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Mémoires d'un antisémite
Rezzori Gregor von
OLIVIER
21,30 €
Épuisé
EAN :9782879293714
Skoutchno est un mot russe très difficile à traduire. Cela signifie plus que morne ennui : c'est un vide de l'âme qui vous aspire de manière indéfinie mais vive vers une nostalgie prenante, telle une vague. Alors que j'avais treize ans, âge que dans le langage courant l'on désigne sous l'appellation d'"âge ingrat", mes parents ne savaient plus à quel saint se vouer. Nous habitions en Bucovine. [...] Mais ce que je veux raconter m'apparaît aussi lointain dans l'espace et le temps que si je n'avais fait que le rêver. Et pourtant tout a commencé comme une histoire très ordinaire. " Cette Mitteleuropa à jamais disparue, Gregor von Rezzori la recrée dans un livre admirable, où résonne un murmure, celui " de la vraie vie perdue, de la promesse de bonheur qui s'est dissoute " (Claudio Magris). Roman d'initiation - à l'Histoire, aux femmes, à l'altérité -, Mémoires d'un antisémite nous parle de passions délétères, d'obsessions morbides, de crimes inavoués. C'est le livre du déracinement et de l'errance. De Czernowitz à Bucarest, de Vienne à Rome et à Munich, son héros découvre ce qui sera la question de son existence, ce moi fragmenté, flottant, porteur d'un pessimisme absolu, mais aussi d'une légèreté et d'un humour qui seuls peuvent rendre la vie supportable. " Voici un roman qui s'attaque - sans réprobation, sans illusions ni jugements moraux superficiels, tour à tour engagé et détaché, drôle et triste, tendre et cruel - au phénomène de l'antisémitisme, [...] cette tragédie qui a changé la face de l'Europe et du monde. " Bruce Chatwin
Rezzori Gregor von ; Mazellier Catherine ; Lajarri
Un roman brillant et ambitieux qui évoque l'oeuvre de Joseph Roth. L'histoire se déroule dans lespremières années de l'immédiat après-guerre, c'est-à-dire après la disparition de l'empire desHabsbourg, et communique le sentiment d'égarement et de confusion qui s'ensuivit. Symbolique decette fin tragique est le destin de Tildy, hussard de l?armée austro-hongroise, avec sonanachronique sens de l?honneur et de l?obéissance. Une allusion maladroite à Mme Koralewitsch,une demi-soeur de sa femme, le conduit à provoquer en duel deux de ses supérieurs qui, au lieu del?affronter, le font enfermer dans un asile d?aliénés. Lorsqu'il en sort, il décide de tuer l'un d'euxpour laver son honneur, mais la balle qu?il lui destine ne fait que l?effleurer, la vengeance tourne autragi-comique. Tildy se réfugie dans un tripot où il prend conscience, trop tard, de l?absurdité deson combat. La fin de ce personnage, qui ne meurt ni au front ni en duel, mais écrasé par untramway, est l?une des scènes les plus fortes du livre. Représentant pathétique d?un ordre révolu,Tildy agit avec autant de bravoure et d?inconscience que l?hermine du titre, dont la légende prétendqu?elle meurt dès que son pelage est souillé. Ce roman extraordinaire est un tableau sombre etironique du monde habsbourgeois abordé par l?atmosphère irréelle de ses confins, une transfiguration qui n?idéalise pas plus le passé qu?il n?en dissimule les fractures. Le texte que nousproposons est une nouvelle traduction. En effet, la traduction de Louise Servicen, publiée en 1961chez Gallimard sous le titre L?Hermine souillée, apparaît aujourd?hui datée parce qu?elle recouraitassez souvent à une langue inutilement archaïsante qui aplanissait le ton ironique et satirique dutexte allemand, en plus d'être incomplète car l'auteur a remanié son roman à plusieurs reprises.
Hanna Axmann Rezzori (1921-2000), fut peintre, actrice, décoratrice et écrivain. Son destin recouvre le siècle et se trouve à la croisée d'autres destins. Fille d'un industriel allemand, Juive par sa mère, elle passe la guerre en Suisse avant d'aller à New-York puis à Hollywood. Elle retourne en Allemagne après la guerre et participe à l'émergence du Nouveau Cinéma dans les années 60. Elle s'installe, après cela en France, à Saint-Firmin-sur-Loire. Elle aura croisé Chaplin, Marlène Dietrich, Kirk Douglas, John Houston, mais surtout Nicholas Ray et Joseph Losey. Son premier mari sera l'acteur américain Ed. Tierney et le second l'écrivain Gregor von Rezzori. En Allemagne, elle finance le premier film de Fassbinder. Ami aussi de Volker Schöndorff, elle apparaît dans son adaptation des Désarrois de l'élève Törless et est la costumière de son Michaël Kohlhass. Le catalogue, outre la présentation de son travail de peintre, contient une riche iconographie. De nombreuses photographies (photos de studios, de plateaux, etc.), documents (affiches, livres, manuscrits, etc.).
