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La chasse aux musulmans. Evincer les musulmans de l'espace politique
Razack Sherene ; Tétreau François
LUX CANADA
20,00 €
Épuisé
EAN :9782895961178
La guerre au terrorisme s?incarne dans la contradiction des figures du musulman fanatique et dangereux, de la femme musulmane victimisée et de l?homme blanc civilisé. La chasse aux musulmans explore l?utilisation de ces représentations dans la création et la définition du mythe du devoir d?intervention des nations occidentales (démocratiques) par l?intermédiaire de moyens politiques, militaires et légaux dans son objectif de protection contre la menace étrangère. Sherene Razack démontre que ce mythe est utilisé afin de justifier l?expulsion des musulmans de la sphère publique par l?intermédiaire de processus de stigmatisation, de surveillance à outrance, d?incarcérations injustifiées, de torture et de bombardements. Dans cette contribution importante, l?auteure s?attarde aux mécanismes légaux (certificats de sécurité, interdiction du port de symboles religieux, etc) et sociaux mis en place par les nations occidentales (Scandinavie, Canada, Etats-Unis, France) pour contrer la « menace » musulmane et les insère dans un contexte historique.
On l'appelle "corde du diable", "écharde du souvenir" ou "frontière brûlante": comment le fil de fer barbelé, outil agricole ingénieux, est-il devenu cet outil politique, symbole universel de l'oppression? En évoquant le rôle décisif du barbelé dans trois des plus grandes catastrophes de la modernité - la conquête de l'Ouest et le génocide des Indiens d'Amérique, la boucherie de 14-18 et les exteuninations nazies -, mais aussi en dressant une cartographie de ses usages actuels (propriétés privées, prisons, frontières "chaudes" du globe), Olivier Razac analyse, dans la lignée de Foucault, la violence croissante à l'oeuvre dans la gestion politique des espaces et des populations. Il révèle ainsi un principe paradoxal: le succès persistant du barbelé vient précisément de ce qu'il ne tient qu'à un fil - de son austérité et de sa simplicité. La plus grande violence n'est pas forcément impressionnante, bien au contraire: les meilleurs outils d'exercice du pouvoir sont ceux qui dépensent le moins d'énergie possible pour produire le plus d'effets de domination. Le barbelé, lui-même "mur virtualisé", a ainsi ouvert la voie à des dispositifs de contrôle de plus en plus immatériels, dont la vidéosurveillance et le bracelet électronique sont les derniers avatars...
Mbanzoulou Paul ; Bazex Hélène ; Razac Olivier ; A
La question de la dangerosité des délinquants est actuellement l'objet d'une intense réflexion chez les professionnels et les experts concernés par le phénomène criminel. Face à une demande croissante de sécurité stimulée, entre autres, par les exemples très médiatisés de délinquants récidivistes remis en liberté, de nombreux textes législatifs ont ainsi été adoptés depuis 2005 en réponse à la dangerosité des sortants de prison. La loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental en est une autre illustration. Une série de questions traitées lors du colloque organisé à l'ENAP par le Centre Interdisciplinaire de Recherche Appliquée au Champ Pénitentiaire (CIRAP) sont développées dans cet ouvrage: comment expliquer le regain extraordinaire de cette vieille notion? Comment la définir? De quelle nature est la construction actuelle de la dangerosité? Comment la perçoit-on aujourd'hui? A quelles évolutions historiques, sociale et culturelle peut-elle être reliée? Quelles sont ses manifestations? Est-ce une notion opérationnelle permettant de gérer efficacement les situations dangereuses rencontrées par les professionnels et les citoyens?
Résumé : La médecine protège un corps machine contre des accidents, des dangers et des risques. Envisagé ainsi, ce corps se voit plongé dans le temps oppressant de l'attente, de l'usure et de la prévision. Sa vie est minée par une mort omniprésente qui la grignote et une mort impensable qui la clôt. La grande santé, elle, s'exprime dans un rapport particulier à la dépense où le sacrifice joyeux vient remplacer la comptabilité inquiète ; une pensée du temps qui ne suit pas la pente de l'Inévitable dégradation mais s'éternise dans l'instant présent ; une pensée de la mort qui n'est plus l'usure fatale du corps contre laquelle on lutte sans jamais gagner, mais la décision affirmative de la haute puissance. Dès l'antiquité, la philosophie stoïcienne montre que la santé ne dépend pas de nous et que seule une extrême tension de l'âme peut permettre de se maintenir au-dessus de l'accident qu'est la maladie. La puissance éthique de cette philosophie, comme celles de Nietzsche et Deleuze bien plus tard, consiste à faire vaciller l'évidence d'une santé triste qui nous fait entièrement dépendre des caprices du destin. Ces philosophes pensent un corps qui ne se constitue qu'à travers des épreuves et des expériences périlleuses. Ce corps vit un temps immédiat et infini. La mort n'est rien pour lui, sauf une autodestruction qui est l'essence de la vie. Il s'agit d'interroger ces pensées, contre l'obsession mortifère très contemporaine de la conservation de sol et, pourquoi pas, de redécouvrir une vitalité joyeuse.
