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Fils d'Adam. Nostalgies communistes
Rayski Benoît
EXILS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782912969798
De ton enterrement, j'ai fait une fête. Il y avait du monde. J'en ai rameuté de Pologne, de Roumanie, d'Union soviétique, de France. Tous ceux que tu as connus, qui t'ont connu, que tu as aimés, admirés parfois. L'endroit que tu as choisi pour ta sépulture ne laisse en effet aucun doute sur ceux que tu as voulu voir autour de toi. Car tu as décidé de te poser à quelques mètres du mur des Fédérés, qui perpétue la mémoire déchiquetée des communards. Est-ce un hasard ? Et devrais-je considérer comme fortuit ce vis-à-vis avec les tombes des grands communistes français, héros et martyrs pour certains, apparatchiks staliniens pour tant d'autres ? Ils furent ta famille. Tu finissais vieux Juif en te souvenant que tu avais été jeune, très jeune communiste." Ce que propose ici Benoît Rayski est une lettre émouvante adressée à son père Adam, disparu en 2008. C'est aussi, à travers lui, une évocation des grandes tragédies du milieu du XXe siècle en Europe. Car Adam Rayski, Juif de Pologne, fut une grande figure de la Résistance en France, un cadre du Parti communiste, et un personnage hors du commun. Chef politique des FTP-MOI, bras armé du Parti pendant la guerre, il décide de rentrer en Pologne en 1949, mais réussit à revenir en France en 1957. Condamné par contumace dans son pays natal, il est aussi traduit devant un tribunal militaire français et condamné à sept ans de prison pour... espionnage au profit de la Pologne !
Résumé : " On pardonnera au fils d'un juif polonais, né en 1913 et devenu très vite communiste, de considérer que c'était un destin hors du commun que celui d'un homme amené par ses choix à se battre contre les régimes d'avant guerre en Pologne, puis à s'exiler en France pour y vivre à l'ombre des pelotons d'exécution nazis, et enfin à revenir - toujours communiste-dans une Pologne devenue le plus grand cimetière juif de l'Histoire. On ne lui reprochera pas non plus de penser que mieux valait vivre, souffrir, se battre et, éventuellement faire fausse route, plutôt que d'adopter des positions peut-être plus réalistes, plus paisibles, fabriquant une vie plus quelconque. "
Quand, en 2007, Nicolas Sarkozy décida pour des raisons qui lui étaient propres (et que l'on peut trouver admirables ou sournoises, sincères ou hypocrites, honnêtes ou fourbes) que la lettre d'adieu écrite par Guy Môquet serait lue dans tous les lycées de France, on vit se lever une tempête de protestations, de rejets et d'indignations dont la Force fut égale à l'extraordinaire bassesse qu'elle révélait. Jamais, dans ce pays, Tartuffe ne s'était manifesté avec autant d'arrogance, de certitude bien-pensante et de médiocrité crasse. Des bataillons d'enseignants révoltés, des régiments d'universitaires meurtris, des historiens, des journalistes, de besogneux penseurs prétendirent entrer en "résistance'. On vit ainsi apparaître une classe triomphante, celle d'une Lumpen-intelligentsia descendue assez bas pour réussir sa Fusion avec le Lumpenproletariat mondial devenu son idole. Des hommes et des femmes qui avaient parcouru quelques livres, lu deux ou trois articles, feuilleté rapidement quelques brochures. Tous, bardés d'une morgue confite, entendaient montrer à la France et au pouvoir haï qu''on ne la leur ferait pas'. La pensée petite-bourgeoise dans toute sa niaiserie. C'est d'eux, et d'elle, que ce livre parle. Pour eux, pour elle, le cadavre de Guy Môquet était trop grand. Beaucoup trop grand. Biographie de l'auteur Benoît Rayski est journaliste et essayiste. Il a été notamment chef du service étranger de France-Soir, rédacteur en chef au Matin de Paris et rédacteur en chef de Globe. On lui doit plusieurs essais, dont l'Enfant juif et l'enfant ukrainien (2001), L'Affiche rouge (2004), le Chirac se cachera-t-il pour mourir? (2005). Il est également l'auteur d'un récit autobiographique, Là où vont les cigognes (2007)."
Pendant longtemps j'ai cru que les imbéciles et les salauds avaient élu domicile à droite. C'était confortable. Je sais maintenant qu'ils sont nombreux dans mon propre camp. C'est insupportable." Ce livre n'est pas un livre sur Sarkozy. Il n'est pas non plus un livre sur ceux qui le critiquent et le combattent. Ce livre est un livre sur ceux qui le haïssent et qui, pour le dire, ont la bave aux lèvres.
Résumé : Guillotiné le 8 août 1942 dans la cour de la Santé, Isidore David Grunberg fut le plus jeune résistant décapité par Vichy. Elève au lycée parisien Voltaire, Juif polonais, communiste, "terroriste" puisque membre de la branche militaire du PCF, Grunberg fut condamné à mort par un tribunal d'Etat du régime du maréchal Pétain et exécuté "à la française". Les Allemands fusillaient. La guillotine, c'était français. La Résistance antinazie était aussi en guerre contre la France du maréchal Pétain. Guerre menée souvent par de très jeunes gens. Au bout du combat de ces adolescents il y avait le plus souvent la mort. Tout est ici décortiqué : Vichy, ses tribunaux, sa police, ses magistrats ; tout y est, et en même temps il n'y a pas grand-chose. Parce que nommé sous-lieutenant à titre posthume, à la Libération donc, Isidore David Grunberg n'a presque pas eu de vie. Et ça continue. Aujourd'hui encore, aucune rue ne porte son nom, aucune plaque commémorative ne le mentionne. Il n'est même pas sur la fameuse affiche rouge où figurent les noms de ses copains de quartier. L'oubli est la plus profonde des tombes. Stèle pour le sous-lieutenant Grunberg sort un héros de l'anonymat et le rend à l'immortalité.
