L'écologie n'est pas seulement affaire scientifique, éthique ou politique ; elle est affaire spirituelle, métaphysique, car c'est le sens même de la condition humaine dans le monde qui est concerné. Avec Hélène et Jean Bastaire, nous entrons dans la contemplation de Dieu, et de son projet pour la création et la créature humaine en son sein. Il s'agit d'accueillir le don de la création et de susciter le désir de l'engagement pour la sauvegarde de la maison commune - pour reprendre les termes de l'encyclique du pape François. Mais le mot "désir" est trop faible : c'est à une véritable "insurrection" qu'appelle le couple Bastaire. Comprendre la place qu'occupe la création dans le regard de Dieu, c'est devenir proprement scandalisé par le traitement qu'on lui inflige aujourd'hui. Et le moteur de l'insurrection n'est rien d'autre que la force et l'énergie de la Résurrection du Christ . Fabien Revol est théologien. Après avoir enseigné à l'Université catholique de Lyon, il est directeur du Centre Hélène et Jean Bastaire à Berganty (Lot). Le P. Bertrand Cormier et Sylvie Challamel sont membres de la fraternité des Petits Frères et Petites Soeurs de la Création.
La théorie de l'évolution peut-elle être interprétée chrétiennement ? La réponse est oui. Grâce au concept de création continuée. Une proposition d'interprétation théologique audacieuse du discours scientifique sur la transformation du vivant. Une rénovation de l'intelligence. Comment la science et la foi peuvent-elles éclairer l'origine et le devenir du monde ? La révolution darwinienne contreditelle vraiment les intuitions de la Bible et les représentations de l'Eglise ? Un chrétien est-il en droit de penser à nouveaux frais la théorie de la relativité ? Et la théorie de l'évolution ? Oui, répond à toutes ces questions Fabien Revol. Tel est le pari qu'il s'est fixé, en théologien et en philosophe, dans cet essai lumineux : concevoir les découvertes des sciences modernes comme une opportunité unique pour affiner notre compréhension de l'acte créateur de Dieu. Des récits scripturaires aux acquis de la physique et de la biologie, des conceptualisations de Thomas d'Aquin aux équations d'Albert Einstein en passant par les démonstrations de René Descartes, sans oublier les réflexions des meilleurs chercheurs contemporains, voici le vaste panorama, fondé et inégalé, d'un dialogue neuf entre la révélation et la raison. Une interprétation audacieuse du discours savant sur la transformation du vivant. Une rénovation en profondeur de notre intelligence de l'univers. Un livre fascinant.
Vaincre, au plein coeur de l'hiver et sans oxygène, le Nanga Parbat, cette montagne tueuse, immense pyramide de gneiss cuirassée de glace qui culmine au Pakistan à 8 125 mètres, c'est l'exploit qu'ont réalisé le 25 janvier 2018 Elisabeth Revol et son compagnon de cordée Tomasz Mackiewicz. Mais l'euphorie de la victoire sera de courte durée. A peine au sommet, l'aventure vire au cauchemar : Tomek est frappé de cécité. Comment dès lors espérer survivre, réchapper de cette " zone de la mort ", où l'oxygène se fait si rare que l'on peine à mettre un pied devant l'autre, où le froid et le vent sont si extrêmes que le gel menace à tout instant ? Dans ce récit captivant, Elisabeth Revol met ses propres mots sur cette tragédie et l'extraordinaire opération de sauvetage dont le monde entier s'est fait l'écho. Elle affronte ses souvenirs, sa terreur, sa douleur immense, le déchirement d'avoir survécu, seule, en un hommage poignant à son ami Tomek.
