Matthieu Gafsou Notre relation au monde change. Le futur est désormais vu comme un horizon inquiétant. Le point de départ de ce projet vient certainement de la transformation qui s'est opérée dans ma relation au monde : l'effritement d'une vision d'avenir sereine, l'apparition de l'angoisse. Il s'agit d'explorer la notion d'effondrement, considérée comme un nouveau récit de civilisation. [... ] Matilda Holloway Un curieux aura entoure l'idée du laboratoire. Entre hypothèses, mesures, observations, expériences et découvertes, le laboratoire scientifique retient un formidable potentiel d'imaginaire, incarne une place forte de la connaissance. La dimension structurante des savoirs qui s'y modèlent est fascinante ils orientent notre conception du et rapport au monde, tout en conservant un versant mystérieux. [... ] Manon Lanjouère De tout temps, l'homme observa la voûte céleste. Toujours présente au-dessus de sa tête, les planètes et les étoiles ont stimulé l'imagination de l'homme, suscité''
Lorsqu'il parcourt la planète, Jacques Borgetto observe les signes et les formes que la réalité s'amuse à lui offrir, la restituant en une mosaïque d'images dont le montage cut permet de révéler des correspondances inattendues : entre une petite fille noire à la robe blanche portant un bouquet de fleurs et l'océan roulant sur des rochers, entre des jeux de plage et une chapelle de campagne, entre une antenne de télévision et une cage à oiseaux, entre une mère protégeant son enfant sous un parapluie et la place d'une ville anonyme photographiée derrière une vitre. Ayant évacué la lourdeur de la chambre 4 x 5 pour la légèreté du téléphone portable, la précision technique pour le geste libre de la petite boîte de vision tenant dans la poche, le photographe globe-trotteur a parié sur l'instantanéité de ce qui surgit plutôt que sur le dispositif qui construit de la belle image. [...] Fabien Ribery
Résumé : Découvrez le travail emblématique de Carole Bellaïche dans son nouveau livre, une célébration poignante de l'art photographique. Avec un démarrage précoce dans son appartement familial parisien, Bellaïche a capturé la beauté des célèbres et des anonymes avec la même verve, révélant ainsi leur aura unique. Cet ouvrage, réalisé dans le cadre de sa résidence du Champ des impossibles dans le Perche, nous offre une perspective nouvelle et touchante sur le vieillissement. Malgré l'éloignement de son milieu habituel, elle est restée fidèle à son éthique de capturer l'essence de chaque individu dans une image juste. Elle se plonge dans l'inconnu, prête à explorer ce terrain vierge avec la même passion pour l'authenticité et la relation humaine qui caractérise son travail. Que vous soyez un amateur d'art ou simplement à la recherche d'un aperçu de l'âme humaine à travers l'objectif, ce carnet de Carole Bellaïche offre une expérience inoubliable qui transcende le temps et l'espace. Rejoignez Carole dans son voyage vers le Perche, une région qu'elle n'avait jamais explorée auparavant, et découvrez comment, peu importe que l'on ait vingt ans ou quatre-vingts, chaque visage détient une présence, une singularité et une intimité d'une valeur universelle. Carole Belaïche a développé une relation profonde avec le Perche lors de sa résidence, capturant de nombreuses images. Son approche photographique visait à trouver la beauté chez les autres. Elle attachait une grande importance au choix du décor, cherchant à établir une connexion personnelle avec chaque modèle. Les maisons normandes du Perche représentaient un défi en raison de la courte lumière et des intérieurs sombres, mais Carole Belaïche parvenait à créer des rayons de lumière évocateurs. Les lieux surprenants du Perche ont inspiré ses portraits sans repérages préalables. Carole Belaïche a vécu son séjour dans le Perche comme une offrande à son regard, rendant ainsi son interprétation visuelle de la région.
Pourroy Colette ; Ribery Fabien ; Salaün Maurice ;
Un bébé sur un quai de gare que serre sa maman sur son coeur, un père qui repart à la guerre en 1916, après une courte permission donnée pour la naissance de son enfant, puis une explosion, le désastre, la mort. Cet homme nié est le grand-père de Colette Pourroy, dont le fils sidéré, privé de mots, devint mutique. Rien n'aura été transmis que le silence, qui réunit dans la séparation, et la douleur qui mènera à soixante-treize ans une veuve vers le suicide par noyade, la bouche remplie de l'eau létale de l'histoire du crime de son siècle. L'appareil photographique de la petite-fille ne cessant, livre après livre, d'interroger sa généalogie familiale, est une fabrique de fantômes, une chambre d'écho pour une parole absente. Un cahier est ouvert sur un fauteuil au tissu élimé, l'écriture est encore lisible, mais les noms sont recouverts de suie. Dans son dialogue intérieur avec l'indicible, Colette Pourroy interroge le néant.
Patrice Dion reproduit ses photographies sur des feuilles d'arbre grâce à l'action du soleil : c'est l'Hélio-Chhlorophylle-Type. Le livre PAN joue sur la relation entre la feuille d'arbre, support des photographies de Patrice, et la feuille de papier choisie pour leur reproduction. Il s'agit de retrouver la sensation que nos doigts ressentent en touchant une feuille naturelle. Au-delà de cette technique n'utilisant ni chimie, ni source électrique, Patrice crée un univers de résonances en accordant le fond et la forme. Une narration se découvre le long des nervures, avec les personnages, animaux, figures abstraites des photographies dont certains détails sont isolés et agrandis. L'enchaînement entre les pages simples et les doubles pages plonge le lecteur dans une atmosphère onirique parsemée de souvenirs dont les feuilles sont les gardiennes. L'auteur Fabien Ribery dissémine ses mots comme des flèches dans les pages. PAN questionne notre place dans l'univers en tant qu'êtres humains.
Cet ouvrage est le premier volume d'une monographie qui en contera deux.Il se fait l'écrin d'une rétrospective dédiée au travail de Gilbert Garcin. Cette édition rassemble une sélection de 65 photographies.A noter qu'un texte inédit de Marie Darrieussecq accompagnera ce livre.Les précédents ouvrages étant épuisés ce premier tome sortira en lien avec une grande exposition de Gilbert Garcin aux Rencontres de la photographie d'Arles pendant l'été 2013.
En ouvrant en juin 1983 un travail d'une année à Saint-Jean-Brévelay et dans les communes environnantes du Morbihan, le photographe Guy Hersant répondait en voisin lorientais d'alors, à une commande de la BPI du Centre Pompidou à Paris. A cette l'époque, la campagne bretonne bruisse sous le vent d'une modernité qui déferle depuis les années soixante en remembrement, en mécanisation, en stabulations libres et en salles de traite, en ensilage de maïs, en bâtiments d'élevages qui s'affranchissent de la vieille architecture des fermes, en décohabitation des jeunes agriculteurs d'avec les anciens, en coopératives, en Politique agricole commune de ce qui était encore la Communauté économique européenne. La mission photographique avait pour but de témoigner de ce grand virage de la Bretagne agricole dont le Groupe d'études en sociologie rurale du CNRS- organisme partenaire du projet avec la BPI - avait déjà observé les amorces dans la commune à partir justement de ces années soixante.