La Bucovine, vous connaissez ? D'abord turque (en 1538), puis autrichienne (en 1775), austro-hongroise (en 1867), roumaine (en 1919), soviétique (en 1940) puis de nouveau roumaine (en 1941), avant de redevenir soviétique en 1947, elle fait partie de la République d'Ukraine depuis 1991. Une région magnifique, avec ses forêts, ses rivières, ses douces collines. Et Czernowitz, la capitale, ville natale de Manès Sperber, de Paul Celan, d'Aharon Appelfeld et de Gregor von Rezzori. C'est là que s'enracine Neiges d'Antan, souvenirs d'un aristocrate errant - ses " vrais " mémoires au regard des affabulations magnifiques des Mémoires d'un antisémite.Mais Rezzori demeure avant tout un écrivain, et ce livre, loin de toute nostalgie, est une suite de portraits extraordinaires d'où émergent son père, sa mère et sa soeur. Et sa nourrice Kassandra, sorte d'être primitif, carnavalesque, dont le comportement fantasque le marquera à jamais. En même temps, Rezzori scrute les lignes de rupture politiques et idéologiques qui, sous la surface des choses, cheminent de manière invisible, préfigurant l'effondrement total et définitif d'un monde aujourd'hui disparu.
Résumé : C'est l'histoire d'une famille. Un père, une mère, deux enfants nés d'unions précédentes. Le père et la mère sont écrivains. Ils se sont rencontrés lors d'un projet où ils enregistraient les sons de New York, de toutes les langues parlées dans cette ville. C'est l'histoire d'un voyage : la famille prend la route, direction le sud des Etats-Unis. Le père entreprend un travail sur les Apaches et veut se rendre sur place. La mère, elle, veut voir de ses yeux la réalité de ce qu'on appelle à tort la " crise migratoire " touchant les enfants sud-américains. A l'intérieur de la voiture, le bruit du monde leur parvient via la radio. Dans le coffre, des cartons, des livres. C'est l'histoire d'un pays, d'un continent. De ces " enfants perdus " voyageant sur les toits des trains, des numéros de téléphone brodés sur leurs vêtements. Des paysages traversés et des territoires marqués par la chronologie, les guerres, les conquêtes. C'est l'histoire, enfin, d'une tentative : comment garder la trace des fantômes qui ont traversé le monde ? Comment documenter la vie, que peut-on retenir d'une existence ? Et enfin : comment parler de notre présent ? Avec Archives des enfants perdus, Valeria Luiselli écrit le grand roman du présent américain. Mélangeant les voix de ses personnages, l'image et les jeux romanesques, elle nous livre un texte où le propos politique s'entremêle au lyrisme.
Dublin, de nos jours. Frances et Bobbi, deux anciennes amantes devenues amies intimes, se produisent dans la jeune scène artistique irlandaise comme poètes-performeuses. Un soir, lors d'une lecture, elles rencontrent Melissa, une photographe plus âgée qu'elles, mariée à Nick, un acteur. Ensemble, ils discutent, refont le monde, critiquent le capitalisme comme les personnages de Joyce pouvaient, en leur temps, critiquer la religion. Ils font des photographies, ils écrivent, ils vivent. C'est le début d'une histoire d'amitié, d'une histoire de séduction menant à un " mariage à quatre " où la confusion des sentiments fait rage : quand Frances tombe follement amoureuse de Nick et vit avec lui une liaison torride, elle menace soudainement l'équilibre global de leur amitié.Mais Conversations entre amis n'est pas qu'une banale histoire d'adultère : c'est avant tout le portrait attachant, empathique, des jeunes gens contemporains, ces millenials qui ne parviennent pas à trouver leur place dans le monde que leur ont laissé leurs aînés. La voix de Frances, poétique, désinvolte, parfois naïve, d'une extraordinaire fraîcheur est, par de multiples aspects, celle de sa génération.
Résumé : Décembre 1930, vacances de Noël. Gibbsville, petite bourgade tranquille de Pennsylvanie, est en pleine effervescence. On y danse et on y boit, dans les bars louches comme dans le milieu très fermé de l'élite locale. Parmi les membres de cette élite se trouvent Julian et Caroline English. En pleine réception, Julian lance le contenu de son verre à la figure de Harry Reilly, sans raison apparente... simplement par agacement. Sans qu'il le sache, ce geste impulsif vient de précipiter Julian English dans une spirale autodestructrice qui va durer quarante-huit heures : après avoir cherché secours dans l'amour de sa femme et de ses amis, dans l'alcool, dans la fuite, il aura finalement à se rendre à ce " rendez-vous à Samarra ", qui est un rendez-vous avec la mort.
Résumé : Au départ, il y a l'incendie. Jean a oublié d'éteindre sous une casserole. Il en profite pour oublier aussi sa vie en abandonnant sa maison aux flammes. Acteur de séries B, il va désormais se contenter de survivre. La fiction devient son refuge, la vie elle-même une toile de fond. C'est dans cette atmosphère de désenchantement qu'il rencontre France Rivière, une actrice encore célèbre qui lui propose de s'installer chez elle. Puis son fils, Charles, un homme intrigant qui sort de l'hôpital psychiatrique. Jean s'attache à ses pas, perd sa trace, s'interroge sur son absence, qui le renvoie à celle qu'il éprouve face au monde. Dans ce roman à l'écriture tendue, Christian Oster évoque la dérive d'un homme qui interroge, de manière souvent cocasse, le renoncement dans lequel il s'est installé.