Résumé : A partir de 46 entretiens avec des personnes condamnées en probation, les auteurs de ce livre ont cherché à construire un modèle d'expérience de probation qui permette de mieux appréhender le sens que prend l'éclectisme pénal pour les premiers concernés. Isolement social, menace de l'incarcération, aggravation des conditions d'existence, ineffectivité de la peine. Mais si la peine ne sert à rien, comment peut-elle avoir une utilité sociale ? La singularité de cet ouvrage est de laisser pleinement la place, sans la réécrire, à la parole des premiers concernés. Le sens de la peine dans les démocraties libérales est problématique parce qu'il repose sur une multiplicité de logiques hétérogènes, sans cohérence a priori. Cet éclectisme des rationalités pénales est plus marqué encore dans le cas de la probation qui est une forme de justice prétendant prévenir la récidive par un accompagnement hors de la prison.
L'expression "économie de la nature" a surgi dans le vocabulaire des sciences au XVIIIe siècle bien avant que le néologisme "écologie" ne s'impose à nous, plus d'un siècle et demi plus tard. Chez Carl von Linné, Gilbert White ou Charles Darwin, l'économie de la nature désigne l'organisation des relations entre les espèces au vu du climat, du territoire et de leur évolution. Cette économie pense l'imbrication des espèces, y compris les êtres humains, dans un réseau d'interactions incommensurables et impondérables. Mais très vite, les physiocrates, les premiers "économistes", la dévoient pour fonder une science de l'agriculture subordonnée à de prétendues lois du marché. Un détournement dont nous pâtissons jusqu'à ce jour. Tant que ne sera pas restitué son sens, le terme "économie" nous donnera l'impression de voir double dès lors que flanqué de celui d'"écologie". Il nous sera alors dit qu'il faut tenter de réconcilier l'une à l'autre, comme s'il s'agissait de deux champs distincts. Ce court essai s'emploie à redonner ses droits à l'économie de la nature.
Plongée dans le quotidien disloqué de huit foyers des quartiers pauvres de Milwaukee, au Wisconsin, où chaque jour, des dizaines de ménages sont expulsés de leurs maisons. Arleen élève ses garçons avec les 20 dollars qui lui restent pour tout le mois, après avoir payé le loyer. Lamar, amputé des jambes, s'occupe des gamins du quartier en plus d'éduquer ses deux fils. Scott, infirmier devenu toxicomane après une hernie discale, vit dans un mobile home insalubre. Tous sont pris dans l'engrenage des dettes et leur sort est entre les mains de leurs propriétaires, que l'on suit aussi au fil du récit.
Qui mène le monde ? Cette interrogation en soulève une autre : quels principes et quelles valeurs mènent le monde ? Cette question devrait préoccuper en premier lieu les citoyens des pays riches et puissants. Ceux-ci jouissent en effet d'une liberté, de privilèges et de possibilités considérables, fruits des luttes de leurs prédécesseurs, et se trouvent devant des choix décisifs quant à la manière de répondre à des enjeux d'une importance cruciale pour l'humanité. " Dans cet ouvrage, achevé au lendemain de l'élection de Donald Trump, Noam Chomsky offre une vue d'ensemble de la géopolitique actuelle et une synthèse des rouages politiques qui la sous-tendent : des sanctions américaines contre l'Iran à la politique de torture que pratique l'armée des Etats-Unis, en passant par la montée en puissance de la Chine et ses conséquences sur les Etats-Unis et " l'ordre mondial ", sans oublier la nouvelle guerre froide qui couve en Europe de l'Est et la guerre planétaire contre le terrorisme. De moins en moins contraintes par la structure que l'on dit encore démocratique, les puissances mondiales d'aujourd'hui ont un tel potentiel destructeur qu'il est plus urgent que jamais de prêter attention à leurs détracteurs.
Cinq fenêtres grand ouvertes sur la plus austère des saisons, comme autant de façons d'en proposer une histoire sociale et culturelle. Cet essai, poétique et abondamment documenté, puise dans l'art, le sport, l'urbanisme et l'histoire pour décrire les mille facettes de l'hiver : le chauffage au charbon, le patin, l'art romantique, les grandes explorations polaires, les fêtes de fin d'année, la littérature russe, l'art pictural japonais, le hockey ou la retraite de Russie de Napoléon. Avec élégance et érudition, Adam Gopnik sonde aussi les sentiments et attitudes qu'inspire la saison et montre comment ceux-ci changent avec le temps et la distance, donnant ainsi à lire une représentation commune et humaine du froid et de la neige. L'hiver, qu'on ne trouve jamais aussi beau qu'à travers les fenêtres givrées d'une demeure chaude et protectrice, évoque aussi une grande vérité anthropologique : c'est toujours de l'intérieur que nous appréhendons le mieux le monde extérieur.