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Marcel Bénabou. Archiviste de l'infini
Reig Christophe ; Schaffner Alain
SORBONNE PSN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782878546385
Marcel Bénabou, oulipien et historien de l'Antiquité, fait entendre sa petite musique dans le concert de l'Ouvroir de Littérature Potentielle - dont il est depuis près de cinquante ans le Secrétaire définitivement provisoire. Cet homme discret et cordial est l'auteur de livres délicieusement inaboutis et aux titres parfois provocateurs : Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres, jette ce livre avant qu'il soit trop tard, etc. Une forme de mélancolie, qui se traduit par une mosaïque d'emprunts et d'allusions érudites, mine son écriture hantée par la nostalgie du sacré et le goût de l'infime. Ami de Perec, celui qui figure dans La Disparition sous le nom d'Hassan Ibn Abbou a tenu à écrire lui-même le centième chapitre de La Vie mode d'emploi. Personnage d'un roman non écrit de Raymond Queneau (c'est ainsi que les Oulipiens se définissent eux-mêmes), Marcel Bénabou est aussi le héros d'une nouvelle virtuelle de Jorge-Luis Borgès : errant dans la Bibliothèque de Babel, il s'y livre sans relâche à son travail d'archiviste de l'infini.
Non-fiction, documentaire : l'apparent parallélisme des deux termes recèle néanmoins des différences importantes. Le présent ouvrage explore la frontière entre les genres documentaires et une "esthétique du document" qui traverse depuis plus d'un siècle les genres et les formes artistiques. En considérant moins te document en soi que les différents modes documentaires (l'adjectif impliquant le montage et l'agencement d'un matériau indiciel) et plus précisément en s'attachant à la notion quelque peu paradoxale d'"esthétique documentaire", on peut voir s'affronter deux voies de légitimation que peuvent emprunter l'art et la littérature. D'une part, "l'accroche" au réel et au vécu ; d'autre part, la référence à l'autonomie de l'activité artistique - principe qui semble pourtant de plus en plus fragilisé aujourd'hui. A la croisée de diverses formes de "non-fiction", les articles et entretiens réunis ici proposent une réflexion sur les rapports entre texte et image, ainsi que sur les pratiques et les discours du cinéma, du théâtre, de l'art vidéo, et du drame radiophonique au XXe siècle et à l'époque contemporaine. Sans perdre de vue pour autant la spécificité des modes de représentation ou de "saisie" du réel propre à chaque domaine artistique, nous interrogeons également l'émergence et la prolifération de formes hybrides qui allient de manière ambiguë la force des faits et la fascination de la fiction.
Reig Christophe ; Romestaing Alain ; Schaffner Ala
Résumé : Tour à tour romancier et journaliste, biographe, scénariste et cinéaste, Emmanuel Carrère a su faire naître de cette diversité son identité d'écrivain en mouvement. Situés aux frontières du fantastique et du réel, ses premiers romans étaient placés sous le signe de la virtuosité formelle ; ils cèdent bientôt la place à des récits biographiques ou autobiographiques qui mettent au jour les ambivalences des consciences. Un tournant majeur s'opère avec L'Adversaire, livre écrit d'après l'affaire Romand, qui place l'auteur - et le lecteur - dans une familiarité troublante avec le criminel. L'oeuvre de Carrère fait ainsi la part belle au "point de vue de l'adversaire" - selon le titre d'un livre projeté mais jamais écrit. Rouvrant progressivement l'écriture du moi à la richesse et à la diversité du monde, les livres de Carrère, souvent élaborés autour d'une structure d'enquête, constituent un des massifs les plus singuliers de la littérature contemporaine. Avec des entretiens et des témoignages d'Emmanuel Carrère, Paul Otchakovsky-Laurens et Pierre Pachet.
Biographie de l'auteur Rafael Reig est né à Cangas de Onis (Asturies) en 1963. Il a passé son enfance en Colombie avant de revenir étudier à Madrid. Il a enseigné la littérature aux Etats-Unis et s'est récemment installé comme libraire. Ce roman a reçu le prix Pata Negra décerné par des libraires.
