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Pourquoi des philosophes. Pour l'Italie. Sur Proust. La cabale des dévots. Contrecensures. Descartes
Revel Jean-François
BOUQUINS
23,50 €
Épuisé
EAN :9782221079737
Lorsque, en 1957, Jean-François Revel publie Pourquoi des philosophes, une controverse, souvent polémique, s'élève autour de ce mince livre. Il connaît le succès non seulement parmi les intellectuels, mais dans le grand public, et se voit décerner le prix Fénéon par un jury comprenant, entre autres, Louis Aragon et Jean Paulhan. C'est que l'auteur y remet en question les fondements de la philosophie, ne se bornant pas à la philosophie contemporaine, mais remontant aux origines de cette discipline, notamment à son statut depuis la naissance de la science moderne, au XVIIe siècle. Il montre en particulier que Descartes est non pas le premier penseur scientifique moderne, mais le dernier philosophe médiéval (Descartes inutile et incertain, 1976). Les principaux éléments de la discussion autour de Pourquoi des philosophes fournissent la matière de La Cabale des dévots (1962), où l'auteur répond à ses objecteurs. Ces textes révèlent aux lecteurs un style critique nouveau, que l'on a défini " voir ce que tout le monde a vu, penser ce que personne n'a pensé ". Revel l'applique aussi bien au récit de voyage (pour l'Italie, 1958) qu'à la critique littéraire (Sur Proust, 1960) et à son activité d'éditorialiste dans la grande presse (Contrecensures, 1966). Guy Schoeller
Les éditoriaux de Jean-François Revel comptent depuis trente ans parmi les plus influents de la presse française. On l'a souvent comparé à Raymond Aron pour l'exactitude de ses analyses, et aux écrivains du XVIIIe siècle pour la vivacité de son style. Chroniqueur politique et littéraire, il a toujours été suivi par un très large public, d'abord à L'Express de 1966 à 1981, puis au Point à partir de cette date. Les chroniques qu'on lira ici s'échelonnent sur les deux dernières décennies. A des articles du Point s'ajoutent quelques papiers parus dans la presse étrangère puisque Revel, jouissant d'une réputation internationale, a également collaboré à des journaux italiens, américains, espagnols et latino-américains. La période couverte par ces textes est probablement l'une des plus décisives, sinon la plus décisive, du XXe siècle. C'est, en effet, durant ces années que l'humanité aura vu se désagréger les grands systèmes totalitaires communistes qui, il y a encore quinze ans, couvraient la majeure partie de l'Europe et de l'Asie, et poursuivaient leur expansion tant en Afghanistan qu'en Afrique et en Amérique centrale. En même temps qu'une révolution politique et économique, les deux dernières décennies du siècle ont vécu une importante révolution culturelle, à travers, en particulier, la disparition des grands systèmes d'explication du monde au profit d'une philosophie plus proche des hommes. Avec l'effacement des grands systèmes totalitaires dans l'ordre de la pratique et des grands systèmes philosophiques dans l'ordre de la théorie, c'est au fond à la renaissance de l'individu, de la pensée et de la liberté individuelle que Revel nous fait assister pas à pas, épinglant à l'occasion les ridicules du temps, maniant la satire avec autant de bonheur que l'analyse.
Résumé : Jamais la communication n'a été aussi abondante, aussi rapide, aussi présente. Jamais, donc, en théorie, les décideurs politiques, économiques, culturels n'ont travaillé dans de meilleures conditions, et jamais les opinions publiques n'ont disposé d'autant d'éléments nécessaires pour bien juger leurs dirigeants et pour s'orienter. Le monde devrait, par conséquent, ne s'être jamais mieux porté qu'aujourd'hui. Or chacun sait qu'à bien des égards il n'en est rien. La connaissance ne nous fait pas défaut, mais voulons-nous l'utiliser ? La communication est-elle le contraire de l'information ? Jean-François Revel passe en revue la situation de l'information en s'appuyant sur une vaste enquête internationale, parsemée de faits inattendus et de souvenirs personnels. Il tire toujours ses exemples de plusieurs pays à la fois, de plusieurs cultures et systèmes politiques. L'information, bien sûr, c'est d'abord l'explosion de la presse et des médias, mais c'est aussi la connaissance scientifique, c'est aussi l'éducation, c'est aussi la production culturelle, ce qui pose le problème du rôle des intellectuels dans nos sociétés, celui du poids de l'idéologie ou de la désinformation. Construite pour fonctionner grâce à la connaissance, notre civilisation est-elle viable si elle refuse de s'en servir ?
