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Introduction à la philosophie des sciences
Rheinberger Hans-Jörg ; Jas Nathalie
LA DECOUVERTE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782707178244
De Gaston Bachelard et Ludwik Fleck en France et en Allemage à Thomas Kuhn aux Etats-Unis, en passant par Edmund Husserl et Martin Heidegger ou Alexandre Koyré, et jusqu'au tournant anthropologique des années 1980, un tour d'horizon des XIXe et XXe siècles et de la réflexion sur les sciences, toujours plus complexe et motivée par une approche sociohistorique. Si le XIXe siècle a connu, dans la philosophie des sciences, l'ascension du positivisme, le XXe siècle a commencé par une crise de la pensée positiviste sans qu'une solution ou même une alternative se soient dessinées à l'horizon. Cette crise a donné lieu à une réflexion complexe sur les sciences, motivée par une approche sociohistorique. Consistant initialement à historiciser la philosophie des sciences, elle a abouti au développement de diverses formes d'épistémologie historique. Ce mouvement, qui s'est déployé tout au long du XXe siècle, est à situer dans le contexte de la dynamique des sciences et des évolutions sociales et culturelles de cette période. Cette introduction présente les positions les plus notables qui ont marqué ce procès d'historicisation de l'épistémologie. Elle parcourt ce mouvement, de ses premiers développements, en France et en Allemagne au XIXe siècle, à ses plus récentes formulations. Ce tour d'horizon offre une synthèse précise et claire d'un espace de réflexion qui n'a cessé de se diversifier, et qui, par sa pluralité, continue de fournir des outils conceptuels essentiels pour penser la science et son histoire.
Entre la Moselle et la Catalogne s'étend une mosaïque de paysages, de langues et d'histoires. Dans ce texte, qui tient du récit comme de l'essai, Eugène Reinberger raconte son voyage à travers les régions de France, à la rencontre des hommes et des femmes qui les peuplent - ou les ont peuplées. Au cours de son périple, accompagné de son chien Wiko, il songe à la richesse linguistique des cultures locales, forgées par des milliers d'années d'Histoire, depuis les hommes préhistoriques jusqu'à nos jours, en passant par l'époque romaine. Ce texte mêlant récits de vies, analyses historiques et réflexions sur l'effondrement des civilisations nous invite à penser la préservation de nos identités et de nos territoires alors que de nouvelles menaces existentielles se profilent.
La rencontre entre le graveur sur cuivre Albert Flocon et le philosophe de la science Gaston Bachelard reste peu connue du public. Pourtant, elle semble tout à fait emblématique des influences réciproques entre la philosophie et l'art, le travail de l'esprit et celui de la main. Tous deux enracinés dans le surréalisme, mais chacun à sa manière, Bachelard et Flocon s'aventuraient régulièrement aux frontières de leur métier pour explorer des terres encore inconnues. Bachelard, se réclamant d'une "raison sauvage" et d'un principe expérimental radical, choisissait les objets de sa pensée selon leurs promesses insistantes. Il n'en reconnaissait pas moins dans les oeuvres du bricoleur Flocon sa propre "philosophie au travail" - un travail où sa raison pouvait toujours être remise en jeu. Sous la forme d'une double biographie, Hans-Jörg Rheinberger parvient à composer une histoire intellectuelle lucide tout en présentant une fascinante lecture illustrée des cuivres d'Albert Flocon.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.