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Mépris de classe. L’exercer, le ressentir, y faire face
Renahy Nicolas ; Sorignet Pierre-Emmanuel
CROQUANT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782365122672
L'expression "mépris de classe" circule de plus en plus dans l'espace public pour designer la disqualification symbolique que subissent des dominés, "sans-dents", "salariées illettrées", "fainéants", "syndicalistes voyous", parfois même réduits au néant : "rien" ... Au-delà de la dénonciation éthique des dominants dans le cadre des luttes politiques, que peut en dire la sociologie ? A distance du moralisme et sur la base d'enquêtes minutieuses. cet ouvrage évalue le caractère heuristique d'une telle catégorie d'analyse. Le mépris appartient aux rapports sociaux propres a une société hiérarchiser et se manifeste de manières très diverses. En ce sens. Il apparaît comme un révélateur de l'état de la structure sociale et des relations qu'y entretiennent les différentes composantes. Le mépris des uns ne remplit pas les mêmes fonctions que le mépris des autres : il ne peut être abstrait des relations de domination, qui le provoquent et lui donnent sens. Il renvoie à la verticalité du monde social : c'est lorsqu'un dominant se sent en danger qu'il rompt, par le mépris de classe, avec l'euphémisation usuelle de l'ordre des choses. Et son expression suscite, en retour, honte, rejet, violence ou quant-à-soi. Cet ouvrage met en évidence l'ampleur et la variété de ses formes d'expression contemporaines, en fonction des contextes et moments considérés. Il livre différentes clés de compréhension des façons multiples d'exercer le mepris de classe, de le ressentir et d'y faire face.
Les sciences humaines et sociales ont permis à certains comportements de se révéler et de faire l'objet d'investigations diverses. Aussi, ont-elles mis l'accent sur l'avortement, une pratique courante, mais sur laquelle règnent de grands silences. En effet, l'avortement est un acte strictement privé et le plus souvent clandestin qui relève de la santé publique. Le silence autour de cette pratique, c'est d'abord celui des femmes. C'est une question sur leur intimité, car il s'agit de questionner leur inconscient, afin de mieux appréhender leurs motivations. Les enquêtes de terrain révèlent souvent que ce sont notamment l'éducation, l'encadrement familial, la culture parentale, les réseaux d'amitié et les questions socio-économiques qui servent d'arguments pour le passage é l'acte. Celles qui ont décidé d'avorter ont paniqué devant la situation mais se disaient qu'elles n'avaient pas le choix ! Par ailleurs, les chercheurs doivent interroger ce patriarcat triomphant et souvent hypocrite qui refuse d'assumer ses responsabilités et laisse la partenaire seule décider du sort de sa grossesse.
Un espion de la DGSE infiltré dans la finance o?shore dévoile les pratiques des multinationales et de l'Etat français. L'Homme qui sait nous plonge au coeur d'une forteresse financière ancrée au large de la Normandie puis au Luxembourg, au sein de l'Europe. Dans un récit haletant, l'auteur dévoile sa double vie d'employé modèle et de hacker, de séducteur de riches rentières si bavardes sur l'oreiller, de joueur de poker ou de pilier de pub attentif aux propos de ses partenaires vite enivrés. L'Homme qui sait nous apprend comment et pourquoi l'Etat français infiltre les sociétés o?shore dans un monde d'ultrariches, déconnecté de la réalité, saturé de millions d'euros, d'alcool et de sexe.
La formule "mépris de classe" est régulièrement mobilisée dans le discours public pour désigner le dénigrement de dominés sur la base de leurs appartenances et propriétés sociales. Pour introduire le dossier consacré à cette catégorie de sens commun peu abordée par les sciences sociales, Nicolas Renahy et Pierre-Emmanuel Sorignet sociologisent cette catégorie de sens commun en prenant la mesure des jugements moraux qui fondent l'économie des émotions de classe. Elie Guéraut en étudie les manifestations dans une ville moyenne en déclin où une petite bourgeoisie culturelle tente de se réassurer socialement. Raphaël Challier analyse la stigmatisation d'un "cassos" et ses tentatives de préservation de sa respectabilité par son engagement au Front national. Cyril Nazareth s'intéresse aux usages pratiques que les agents sociaux font des catégorisations ethniques à partir de l'examen minutieux des ressorts d'une bagarre générale qui clôt un match de football amateur. La rubrique Varia rassemble des textes consacrés à la musique. Alexandre Robert étudie la fabrique des oeuvres contemporaines par des compositeurs en formation et Myrtille Picaud compare les configurations professionnelles de deux capitales européennes. Les attaques contre l'enseignement supérieur et la recherche s'accélèrent et dès lors le combat continue et justifie plus que jamais le maintien de notre rubrique En lutte.
