Pascale Remita convoque le réel en l'assourdissant. L'étrangeté qui se dégage de sa peinture révèle une grande finesse aux abords opaques et aux contours flous. Les surfaces, les paysages, le vivant y cohabitent pour ne faire parfois plus qu'un. L'oeil tente de s'accrocher pour finalement être emporté. On découvre le travail de Pascale Remita comme on regarde un film de Lynch : on tente de se rassurer en se référant au réel ou on accepte de lâcher prise pour jouir des sensations que la peinture nous offre. Accepter de se laisser submerger par ces images engourdies, c'est sans nul doute la meilleure façon d'entrer en contact avec ces peintures, ces fusains et ces films qui touchent tantôt à l'informel, à l'évanescent, tantôt à la trivialité et la rugosité d'images trouvées revisitées. "Pascale Rémita peint des choses mouvementées mais arrêtées, tenues en laisse du bout d'un pinceau calme, mais pas si net qu'il n'y paraît. [... ] Elle décrit le tumulte, la frénésie, les forces (de la nature) mais comme au ralenti". Judicaël Lavrador
Jours heureux est le récit de la passion vécue par Michèle et Florian. Elle commence par une idylle d'un soir et devient, après maintes péripéties, une belle histoire d'amour. L'argent, les amis, les idées et surtout la famille les opposent mais ils finiront ensemble envers et contre tous. Des rencontres atypiques donneront une autre image à cet amour. Mais de quelle manière ?
Quiconque veut vivre à Téhéran est obligé de mentir. La morale n'entre pas en ligne de compte : mentir à Téhéran est une question de survie." Ramita Navai explore les secrets de la ville à travers la double vie de ses habitants. Sur l'avenue Vali Asr, on rencontre Dariush, un terroriste repenti ; Farideh, une femme divorcée ; Bijan, un trafiquant d'armes ; Leyla, une actrice porno ou encore Somayeh, une jeune fille amoureuse d'un play-boy. Des individus ordinaires, forcés de mener des existences extraordinaires sous un des régimes les plus répressifs au monde. Ramita Navai compose le portrait intime et saisissant d'un Iran tiraillé entre tradition et modernité.
Résumé : Mentir à Téhéran est une question de survie. Ramita Navai plonge dans les rues de la ville secrète à travers les vies de huit protagonistes, des personnes ordinaires forcées de mener des existences extraordinaires. Le portrait intime et inoubliable d'un Iran moderne qui montre comment il est possible d'aimer, de vivre et de survivre dans l'un des régimes les plus répressifs du monde. L'auteur a été correspondante à Téhéran pour The Times de 2003 à 2006.
Résumé : Marvel, c'est la Maison des Idées, la maison que " Jack et Stan" ont bâti, mais dont les maîtres d'oeuvre sont nombreux. C'est aussi une famille d'artistes qui ont contribué à ce que plus de six décennies plus tard, la compagnie soit le géant du divertissement qu'on connaît. Parmi eux, John Romita Sr, qui a joué un rôle clé sur des séries comme Daredevil, Amazing Spider-Man, Fantastic Four ou encore Captain America. La gamme VISIONARIES ne pouvait évidemment pas passer sous silence la gigantesque contribution des Romita père et fils. Avant un album consacré à John Romita Jr en fin d'année, nous rendons hommage à John Romita Sr avec plus de 300 pages de ses oeuvres les plus marquantes, dont des épisodes rares, voire inédits en France.
Résumé : Les effondrements de régimes marquent notre mémoire collective. Les images de dictateurs finalement vaincus, totalement vulnérables, ont imprimé de manière indélébile nos rétines. Benito Mussolini pendu par les pieds, Mouammar Kadhafi à genoux, Saddam Hussein hagard... Dans cette même optique d'annihiler la puissance monstrueuse de ces tyrans, l'artiste égyptien Aalam a choisi de détourner des photographies de ces hommes provenant de collections (publiques ou privées) ou des médias. Les sujets ont en commun qu'ils semblent s'oublier un moment, rompant avec les canons de leur propagande officielle ? : Idi Amin Dada dans une piscine, Adolf Hitler prostré, fixant le plafond, Kim Jong-un, le regard noyé dans son assiette. De là, la manipulation de l'artiste ? : une association incongrue avec d'autres clichés pour créer des instants fictifs surprenants, divertissants voire ridicules, d'autant qu'ils sont complétés par une légende et un copyright réécrits par Aalam. Le titre de la série "Privaatt" signifie "Privé" dans la langue d'un Etat totalitaire imaginaire et cet ouvrage rassemble cette collection d'illusions.