50 écrivains répondent à la question. Ce questionnaire fait suite en quelque sorte à deux initiatives précédentes, les surréalistes en 1919 demandant "Pourquoi écrivez-vous" à une centaine d'écrivains français, et le journal Libération renouvelant l'expérience en 1988 (auprès de 400 écrivains étrangers et français). Une enquête nécessaire alors que le numérique et la vidéo accaparent petits et grands... En supplément, "Papiers" fera une liste exclusive des "30 livres de littérature à lire pour comprendre le monde contemporain". Egalement au sommaire de ce numéro : les souvenirs de Jane Birkin sur sa jeunesse et Gainsbourg ; la masterclasse du dessinateur BD et cinéaste Ryad Sattouf ; comment vivre alors que la fin du monde est annoncée (tentative d'explication de la "collapsologie") ; la féminisation de la langue française ; restituer les oeuvres d'art à l'Afrique (et à l'Asie).
L'Afrique a survécu à tant de choses, l'esclavage, les guerres, la colonisation. Elle survira au développement ! " Terrible industrie du développement : les missions internationales se succèdent, la Banque mondiale et les Nations unies lancent de vastes programmes, les ONG s'arrêtent à des micro-projets ou interviennent dans l'urgence, contre la sécheresse, la famine, l'exode. Chaque expert, après quelques semaines sur le continent, est persuadé d'avoir compris. De nouveau, il réinvente l'Afrique ; " Nous avons fait croire aux Africains que nous avions les réponses, et ils ont oublié les questions ". Voilà pourquoi, sous prétexte de développement un continent est livré à tous les mauvais rêves des occidentaux, au néocolonialisme et à l'ethnocide. Avec la participation parfois enthousiasme de certains Africains. Au-delà des clichés touristiques, au-delà du sensationnalisme des désastres, ce livre est d'abord un regard en récit. Après des années d'études sur le terrain (d'où sera tiré l'ouvrage resté fameux, L'Afrique étranglée, écrit avec René Dumont). Marie-France Motteux passera huit ans sur le continent noir. Elle nous fait vivre la sécheresse en Mauritanie, les mondanités de Dakar, l'arrivée du Président français au Mali... Quelques années plus tard le paysage s'assombrit : Somalie, Libéria, Rwanda, Zaïre... La confusion, l'anarchie, semblent partout présentes. " Tout n'a pas si mal tourné. Il faut nous laisser à notre propre rythme ", explique pourtant Juliennes K. Nyerere, l'ancien président de Tanzanie. Oui, l'Afrique survivra au développement.
Proust jeune homme fréquente assidûment le Louvre et ses peintres, infligeant à ses amis (Reynaldo Han, Lucien Daudet,etc.) des rendez-vous étranges au musée et de longues stations devant les tableaux. Dans la réponse au fameux questionnaire sur son peintre préféré, il répond Léonard et Rembrandt. Que fait Proust devant les Vinci du Louvre, en particulier le Saint-Jean Baptiste et la Joconde ? Il apprend ce que voir veut dire et ce que créer une oeuvre appelle de séparation et de force. Cet enquête d'Olivier Wickers, auteur de plusieurs essais remarqués (en particulier Chambres de Proust, Flammarion, 2013) emmène le lecteur dans les arcanes de la création artistique et littéraire.
Le seul moteur de notre civilisation productiviste est la destruction. Destruction des hommes, des peuples, des milieux naturels, destruction même de cette économie qui, emportée par son élan criminel, s'autodétruit et en trouve à se survivre qu'en détruisant ailleurs. " Le constat d'Armand Farrachi est clair : malgré les déclarations d'intention, malgré les efforts des écologistes, la planète est en danger. Ses ennemis cherchent un profit immédiat à empoisonner l'air, les sols et l'eau, à abattre les arbres et les animaux. Ils trouvent en outre un intérêt à détruire la réalité pour lui substituer un réel artificiel, éventuellement virtuel, qu'ils contrôleraient entièrement. Qui sont les ennemis de la Terre ? Les producteurs qui se livrent au pillage de la nature. Les chasseurs, pour qui la mort du non-humain est un loisir. Les consommateurs, prêts à brader leur liberté et leur responsabilité contre la promesse d'un bien-être trompeur. Les idéologues qui justifient la violence contre le vivant par les concepts commodes de " progrès " et " d'humanisme "... Cet essai polémique permet de prendre la mesure d'une agression généralisée. Sous forme de réponses aux critiques, il invite aussi à relever le défi de la liberté et à établir de nouvelles relations entre la planète et les hommes. La défense de la nature n'est-elle pas le plus sûr moyen de penser et de garantir la liberté individuelle ?