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LES FONDEMENTS A PRIORI DU DROIT CIVIL
REINACH
VRIN
29,00 €
Épuisé
EAN :9782711617029
On propose ici une traduction complète de l'oeuvre principale d'Adolf Reinach (1883-1917): Les fondements a priori du droit civil (1913). Cet ouvrage apporte des contributions fondamentales à divers champs de la connaissance: la phénoménologie du droit tout d'abord, mais également la théorie des actes linguistiques à propos des énoncés dits performatifs, enfin la théorie ontologique des structures a priori. Disciple de Husserl, Reinach engage la phénoménologie sur le terrain des actes juridiques et plus généralement des "actes sociaux" et des objets spécifiques qui en sont les produits. L'analyse phénoménologique s'applique donc, et la chose est tout à fait nouvelle, à distinguer les actes sociaux proprement dits (un commandement, une promesse, etc.) des expériences individuelles qui les accompagnent, afin d'isoler les structures a priori qui sont au principe même du droit positif, qui en constituent la matière même. Mais tout acte juridique - et tout acte social en général - a une composante linguistique, ou à tout le moins expressive. C'est la raison pour laquelle le travail de Reinach s'inscrit également dans un champ d'analyse philosophique et linguistique centré sur les énoncés dits "performatifs", baptisés tels par Austin quelques décennies plus tard, et définis comme des énoncés servant à effectuer une action. Tout en produisant une description magistrale de ce type d'énoncés, Reinach les rattache à une théorie ontologique des structures, qui n'est pas du tout envisagée dans l'horizon théorique austinien. La théorie des actes sociaux trouve en effet son aboutissement dans une ontologie des objets sociaux, éléments a priori d'une construction et d'une interprétation du monde social. L'oeuvre de Reinach occupe alors une place à part, déterminante, tant au sein des théories de l'objet caractéristiques de la philosophie autrichienne que d'une archéologie du structuralisme.
Salomon le savant écrit à la jeune Sidonie. Correspondance, la forme ne pouvait être mieux trouvée car elle s'appuie sur des lettres, composantes de toutes les langues: elle fait référence à une relation privilégiée aussi bien qu'à une harmonie : tel est le propos de la grammaire. En douze missives, nous sommes promenés dans tous les coins et recoins de ce corps vivant qu'est le français. Si bien que le plus pur des esprits ne peut s'empêcher de songer à une éducation amoureuse. Usez ainsi et ainsi de votre belle langue française, chère Sidonie, et, non contente de vous montrer fidèle aux règles, vous y trouverez les plaisirs les plus délicats. Lisant et relisant ces pages, j'ai cherché longtemps le secret de cette troublante réussite. Par chance, on ne découvre jamais complètement de tels secrets : le talent serait une pauvre chose s'il était seule affaire de recette. Erik Orsenna.Cadet d'une illustre fratrie, Salomon Reinach (1858-1932) fut directeur du musée des Antiquités nationales, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, codirecteur de la Revue archéologique. Il est l'auteur d'une oeuvre considérable, dont Cultes, mythes et religions (1905-1923) et Orpheus (1909). On lui doit, dans la veine de Sidonie, Eulalie ou le Grec sans larmes et Cornélie ou le Latin sans pleurs.
Adolf Reinach (1883-1917) fut l'un des disciples les plus remarquables de Husserl, dont il fut le collègue à Gôttingen, et l'un des plusnotables représentants de la phénoménologie munichoise avec Johannes Dauber'. A l'encontre de la phénoménologie idéaliste de la constitution transcendantale élaborée puis exposée par Husserl dans les Idées directrices de 1913, il suivit la voie frayée par les Recherches logiques pour développer et fixer les principes d'une phénoménologie réaliste. Le foyer principal en est le concept d'état de choses (Sachverhalt), corrélat objectuel du jugement dont il tente de caractériser le statut ontologique et d'élucider le mode de donation à la conscience - à savoir l'acte de visée et l'évidence. La méthode en est exclusivement l'intuition des essences - considérée comme un passage de la réalité effective à la pure possibilité -, à l'exclusion de toute réduction conduisant à la sphère transcendantale. Enfin, il procède à une désubjectivation de la notion kantienne d'a priori, qu'il arrache aux structures de la subjectivité pour l'ancrer dans les états de choses eidétiques. Il contribue ainsi à situer la phénoménologie vis-à-vis de la philosophie médiévale et des prémices de la philosophie analytique, lui assignant une place dans une lignée qui part de Grégoire de Rimini pour aboutir à Meinong, Frege et Russell. Le présent volume, Phénoménologie réaliste, est un recueil visant à rendre accessible aux lecteurs français le versant théorétique de sa pensée, et se compose à la fois de textes publiés et posthumes - présentés ici dans un ordre thématique, et non chronologique.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.