Des montagnes aux formes lunaires du Tibesti aux roches granitées géantes aux allures de sculptures façonnées par les vents et le sable de l'Ennedi, des dunes mouvantes à perte de vue du grand Nord aux lacs salés miraculeusement posés au milieu de l'enfer saharien, le nord du Tchad est tout sauf une immensité désertique monotone. Les hommes, femmes et enfants qui ont appris au cours des siècles à survivre dans cet environnement à la fois envoûtant et âpre sont les héros anonymes des photographies que José Nicolas a prises au fil des années, du fleuve Chari aux confins du Soudan, de la palmeraie de Faya-Largeau au massif du Tibesti. Ils sont le Tchad." Pierre Haski
Résumé : "Une lumière chaude traverse cette fenêtre de Sainte-Anne. Absorbée, soeur Louise Duchini relit les statuts de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Une peinture est accrochée au mur derrière elle. Son visage en pleine lumière semble être encadré. Clin d'oeil à la liseuse de Vermeer, ce clair-obscur parle tout autant du passé, du présent que de l'avenir de la Congrégation des soeurs hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Beaune. C'est là que ces femmes ont fait le choix d'une vie différente. Elles ont dédié leur vie aux malades au sein d'un hôpital pour les pauvres. Ce sont en ces termes que Guigone de Salins et Nicolas Rolin ont créé l'Hôtel-Dieu en l'an 1443. Depuis 1971, plus aucune soeur ne les a rejoint. La Congrégation va donc probablement s'éteindre dans les années à venir. Juste avant que je ne les rencontre, une des soeurs a rejoint l'autre rive. En réalisant ce travail documentaire, j'ai immédiatement été touché par leur don à l'autre, qu'il soit Homme ou Dieu. Lors de mes différents séjours parmi elles, j'ai compris leur chemin de vie, leur engagement et leur foi. Je me suis laissé guider par nos conversations et par les lieux d'où émanent tant de vibrations. Sur place, j'ai pris des notes, enregistré les conversations et consigné cette histoire, vieille de près de six siècles, qui est en train de disparaître. En dédiant leur vie à celle des autres, ces femmes extraordinaires ont fait briller la lumière de la vie dans le coeur de Beaune, cette même lumière que j'ai cherché à restituer aujourd'hui". G. N.
Résumé : En botanique, le wilting point (ou "point de flétrissement" en français) est l'expression utilisée pour décrire le seuil en deçà duquel la teneur en eau du sol ne permet plus à la plante de prélever l'eau dont elle a besoin pour survivre. La plante flétrit alors, puis finit par mourir si ces conditions extrêmes sont maintenues. Dans notre monde, il existe bien d'autres points de rupture, d'autres entre-deux ténus qui maintiennent un lien fébrile entre vie et mort. William Daniels, photographe documentaire soucieux des questions sociales et humaines, a travaillé sur des territoires en conflit, dans des zones sensibles et reculées, dans des pays "au bord du gouffre" . Il connaît les visages du paludisme autour du globe, des différentes révolutions du Kirghizistan, ceux de la bataille de Tripoli, des camps de réfugiés Rohingyas ou des luttes communautaires en République Centrafricaine. Son outil de langage, l'appareil photographique, lui a permis d'être un témoin international de ces circonstances sinistres souvent peu relayées, au sein desquelles se joue pourtant la réalité des mondes contemporains. Le photographe invoque une tension permanente, intimement liée à une beauté furtive : un regard qui cherche, la fugacité d'une posture, une main qui s'accroche au vide... Dans cette représentation figée de l'action, tout n'est qu'attente. Attente dans l'espoir ou attente dans le désespoir. Ce moment-pivot, ce déséquilibre latent, cette frustration, n'entraînent évidemment pas de réponse, seulement des questions. Et la certitude que chaque chose vivante est périssable et éphémère.