La Revue Gabonaise des Conduites Humaines (RGCH) a pour vocation de vulgariser la recherche fondamentale et théorique en Sciences Humaines et Sociales. Ce deuxième numéro, consacré à La Journée de travail continue au Gabon, présente huit travaux issus de différentes disciplines. En effet, après l'instauration de la journée de travail continue qui a profondément bouleversé le quotidien des salariés gabonais, le contenu de cette Revue propose un éclairage sur ces mutations. Elle dresse un bilan de la réforme du nouveau système horaire de travail au Gabon. Ainsi, le contenu des analyses montre les conséquences de ladite journée sur l'organisation du travail, les habitudes alimentaires, la conciliation travail-famille et l'implication des acteurs. Cette contribution offre donc un regard approfondi sur les défis auxquels sont confrontés les travailleurs gabonais face à cette transformation majeure de l'aménagement des horaires de travail.
L'expression "mépris de classe" circule de plus en plus dans l'espace public pour designer la disqualification symbolique que subissent des dominés, "sans-dents", "salariées illettrées", "fainéants", "syndicalistes voyous", parfois même réduits au néant : "rien" ... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? A distance du moralisme et sur la base d'enquêtes minutieuses. cet ouvrage évalue le caractère heuristique d'une telle catégorie d'analyse. Le mépris appartient aux rapports sociaux propres a une société hiérarchiser et se manifeste de manières très diverses. En ce sens. Il apparaît comme un révélateur de l'état de la structure sociale et des relations qu'y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c'est lorsqu'un dominant se sent en danger qu'il rompt, par le mépris de classe, avec l'euphémisation usuelle de l'ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi. Cet ouvrage met en évidence l'ampleur et la variété de ses formes d'expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d'exercer le mepris de classe, de le ressentir et d'y faire face.
La formule "mépris de classe" est régulièrement mobilisée dans le discours public pour désigner le dénigrement de dominés sur la base de leurs appartenances et propriétés sociales. Pour introduire le dossier consacré à cette catégorie de sens commun peu abordée par les sciences sociales, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sociologisent cette catégorie de sens commun en prenant la mesure des jugements moraux qui fondent l'économie des émotions de classe. Elie Guéraut en étudie les manifestations dans une ville moyenne en déclin où une petite bourgeoisie culturelle tente de se réassurer socialement. Raphaël Challier analyse la stigmatisation d'un "cassos" et ses tentatives de préservation de sa respectabilité par son engagement au Front national. Cyril Nazareth s'intéresse aux usages pratiques que les agents sociaux font des catégorisations ethniques à partir de l'examen minutieux des ressorts d'une bagarre générale qui clôt un match de football amateur. La rubrique Varia rassemble des textes consacrés à la musique. Alexandre Robert étudie la fabrique des oeuvres contemporaines par des compositeurs en formation et Myrtille Picaud compare les configurations professionnelles de deux capitales européennes. Les attaques contre l'enseignement supérieur et la recherche s'accélèrent et dès lors le combat continue et justifie plus que jamais le maintien de notre rubrique En lutte.
Un espion de la DGSE infiltré dans la finance o?shore dévoile les pratiques des multinationales et de l'Etat français. L'Homme qui sait nous plonge au coeur d'une forteresse financière ancrée au large de la Normandie puis au Luxembourg, au sein de l'Europe. Dans un récit haletant, l'auteur dévoile sa double vie d'employé modèle et de hacker, de séducteur de riches rentières si bavardes sur l'oreiller, de joueur de poker ou de pilier de pub attentif aux propos de ses partenaires vite enivrés. L'Homme qui sait nous apprend comment et pourquoi l'Etat français infiltre les sociétés o?shore dans un monde d'ultrariches, déconnecté de la réalité, saturé de millions d'euros, d'alcool et de sexe.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.