comment : quelle force et quelles énergies enfouies en lui et conjuguées à la chance et au hasard, lui ont permis de lutter contre toutes les figures de la Mort multipliées chaque jour par le système concentrationnaire ? Il lui apparaît que cette force de résistance résulte d'une série d'expériences initiatiques dont les stratifications successives remontent jusqu'aux premières années de son enfance. Chacun de ces épisodes a transmis à l'enfant, à l'adolescent et au jeune adulte une nouvelle dynamique pour affirmer la vie. L'auteur, dans cette sorte de récit autobiographique, refuse la continuité banale d'un temps horizontal mortifère, pour lui préférer le temps vertical, c'est-à-dire le temps des sursauts et des cou-pures, le temps de l'amitié, de l'admiration, de l'indignation et de la colère : le temps de la régénération, donateur ou créateur, d'une vie prise à bras-le-corps pour tenter de la transfigurer, dans des situations-limites parfois les plus désespérées.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.