L'Etat est partout, coûte de plus en plus cher, veut tout faire et fait de plus en plus mal tout ce qu'il fait. Tel est le sentiment qui monte depuis peu dans les opinions publiques. Est-ce la fin d'une longue période pendant laquelle une majorité de citoyens pensait que l'élargissement du rôle de l'Etat était plutôt bénéfique? On constate aujourd'hui dans les pays développés, mais aussi dans le tiers monde, une véritable nausée devant l'hypertrophie d'un Etat envahissant et inefficace. Bref, l'individu redemande le pouvoir. En France, c'est au moment précis où émergeait cette révolte que le régime socialiste accroissait massivement l'intervention de l'Etat dans la société, commettant ainsi un grave contresens culturel. En quoi consiste cette lassitude devant cet Etat impotent et omniprésent? D'où vient ce retournement de la sensibilité dans le monde moderne? Vivons-nous une révolution néo-libérale? Peut-elle aboutir à des réformes viables? Tel est le mouvement que Jean-François Revel suit ici pas à pas et les questions auxquelles il propose des réponses.
Courtois Stéphane ; Werth Nicolas ; Panné Jean-Lou
Alors que la polémique sur le bilan des régimes communistes risque de resurgir avec Un pavé dans l'histoire, Le Livre noir du communisme, formidable succès de librairie, ressort en collection Bouquins au prix de 99 F. Il dresse le bilan chiffré des atrocités commises sous les régimes soviétiques actuels et passés, présente les faits, énumère les massacres, les déportations, les exactions qui ont conduit aux quatre-vingt-cinq millions de morts. Le Livre noir, livre-événement de cette décennie, a donné lieu à une polémique sans précédent. Ecrit par une équipe d'historiens et d'universitaires, il est indispensable pour qui veut comprendre ce qui s'est passé dans le monde communiste.
Les romans de la Table Ronde sont de grands récits d'amour : autour d'Arthur, le roi légendaire, l'élite de la chevalerie s'adonne aux exploits qu'alimente la force du désir. Lancelot, l'amant idéal, éprouve pour Guenièvre, l'épouse de son souverain, une folle passion qui doit rester secrète ! Mais Gauvain, le neveu d'Arthur, peut faire état du prestige de sa séduction : beau et galant, ardent, il est disponible à la moindre invite des dames, parfois au risque de sa vie - car une nuit auprès d'une jeune fille nue et consentante qu'un père livre à son hôte est bien périlleuse : une épée aux attaches d'argent interdit la jouissance ! Gauvain se prête aux fantasmes les plus divers : sa force suit le cours du soleil... Le fantastique aussi imprègne les récits. Merlin l'Enchanteur, né d'une copulation du diable avec une jeune fille, est à l'origine de la Table Ronde. C'est grâce à lui qu'Uterpendragon, passionnément épris d'Ygerne, prend les traits de l'époux absent et c'est dans l'illusion d'une nuit que sera conçu Arthur. Merlin établira la souveraineté du jeune homme, roi de la Table Ronde. Une femme peut elle aussi accomplir un acte extraordinaire : pour sauver Caradoc, la belle Guinier accepte de se plonger dans une cuve de lait, une nuit de pleine lune, et de sacrifier l'extrémité de son sein blanc. Les quêtes des chevaliers de la Table Ronde mènent au Graal, qui garde le mystère de son nom et de son origine : objet magique, source de vie, il fait partie des talismans de l'autre monde. L'initiation du jeune Perceval et son échec dans cette quête imprègneront profondément la sensibilité occidentale. Du XIIème au XVème siècle, la légende arthurienne, en français et en langue d'oc, a essaimé dans l'Europe entière, témoin de la séduction de la "matière de Bretagne".
