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Une question de taille
Rey Olivier
STOCK
23,00 €
Épuisé
EAN :9782234077652
Extrait Ambiance générale Prologue : la courte histoire du quartier Pruitt-Igoe Les grandes réalisations de l'architecte américain Minoru Yamasaki ont eu un triste destin. Le World Trade Center de New York, conçu dans les années 1960 et achevé au début des années 1970, a vu ses deux tours principales - hautes de plus de 400 mètres et, au moment de leur construction, les plus élevées du monde -, détruites le 11 septembre 2001 par l'impact d'avions de ligne détournés par des terroristes. Si Yamasaki avait été choisi pour édifier ce centre géant, c'est qu'il avait déjà de vastes ouvrages à son actif. Le premier et plus considérable d'entre eux, achevé en 1955, était un ambitieux programme de logement social à Saint-Louis dans le Missouri, comprenant 33 barres de 11 étages et 2870 appartements. Ce quartier portait le nom de Wendell Oliver Pruitt, un pilote de chasse afro-américain de la Seconde Guerre mondiale, et de William Léo Igoe, un ancien élu démocrate à la Chambre des représentants - double dénomination due au fait que, au début des années 1950, la ségrégation raciale dans le logement était encore en vigueur dans l'État du Missouri, et que certains immeubles devaient être réservés aux Blancs, d'autres aux Noirs (ségrégation qui se trouva abolie peu avant l'achèvement du programme). À regarder les photographies, on ne peut manquer d'être frappé par la taille du quartier Pruitt-Igoe, par le «brutalisme» revendiqué de son architecture, par l'indifférence totale des concepteurs à son insertion dans l'environnement. Ces traits n'ont rien de propre aux États-Unis, ni même à l'Occident : la propension au gigantisme et le mépris des lieux étaient plus accusés encore dans les pays communistes, et se retrouvent aujourd'hui dans les grandes villes de Chine et des pays dits émergents. Un certain esprit moderne triomphe dans la substitution, au monde naturel, d'un espace indifférencié où rien ne fait obstacle à la pensée, et plus spécialement à la pensée géométrique. Rilke, il y a presque un siècle, en avait fait le constat : «Où jadis était une maison stable se présente une production de l'imagination, mal fichue, relevant de la pensée seule, comme si elle se dressait encore tout entière dans le cerveau.» Cette soumission de la nature à la géométrie, et à une géométrie rudimentaire, passe par des moyens techniques aptes à être déployés de la même manière sur n'importe quel terrain : l'homogénéité de l'espace géométrique euclidien s'objective par l'intermédiaire d'engins d'arasement propres à rendre tout lieu équivalent à un autre. Le mot «bulldozer» est dérivé de bulldose, littéralement «dose pour un taureau», terme plus ou moins argotique qui aurait servi au XIXe siècle, en Amérique, à désigner une punition par le fouet particulièrement sévère infligée à un esclave, puis, aux lendemains de la guerre de Sécession, les intimidations, menaces, violences dont furent victimes les Noirs dans certains États du Sud. Les bulldozers étaient les hommes qui exerçaient de telles pressions et violences. Cette étymologie sinistre vient rappeler, à nos sensibilités émoussées par l'habitude, à quel point les engins de terrassement modernes sont agressifs et brutaux envers la terre qu'ils nivellent et uniformisent. Les villes anciennes étaient bâties selon la configuration des lieux, avec les matériaux locaux, et organisées autour d'un centre ; leurs extensions récentes se ressemblent toutes et sont sans polarité, elles pourraient s'étendre plus ou moins identiques à elles-mêmes, comme des flaques de sauce, jusqu'à l'infini. On apprend à se déplacer dans ces espaces urbanalisés (pour reprendre l'expression de Francesc Munoz) non plus en fonction de ce que l'on voit, mais des instructions du Global Positioning System qui nous situe sur une carte en fonction de données fournies par satellites : «conçu pour les déserts, l'instrument, aujourd'hui, est utilisé dans les villes». Comme le constatait déjà le Zarathoustra de Nietzsche, le désert croît.