Résumé : Jean-Claude Chamboredon (1938-2020) n'aimait rien tant que le travail en atelier, dont il souhaitait ouvrir la porte aux débutants. Eveilleur de trois générations de sociologues, il a aussi été un chercheur inventif et rigoureux. Si le point focal de son travail était l'analyse de la socialisation, il contribua à l'étude des villes, à l'histoire sociale de l'art et plus généralement à la sociologie des formes culturelles. Il concevait la sociologie comme une entreprise de longue haleine fondée sur le collectif, la circulation des savoirs, l'ouverture disciplinaire. C'est pourquoi il s'était engagé aux côtés de Bourdieu et de Passeron, avec notamment Le métier de sociologue (1968), pour dessiner les contours d'un programme de recherche inédit et réaffirmer la scientificité de la discipline. Composé à plusieurs voix, Un sociologue de métier s'efforce de faire ressortir dans toute son originalité un projet, un style, des manières de faire, une trajectoire et une oeuvre puissante, qui reste largement à découvrir. Gageons que de nouvelles générations de chercheurs et chercheuses sauront y trouver les encouragements et les incitations dont elle est porteuse. Avec les contributions de Stéphane Beaud Stéphane Bonnhy Anne-Emmanuelle Demartini, Jean-Louis Fabiani, Pierre Fournier, Pierre Lassave, Jean-Philippe Mathy Sylvie Mazzella, Pierre-Michel Menger, EricMension-Rigau, Gérard Noiriel, Paul Pasquali, Jacques Revel Florence Weber et Pierre-Paul Zalio, ainsi que des textes de Jean-Claude Chamboredon.
Résumé : Peut-on tenir en même temps le discours religieux sur la création et le discours savant sur l'écologie ? Peut-on accepter que la métaphysique et la nature demeurent étrangères l'une à l'autre ? Peut-on trouver dans le christianisme des éléments afin que ces deux conceptions entrent en dialogue ? Peut-on rapprocher l'action créatrice de Dieu dans le temps telle que décrite par la théologie et les processus naturels mis en évidence par la science ? Une relecture ouverte de la Bible et des Pères révèle que cette tradition est à même de relever les défis de la culture moderne et les interpellations de la sensibilité contemporaine. La notion de temps de la création qui s'en dégage rejoint ce que la cosmologie scientifique nous donne de percevoir et ce que la contestation écologique nous demande d'apercevoir. L'enjeu de cet ouvrage en ressort double. Il vise à clarifier le concept de création continuée qui persiste à faire débat dans le monde catholique et à justifier sa pleine légitimité. Il entend aussi en fournir une représentation innovante parce que originelle et apte par-là à motiver les chrétiens à s'engager en faveur de la sauvegarde de la création. Car l'acte divin implique d'abord et toujours le dynamisme et la relation. Un traité éclairant, militant, limpide et fort.
Alexandrie, capitale de d'Egypte, est plus qu'une ville , comme Rome elle représente tout un monde, une culture, une histoire. Alexandrie frappe tout d'abord par son caractère cosmopolite , païens, juifs et chrétiens s'y côtoient. Alexandrie est le siège d'une forte communauté juive. L'un de ses membres, Philon, se servit de la pensée hellénistique pour exprimer sa foi. C'est également le lieu d'une communauté chrétienne très brillante où existe dès la fin du deuxième siècle une école de théologie qui est marquée par des noms célèbres : Clément et surtout Origène. Au carrefour de toutes les cultures qui le côtoient, le christianisme bénéficie de leurs influences, notamment juive. Cette rencontre du christianisme avec le judaïsme et l'hellénisme provoque l'émergence d'une réflexion chrétienne originale. Alexandrie est aussi une capitale. Le contraste est grand entre le pays et sa capitale. D'un côté il y a la grande ville, commerçant grâce à son port, de l'autre le pays d'Egypte uniquement agricole. Contraste encore par la langue. D'une part le grec, la langue officielle, celle des commerçants, des fonctionnaires, des lettrés et, d'autre part, la langue du peuple, le copte. Pourtant, malgré ce contraste le pays et sa capitale constituent une réalité profondément une. C'est particulièrement vrai de l'Eglise. Ainsi, par exemple, le peuple chrétien fait corps avec son patriarche, le "pape" d'Alexandrie. Parmi les plus illustres citons Athanase et Cyrille. C'est aussi de cette Eglise et de ce peuple que viennent la plupart de ceux et celles qui vont se retirer au désert pour mener la vie monacale. Et il faut évoquer ici la figure d'Antoine le "Père des moines" . Ce numéro veut vous faire découvrir ou retrouver quelques aspects de ce monde constitué par Alexandrie et le pays d'Egypte au temps des Pères. J. FANTINO, o. p.