Ce livre offre un formidable voyage dans le temps et l'espace à travers toutes les substances psychotropes et leur imaginaire : de l'Inde védique à l'époque contemporaine des drogues de synthèse, des pharmacopées antiques et moyenâgeuses à la vogue moderne des psychostimulants en passant par l'opiophagie britannique, le cannabis romantique, l'opiomanie coloniale, la morphine et l'éther fin-de-siècle, l'invention du "junkie" au XXe siècle et la révolution psychédélique des années 60. S'il révèle une pratique universelle, il peut aussi se lire comme une histoire parallèle de la littérature mondiale tous genres confondus puisqu'on y trouve des poèmes, des récits, des romans, des nouvelles, du théâtre, des lettres, des journaux intimes, des essais, des comptes rendus d'expériences, des textes médicaux et anthropologiques... Précédée d'un prologue autobiographique de l'auteur, cette somme se divise en quatre grandes parties : Euphorica (opium, morphine, héroïne), Phantastica (cannabis, plantes divinatoires, peyotl et mescaline, champignons hallucinogènes, LSD), Inebriantia (éther, solvants), Excitantia (cocaïne et crack, amphétamines, ecstasy, GHB). Pour chaque drogue, à la suite d'un développement sur son histoire sacrée, médicale et culturelle, est proposée une anthologie chronologique de textes précédés d'introductions détaillées. Avec plus de 300 textes signés par 220 auteurs où les grands classiques obligés et les expérimentateurs célèbres côtoient des signatures moins connues tout aussi fascinantes et d'autres désormais oubliées, cette entreprise jusque-là inédite en français et sans équivalent dans une autre langue propose autant de récits d'expériences qui, comme l'écrit Cécile Guilbert, sont "à l'image de la vie même, tout à la fois joueuse et risquée, traversée d'effrois et d'extases, illuminée par la connaissance par-delà le bien et le mal, la culpabilité et l'innocence".
Dès leurs premières incursions en Occident à l'extrême fin du VIIIe siècle, les Vikings héritèrent une réputation sulfureuse. Indignés par le sort que ces prédateurs venus du Nord réservaient aux riches abbayes, les clercs brossèrent d'eux un portrait sans nuances: barbares païens d'une cruauté inouïe, égorgeant hommes, femmes et enfants, buvant le sang de leurs ennemis dans des crânes et sachant, de surcroît, mourir dans un éclat de rire. Cette image de monstres sans toi ni loi - certains même n'hésiteront pas à les qualifier plus tard de surhommes - va perdurer jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Depuis, pour démêler le faux du vrai, le mythe de la réalité, les chercheurs ont sollicité l'archéologie, l'histoire, la numismatique, la philologie, la runologie et proposé une lecture plus subtile de cette société scandinave. Pillards, certes à l'occasion, mercenaires au service du plus offrant, les Vikings furent avant tout des marchands: vendeurs de fourrures, d'ambre et d'esclaves, acheteurs de tissus, d'armes et de grains. Ils furent également de grands artisans, mettant au point, entre autres, un bateau extraordinaire, aussi maniable en eaux peu profondes qu'en haute mer. Le droit coutumier et la religion des Vikings, d'une grande tolérance, jouèrent un rôle important dans le développement de cette société sans préjugés qui ignorait la violence gratuite et la torture. Ces hommes, dont la civilisation dura près de deux cent cinquante ans (v. 800-v. 1050) et qu'un concours exceptionnel de circonstances a portés sur le devant de la scène de l'histoire, apparaissent ici tels qu'ils turent réellement, loin des fantasmes de notre imagination.