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Le souffle
Reverzy Jean
ACTES SUD
15,50 €
Épuisé
EAN :9782742701612
En ce coin du monde, au début de l'après-midi, il n'était que souffle et bruissements. J'avais encore atteint souverainement à la solitude. Et l'air déchaîné en sa substance lumineuse et puissamment soulevée m'isolait de la déception et de la menace que j'avais voulu fuir. J'éprouvais une soudaine ivresse à forcer l'immense brise marine dont je crus saluer enfin la défaite à l'extrémité du boulevard, devant l'Océan libre. Le souffle et moi nous sommes restés tous deux debout. " Le narrateur arrive "en ce coin du monde" afin de retrouver les traces de son ami Dag venu se suicider là un an auparavant. C'est son itinéraire chaotique et accidenté depuis la gare jusqu'à l'hôtel de la Baie, s'ouvrant sur la plage où est mort Dag, que met en scène ce récit inédit de jean Reverzy. Première version du Corridor (paru en 1958), le Souffle s'impose non seulement comme un document littéraire - ce qu'il est - mais surtout comme le récit halluciné d'une folie, comme une plongée dans la paranoïa d'un homme oubliant l'objet premier de sa quête pour se recentrer sur ses propres illuminations.
L'Océan Indien "zone des tempêtes" ? A l'instabilité politique d'une zone qui n'est pas encore sortie des turbulences géopolitiques de la décolonisation, répondent l'accroissement des symptômes psychosociaux que constituent les addictions — alcoolisme et toxicomanie —, le suicide et la criminalité, et plus récemment les effets de la pandémie du SIDA : malade d'une dépendance non résolue, malade d'une dette, malade d'une altération profonde du lien social et d'une impossible solidarité, cette zone géographique porte pourtant d'immenses potentialités humaines, culturelles et spirituelles. Ce en quoi il faut considérer autrement des symptômes quelquefois dramatiques comme l'inflation du suicide à La Réunion, les émeutes ou les rotaka tels que ceux qui ravagèrent à La Réunion, le quartier du Chaudron en 1991. On pourra reprocher aux interventions qui sont présentées ici leur caractère syncrétique, sinon disparate : elles ont du moins l'intérêt de poser autrement les problèmes de la dépression dans l'environnement historique de la fin du XXe siècle. Si la dépression naît souvent d'un objet perdu, c'est bien qu'il est question d'une dépression des origines et que la question des origines n'a' cessé de hanter l'espèce humaine depuis que le monde est monde. Certains, rêveurs, fous, poètes ou visionnaires, ont essayé dy apporter une réponse dans les Mascareignes, comme Jules Hermann ou Malcolm de Chazal, sur un mode que nous pourrons qualifier globalement de poétique : c'est à leur témoignage singulier qu'est consacrée la dernière partie de cet ouvrage — la création est une forme nouvelle de la métanoïa laïque.
Jean Reverzy (1914-1959) entreprit, jeune homme, des études de médecine qu'il fut contraint d'abandonner en 1940 pour "attitude non conforme". Il rejoint alors la Résistance puis les FTP. A la Libération, il installe son cabinet dans un milieu ouvrier. Il profite de ses loisirs pour lire et parcourir l'Europe, l'Orient et l'Océanie. A l'approche de la quarantaine, il devient écrivain et lorsqu'il termine son premier livre, Le Passage, en 1954, il ne lui restera que cinq ans à vivre. Jean Reverzy : un auteur qui s'est jeté dans l'écriture par une violente nécessité, celle de comprendre la vie par appréhension de la mort. Au sommaire : Le Passage ; Place des angoisses ; Le Corridor ; A la recherche d'un miroir ; La Vraie Vie ; Le Silence de Cambridge ; Le Souffle ; Le Mal du soir.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
Biographie de l'auteur Née en 1962, Yoko Ogawa a obtenu en 1988 le prix Kaien pour son premier roman, puis le prestigieux prix Akutagawa en 1991. Son oeuvre, traduite dans le monde entier, est publiée en France par Actes Sud.
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.