Ce numéro est consacré aux symboles de la foi, ce que l'on désigne sous le nom plus familier de "Credo" . Avec cette appellation, on voit tout de suite de quoi il s'agit. On sait en effet que le "Credo" fait partie intégrante de la messe et que ce texte exprime l'essentiel de la foi de l'Eglise. Dans notre liturgie il en existe deux versions : le symbole de Nicée-Constantinople et le symbole des Apôtres. Mais il y en eut bien d'autres. Tous remontent au temps des Pères. Ces symboles de foi étaient utilisés essentiellement lors de la préparation au baptême des candidats qui, à cette époque, étaient pour la plupart adultes. On retrouve cela aujourd'hui : les catéchumènes adultes reçoivent le symbole de la foi lors d'une célébration préparatoire au baptême. Cet exemple montre l'enracinement liturgique des symboles. La liturgie en effet a toujours été le coeur de la vie des chrétiens : lectures, hymnes, prières, prédications, catéchèses, paroles et gestes des célébrations ont façonné la vie et la pensée des communautés chrétiennes au long des siècles. Ainsi la liturgie a été un lieu essentiel de création et de composition à toutes les époques en fonction des événements. C'est dans ce creuset que s'est forgée la théologie. C'est dans ce trésor que, tels les scribes avisés dont parle l'Evangile, les Pères ont tiré de l'ancien et du nouveau. C'est des textes qu'ils entendaient ou chantaient, qu'ils puisèrent les formules des premières confessions de foi, qui servirent notamment lors des célébrations baptismales. J. FANTINO, o. p.
Nous voici arrivés au terme de l'année civile. C'est aussi le commencement de l'année liturgique avec le temps de l'Avent et de Noël. La liturgie célèbre alors Jésus le Christ qui vient chercher les hommes pour les conduire à Dieu, son Père. Jésus est ainsi le chemin qui conduit au Père. C'est ce que nous vous proposons de méditer avec saint Augustin. Ce numéro est un recueil de textes complémentaires du Numéro 25. Dans ces textes Augustin, en maître spirituel, montre le cheminement de l'homme vers Dieu. C'est pour-quoi ce numéro veut être aussi un accompagnement pour tous ceux qui veulent entrer plus loin dans le mystère du Christ, chemin vers le Père. J. FANTINO, o. p.
Chaque année, nous consacrons un numéro de Connaissance des Pères à un lieu géographique : une ville, une région, une province... Montrer le monde dans lequel ils vivaient aide à mieux comprendre les Pères et leurs écrits. L'an dernier nous vous présentions Alexandrie et l'Egypte (n °33) , cette année nous avons choisi la Syrie. Province dont la capitale est Antioche, la Syrie est un pays à double culture comme souvent dans le monde méditerranéen. La côte est plutôt de langue et de culture grecques, tandis que l'intérieur est davantage de langue et de culture syriaques. Mais le fond sémitique l'emporte, comme nous l'avions vu dans le numéro consacré à saint Ephrem (n°26). Il y a beaucoup à dire sur le monde syrien. Deux aspects marquant la vie des communautés chrétiennes aux IVe et V° siècles ont été retenus. Ils constituent les deux volets de ce numéro. L'un présente la liturgie syrienne, notamment l'Eucharistie. L'autre traite de la tradition ascétique et du monachisme qui sont inséparables. J. FANTINO, o. p.