Du passé, je ne veux pas faire table rase. le souhaite au contraire, crûment, vous le dévoiler. Dans ces moments d'évanouissement de pans entiers de notre histoire, à l'époque d'un présent déifié débarrassé de toute mise en perspective, à l'ère de l'anachronisme triomphant, au moment où l'information et la transmission sont noyées, emportées par le tsunami du "presque rien" dont parlait Bourdieu, je veux vous mener, avec mon regard, en des terres souvent méconnues, ignorées ou oubliées et je souhaite les ressusciter. Là, dans ces années de guerre et d'Occupation se tissèrent les mondes d'aujourd'hui. En tant que journaliste et acteur militant de ces combats d'hier qui impriment leur marque sur notre univers d'aujourd'hui, je veux vous parler de moi. Non par vanité, mais comme une incitation, par le biais de ces chroniques de continents disparus, à humer des parfums oubliés, à percevoir des ambiances surprenantes, enthousiastes ou angoissantes, à participer à des combats victorieux ou étouffés. le veux aider à comprendre ce nouveau monde et les raisons de son advenue. Et je veux répondre à cette question reprise par des millions de voix : pourquoi être ou avoir été communiste ?
A travers la construction de divers objets anthropologiques relatifs à la ville, les contributeurs à cet ouvrage développent une réflexion épistémologique sur les spécificités méthodologiques et heuristiques de leur discipline, et ce, presque vingt-cinq ans après la publication de Chemins de la ville. Enquêtes ethnologiques (CTHS, 1987), sous la direct ion de J. Gutwirth et de C. Pétonnet. Sans être un bilan à proprement parler, ce livre fait état, à travers la diversités des objets traités, des multiples regards ethnologiques portés su r un monde qui, en un quart de siècle, a considérablement changé. La pratique disciplinaire y est interrogée, tout comme la place de l'ethnologue dans sa propre société à l'heure où les sciences humaines et sociales sont politiquement ostracisées plus au nom de leur rentabilité économique hypothétique que de leur pertinence scientifique véritable. Les étudiants et les jeunes chercheurs y trouveront les échos des multiples difficultés qu'ils rencontrent sur leurs terrains respectifs, tout comme les lecteurs attentifs aux gestations de la globalisation du monde actuel feront leur miel des diverses connaissances dont témoignent ces recherches.
Non l'hôpital public n'est pas mort! Car il soigne toujours, et plutôt bien. L'immense majorité d'entre nous lui voue un attachement fidèle, tous les sondages en témoignent! Un chantier de mise en pièces de l'hôpital, dont les meilleurs morceaux sont promis au privé, est aujourd'hui interdit au public: interdit au secteur public d'y prospérer pour le bien de tous, interdit au citoyen d'y inscrire ses désirs en vertu de la loi d'airain de concepts idéologiques surannés qui ont fait ailleurs la preuve de leur inanité. Dans ce livre, des sociologues, des politistes, des médecins, des économistes, des psychologues sont à son chevet, non pour adoucir sa fin en d'improbables soins palliatifs, mais bien pour réanimer l'énergie nécessaire à tous les acteurs de la santé dans ce pays. Ils vous livrent les clés pour reconstituer le puzzle de la politique aujourd'hui en oeuvre, qui plutôt que guérir l'hôpital d'une maladie dont il souffrirait, hâte sa disparition en lui inoculant le virus sournois et malfaisant du néolibéralisme qui infecte les services publics. Cet ouvrage est dédié à chacun d'entre nous, décidé à sauver ce qui a été, est, ou sera une étape de notre destin.
Face à l'urgence actuelle de changer ce monde. comment lutter et avec qui ? Peut-on se battre comme femme sans trahir sa culture ? Comment s'organiser simultanément en tant que Noir e et prolétaire ? Doit-on vraiment dénoncer à la fois le racisme, le capitalisme et le patriarcat ? Et surtout, quelles solidarités, quelles alliances construire. autour de quels projets ? Imbrication décortique la complexité des identités, des loyautés et des intéréts de chacun-e dans les mouvements sociaux. L'ouvrage présente l'histoire de luttes guerrillères (Salvador), Indiennes-paysannes (mouvement zapatiste au Mexique) ou Noires (Brésil, République Dominicaine, USA). ainsi que les mouvements de femmes, féministes et lesbiennes du continent. Les femmes des Amériques et des Carabes nous tendent un miroir exceptionnel pour mieux comprendre "l'intersectionnalité" à un moment de foisonnement des luttes, parfois déroutant. Partant du quotidien des mouvements pour parvenir à une véritable "science des opprimées", ce livre s'adresse aussi bien au public curieux qu'aux activistes et au monde de la recherche. l