Résumé : Plus le monde menace de s'écrouler, plus il faut abreuver les populations de promesses exorbitantes. Tel est le rôle du transhumanisme, qui prétend nous "augmenter" , nous doter de capacités faramineuses. Ces promesses sont autant de leurres, destinées à nous faire accepter l'artificialisation croissante de nos vies. Se détourner ? Cela n'est pas si simple. Le transhumanisme nous trompe parce qu'il joue en nous sur des ressorts puissants. Se donner une chance de désamorcer la fascination qu'il exerce, et le malheur qu'il propage, réclame de mettre au jour ce qui, dans nos façons de vivre et nos modes de pensée, nous rend si vulnérables à ses illusions. Olivier Rey est chercheur au CNRS, membre de l'IHPST, et enseigne la philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a publié deux romans, dont Après la chute (2014), et plusieurs essais, dont Itinéraire de l'égarement (2003), Une folle solitude. Le fantasme de l'homme auto-construit (2014), Une question de taille (2014), Quand le monde s'est fait nombre (2018). Leurre et malheur du transhumanisme a reçu le prix Jacques Ellul 2019.
Résumé : Qui ignore ce qu'est l'eau ? Chacun a une connaissance intime et immédiate de cet élément frais, liquide, miroitant et irrésistiblement attiré vers le bas. Comment en sommes-nous arrivés, dès lors, à laisser cet élément premier, si présent dans notre expérience de tous les jours, si prégnant dans notre imaginaire, si riche de symbolique, être défini par la laconique formule chimique H2O ? Que perdons-nous dans cette opération ? La science moderne s'est édifiée en répudiant les sensations, les impressions immédiates, au profit de la raison et des mesures : notre rapport au monde en a été bouleversé. Précisé à bien des égards, appauvri à d'autres. A présent qu'une chose aussi simple que l'eau devient une affaire d'analyse chimique et une ressource à gérer, on peut se demander : la science a tenu sa promesse de dévoiler le monde dans sa vérité ? Nous en a-t-elle rapproché, ou éloigné ? Dans cet essai brillant et sensible, Olivier Rey s'attache à retrouver ce que, chemin faisant, nous avons perdu de l'eau. De Léonard de Vinci à Bachelard et Ponge, en passant par Courbet, il remonte son cours, afin de rendre à l'eau sa dignité, et nous faire éprouver, grâce à elle, ce qui ne se laisse pas mettre en formule : la poignante volupté d'être au monde.
Alix, jeune doctorante en histoire médiévale, se heurte jour après jour au règne des chiffres, de la performance et de la quantité sur le monde. La jeune femme choisit l'exil volontaire pour donner un sens nouveau à son existence. Une quête de réalité et de salut, peinte avec ironie, qui passe par la nécessité de la littérature et de la poésie. Olivier Rey est chargé de recherche au CNRS. Il est notamment l'auteur d'Une question de taille, paru chez Stock en 2014 et de Quand le monde s'est fait nombre, paru en 2016 chez le même éditeur.
Résumé : Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres... Eduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Mais ce domestique astucieux sera aussi le témoin des événements de son temps, au moment où la Révolution française s'emballe. Narrateur candide au coeur de la Terreur, il fera au lecteur le récit picaresque autant que tragique de la dernière année de vie de son maître. Le 24 novembre 1793, sous le coup d'un mandat d'arrêt, le chimiste se cache un temps dans Paris. Une nuit durant, Balthazar le conjure de s'exiler. Son maître décide de se livrer. Sans répit, le fidèle valet court Paris pour apporter au Comité de sureté générale la pétition signée par des savants en faveur de son maître. Rien n'y fait. Une dernière chance subsiste. C'est sans compter sur les passions humaines, exacerbées par la Terreur. La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l'urgence sont racontées à hauteur d'homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l'Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais elle coûte cher, cette liberté.
