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La création artistique et les promesses de la liberté
Revault d'Allonnes Olivier
KLINCKSIECK
35,00 €
Épuisé
EAN :9782252036211
Il faut parler d'une tendance historiquement repérable à l'élimination de la créativité dans l'évolution globale de nos sociétés depuis un certain nombre de décennies. Toutes les sociétés souvent définies comme sociétés industrielles s'orientent vers des types d'organisation et des modes de gestion qui réduisent sans cesse la marge de l'imprévisible ou du spontané aussi bien pour la gestion politique et économique que dans la pratique pédagogique, artistique, culturelle [...]. Dans la mesure où la création n'est pas un jardin réservé à l'autonomie dans un monde d'hétéronomie, il n'y a plus à la considérer comme ce qu'il faut ajouter ou sauver dans un monde de contraintes et à côté d'elles, mais comme ce qui, dans le système, joue contre lui. Il ne s'agit pas de surimposer un" supplément d'âme "à un monde inhumain pour le faire survivre, mais d'identifier dans la création ce qui peut le détruire". Biographie de l'auteur Philosophe, professeur émérite à l'université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), Olivier Revault D'Allonnes a longtemps dirigé la Revue d'Esthétique. Il a publié notamment Plaisir à Beethoven et Aimer Schoenberg (Christian Bourgois).
Résumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.
Résumé : Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à " traverser la rue " pour trouver un travail. Comme si l'individu était un acteur rationnel, calculateur, seul responsable de ses actes et de leurs conséquences. Or, cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même, et la nation n'est pas une " start up ", sinon dans un certain discours managérial et comptable qui est au coeur de la rationalité politique d'Emmanuel Macron et qui induit au mirage d'un " nouveau monde ". Car le sujet-citoyen n'est pas l'individu performant. Il n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui, sachant ce qui le relie aux autres, oeuvre au sein d'institutions justes à rendre possible telle ou telle option. L'autonomie, la responsabilité ou la capacité n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension entre l'indépendance des individus et leur intégration dans la communauté. Il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social. C'est pourquoi, loin d'être anodins, ces propos sur les chômeurs ou le " pognon de dingue " engendrent des lectures simplifiantes et univoques du lien social. Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d'Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance ; une leçon de clarté et de rigueur, alors que, plus que jamais, dans la crise que nous vivons, le besoin d'un monde commun s'impose. Myriam Revault d'Allonnes est philosophe, professeure émérite des universités à l'Ecole pratique des hautes études et chercheuse associée au cevipof. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment L'Homme compassionnel (2008), Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie (2010) et La Faiblesse du vrai (2018).
Nicolas Lagoumitzis, né à Patrias (Grèce) en 1962, est Docteur en arts et sciences de l'art (option musique) de l'Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Il a poursuivi ses études musicales à Athènes (diplôme de piano, fugue, contrepoint, harmonie) où il a travaillé le piano avec Marios Lascaris, lui-même Elève d'Alfred Cortot et d'Yvonne Lefébure. Egalement ingénieur diplômé de l'Ecole polytechnique de l'Université de Patras, Nicolas Lagoumitzis est aujourd'hui chercheur en pédagogie et interprétation musicales, attachées au Comité scientifique de la revue grecque Musicologie et auteur d'articles publiés dans diverses revues.