Ce volume marque les débuts éditoriaux de Patricio Reig, photographe hispano-argentin résidant à Milan, et met en lumière ce thème fondamental qu'est le portrait féminin dans son travail. A l'aide de la photographie, Reig expose l'équilibre subtil de son imaginaire féminin : la face comme l'évidence, l'envers comme son complément essentiel. Ainsi, un visage et la nuque, le derrière et le devant, la lumière et l'ombre se rencontrent pour donner vie à la magie d'un portrait. Patricio Reig imprime et fixe ses images sur des papiers spéciaux provenant d'Asie, pliés et repliés, et finalement plongés dans un bain de café et d'hyposulfite de sodium. Le résultat obtenu le fascine depuis ses premières expérimentations : les taches de café accidentelles deviennent des cicatrices qui caractérisent chaque photographie et, en conséquence, chacune des histoires racontées. Ainsi qu'il le déclare, "un portrait n'est pas l'enregistrement unique d'une identité, mais la stratification de plusieurs autres éléments. C'est pourquoi l'image peut être segmentée, recousue et même pliée sans rien perdre de son essence".
Résumé : Ecrire la muséologie, c'est pouvoir la raconter, la discuter, la faire évoluer, mais surtout la penser, s'interroger sur la manière dont le champ muséal se développe et se transforme. Cet ouvrage présente, pour la première fois, les principaux acteurs et domaines de recherche liés à la muséologie, ses méthodes (constitution de corpus, enquêtes, analyses expographiques) et les modes de communication généraux (articles, mémoires, monographies) ou spécifiques (expositions) qui lui sont associés. Il constitue un outil indispensable pour réaliser un mémoire ou une thèse en muséologie. Il s'adresse donc aux étudiants comme aux professionnels désireux de mieux comprendre la manière dont la recherche structure l'activité et l'évolution des musées.
A l'image des cas psychanalytiques de Freud, les romans de May Sinclair sont des objets déconcertants placés sous le signe du singulier, du particulier et de l'inattendu. Souvent qualifiés de textes hybrides qui se tiendraient à mi-chemin entre les écritures victoriennes et modernistes, ils offrent un contrepoint intéressant aux modèles woolfiens de représentation du féminin en accordant une importance toute particulière aux discours théoriques. Esprit curieux au parcours atypique, Sinclair est en effet aussi une essayiste prolifique, dont les nombreuses publications sur le vote féminin et la condition des femmes, les articles de psychologie et de psychanalyse, les critiques littéraires et les essais philosophiques sont en dialogue constant avec les romans. Ceux-ci ne sont jamais pour autant des romans à thèses : bien au contraire, la prose sinclairienne s'attache systématiquement à remettre en question le cadre de référence, à prolonger le questionnement ou à affiner l'analyse. Explorant la complexité des épistémologies modernistes, cet ouvrage se penche ainsi sur l'influence de la pensée par cas sur la fiction sinclairienne, qui oscille entre l'énigme, le modèle, l'abstrait et l'inconnu.
Entre le XVIIIe et le début du XXe siècles, la presse, les éditeurs et les salons parisiens lancent des auteurs russes en Europe et rehaussent leur réputation dans leur patrie. Les succès des lettres propagent l'image positive de l'Empire. Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des oeuvres, les manoeuvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle.
Indexée sur l'expérience d'un lieu, l'écriture de Jean Rolin se situe au coeur des renouvellements thématiques et esthétiques de la littérature de ces trente dernières années : à partir d'une immersion dans un espace concret - visite réitérée, incursion, séjour prolongé - elle définit une forme littéraire située au croisement du documentaire et du romanesque, en prise sur les espaces contemporains, tentant d'élaborer les conditions d'un possible témoignage. Selon quelles modalités s'opère la saisie incarnée et située d'un territoire ? Comment l'expérience vécue est-elle recomposée par l'écriture, en marge des catégories génériques du reportage ou du récit de voyage ? Comment s'actualise la situation de l'écrivain dés lors que son rapport au monde prend soin d'écarter toute prétention didactique ? C'est à toutes ces interrogations que ce volume s'efforce de répondre à travers des lectures croisées, qui font dialoguer entre elles les différentes oeuvres de Jean Rotin pour mieux en cerner les constances, les récurrences et les évolutions.