Longtemps, je ne sus quasiment rien de Paol hormis ces quelques bribes arrachées.« Sous le régime de Vichy, une lettre de dénonciation aura suffi. Début septembre 1943, Paol, un ex-officier colonial, est arrêté par la Gestapo dans un village du Finistère. Motif : "inconnu". Il sera conduit à la prison de Brest, incarcéré avec les "terroristes", interrogé. Puis ce sera l?engrenage des camps nazis, en France et en Allemagne. Rien ne pourra l?en faire revenir. Un silence pèsera longtemps sur la famille. Dans ce pays de vents et de landes, on ne parle pas du malheur. Des années après, j?irai, moi, à la recherche de cet homme qui fut mon grand-père. Comme à sa rencontre. Et ce que je ne trouverai pas, de la bouche des derniers témoins ou dans les registres des archives, je l?inventerai. Pour qu?il revive. » J.-L.C.Le grand livre que Jean-Luc Coatalem portait en lui.Notes Biographiques : Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint à Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001, prix des Deux-Magots), Le Gouverneur d?Antipodia (Le Dilettante, 2012, prix Nimier), Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013), et, chez Stock, Fortune de mer (2015) et Mes pas vont ailleurs (2017, prix Femina Essai).
C'est l'histoire d'un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d'une cité. C'est l'histoire d'un été, saison dangereuse et violente. C'est l'histoire de Jérémie, de son obsession pour Sami. L'histoire d'une désertion aussi. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir.
Résumé : C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants ? dont le père de l'auteur?, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été "mouillé" dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler "L'homme sans visage", tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette "banalité du bien" ?
Résumé : Face aux signaux alarmants de la crise globale ; croissance en berne, tensions sur l'énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée, on cherche à nous rassurer. Les technologies "vertes" seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l'économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D. Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l'impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les "basses technologies". Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. Si l'auteur met à bas nos dernières illusions, c'est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.
Chaque année, l?Insee chiffre le nombre de pauvres en France (8,2 millions en 2011) sans jamais proposer toutefois de lecture sur l?organisation politique qui génère cette pauvreté. Les pauvres surgissent ainsi sur la scène sociale comme une masse importante que l?on va aider ou punir, selon les mérites ou les défauts de chacun, mais rarement comme le symptôme d?une défaite sociale. Tandis que la fraction la plus riche de la population ne cesse de s?enrichir, la pauvreté n?est plus un phénomène qui relève d?une responsabilité collective. C?est pourquoi Catherine Herszberg est allée demander à des inconnus non pauvres, selon le critère européen, pourquoi les pauvres sont pauvres. Cette démarche s?inscrit dans la continuité de celle qui l?a déjà poussée à observer le sort réservé aux fous emprisonnés (Fresnes, une histoire de fou, 2007). A nouveau, il est question d?hommes mis à l?écart de la société, qu?on est soulagé de ne plus voir, leur vie n?intéressant à peu près personne. Cette enquête pointe ainsi comment le phénomène de la pauvreté s?est détaché du politique, et de notions comme la justice ou l?égalité, pour relever au mieux d?un discours compassionnel, voire charitable. Ce divorce conduit à l?acceptation de ce fait social comme une fatalité, voire une nécessité. Acceptation renforcée par la certitude que le capitalisme mondialisé produit un surplus d?êtres humains "inutiles", surplus appelé à croître dans les années à venir. "Dès lors, la seule question qui se pose est celle-ci: qu?est-ce qu?on va bien pouvoir faire de ces hommes en trop?"
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.
Résumé : L'énergie est au coeur de la vie économique et sociale et le dérèglement climatique bouleverse des millions de vies. Pourtant les politiques de l'énergie sont aujourd'hui un monopole des experts et des multinationales. Cela doit changer ! Gouvernants et multinationales soucieux de gérer les apparences annoncent la "transition énergétique" sans limiter les émissions de gaz à effet de serre en deçà du seuil qui éviterait le dérèglement climatique qui s'accentue. Prendre au sérieux la crise climatique implique aujourd'hui de décider de laisser dans le sol une grande partie des énergies fossiles actuellement connues. Ceux qui s'y refusent, ceux qui étendent la logique extractiviste en forant toujours plus loin et toujours plus sale, ceux qui professent que la privatisation, la finance ou la technologie vont sauver le climat agissent comme de dangereux et irresponsables climatosceptiques. Sur leur chemin se dressent celles et ceux qui ne se résignent pas au naufrage planétaire. Contre l'extractivisme, les hydrocarbures de schistes, les grands projets inutiles et la marchandisation de l'énergie et du climat, ils inventent aujourd'hui les contours d'un monde décarbonné, soutenable et convivial de demain. Il est temps de sortir de l'âge des fossiles et une véritable transition est en marche !