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L'étrangère N° 56 : Dossier Esther Tellermann
Rannou François
LETTRE VOLEE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782873175986
L'oeuvre poétique d'Esther Tellermann autour de laquelle nous avons construit ce dossier marque son époque tout comme elle en porte les traces profondes. Ce dossier met en évidence non seulement la profondeur et la mobilité de cette écriture poétique, laquelle se décline sous d'autres formes expressives telles que le récit et l'essai. Dense, sa poésie témoigne de la fragilité du monde dans lequel nous vivons. Cette parole poétique est forte, sans concession, alors qu'elle cherche à percer toutes les facettes de l'existence, depuis les moments les plus intime jusqu'aux événements les plus englobant de la culture, de l'histoire comme de ses dérives catastrophiques du monde actuel avec la violence et la barbarie que l'on y décèle, ouvrant sur des moments d'effondrement généralisé. François Rannou, qui a coordonné ce dossier, rappelle de manière très juste dans sa présentation l'état du monde dans lequel nous vivons, en reprenant les mots mêmes d'Esther Tellermann : "La guerre entre les sexes, entre les peuples, la torture, le chaos qu'instaure l'homme sur la Terre dans le même temps qu'il construit ses échafaudages politiques, philosophiques, psychologiques, scientifiques" . Nous complétons le dossier ici présenté par quelques contributions d'auteurs qui accompagnent le cheminement de la revue depuis un moment.
En 2013, les pratiques relevant du paradigme du sujet-lecteur sont officiellement devenues, en France, une "ressource pour le collège et le lycée" . Cette première reconnaissance institutionnelle constitue une étape dans l'histoire d'une notion récente de didactique de la littérature. Cette officialisation limitée ne saurait suspendre les recherches, déjà importantes et productives, mais sources, également, de résistances ou d'interrogations. Peut-on dire, par exemple, qu'écrire pour lire au plus près de ses pensées les plus personnelles constitue une aide pour tous les élèves ? Pour répondre aux questions, cet ouvrage met l'accent sur les dispositifs où l'écriture des lectures est requise, en choisissant de s'intéresser à leur variété, signe de créativité, mais aussi de la nécessité des adaptations aux contextes et aux publics. Quant à la diversité des jeunes sujets en devenir, il l'envisage surtout du côté des petits ou faibles lecteurs. Pour eux, l'écriture de leur lecture n'est-elle pas une difficulté supplémentaire ? Et quel profit retirent-ils lorsque leur subjectivité a droit de cité dans les classes ? A travers ces questionnements et les analyses qui en découlent, cet ouvrage veut contribuer à un état des lieux des travaux et des expériences. Il le fait en trois parties et envisage d'abord le sujet lecteur-scripteur de manière générale, avant quatre chapitres sur le dispositif du carnet de lecture et une dernière partie de sept chapitres où la diversité des dispositifs, leurs réussites et les difficultés rencontrées sont envisagées.
Rannou François ; Prigent Christian ; Favereau Fra
En mai 1981, Europe consacrait un dossier à la littérature de Bretagne. On y sentait pleinement l'effervescence de ces temps d'espérances et la grande richesse, même un peu désordonnée, de parcours singuliers trop méconnus. Presque vingt-cinq ans plus tard, ce paysage a été profondément remodelé. Les enjeux ne sont plus les mêmes, ils se sont déplacés. Ce qui définit le mieux cette littérature aujourd'hui, c'est le regard critique qu'elle porte sur elle-même. Après les années soixante-dix, années de protestations, de revendications culturelles (en breton et en français), a commencé, à partir de la deuxième moitié des années quatre-vingt, une phase d'interrogation sur son identité en vue d'une reconstruction, d'une refondation. Une ambition, commune aux écrivains des deux langues, est bien discernable, celle de s'arracher à une gangue de plus en plus étouffante, déniant à la littérature le droit d'investir son propre espace. Ce nouveau numéro d'Europe veut tenter d'en inscrire la trace et montrer la riche diversité d'?uvres qui s'accomplissent souvent dans une sorte de marge où on les tient confinées. Il est nécessaire qu'enfin apparaisse au grand jour cette nouvelle littérature bretonne. " Bretonne " parce qu'elle porte en soi pour être vraiment elle-même sa part d'ailleurs, déclencheur d'imaginaire, parce qu'à travers elle peut se délivrer une " matière " qui irrigue et nourrit la littérature universelle. " Nouvelle " parce qu'elle sait interroger son passé, en saisir les liens brûlants, en former l'actualité, le remettre en question avec un esprit critique pertinent. C'est enfin une littérature vivante dont les ouvres en cours tracent les contours d'un paysage ouvert sur le large, un paysage où les vents soufflent leurs promesses d'avenir.
Rares sont ceux qui ont mis autant de soin qu'Henri Michaux à s'effacer de la vie publique, à disparaître du quotidien. Lui qui n'était que mouvement refusait qu'on puisse le voir réduit à une silhouette figée ; lui qui disait "Je peins et j'écris pour me trouver" s'insurgeait qu'on essaie de traquer son image, de la lui dérober, de l'exhiber ensuite. Très tôt, il s'est mis à l'écart et, refusant la preuve et la trace, il s'est estompé : "Quand vous me verrez, allez, ce n'est pas moi." Il s'est pourtant attaché à la reconquête de lui-même par les mots et par les traits, de sorte que, comme l'a dit Asger Jorn : "Autant il s'efface dans son entourage, autant il se déploie souverainement dans ses oeuvres." Cet ouvrage qui accompagne et prolonge l'exposition "Henri Michaux. Face à face", présentée à la Biblioteca Wittockiana à Bruxelles puis au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, fait apparaître ce que disent les textes d'Henri Michaux sur la peinture, la sienne et celle des autres (de Klee à Zao Wou-Ki, de Matta à Magritte), et ce qu'ils disent face à la peinture (dans des livres illustrés qui sont de vrais livres de dialogues). Il montre aussi une série de portraits tracés rageusement ou tendrement, dans la saisie rapide ou la contemplation et qui sont peut-être un immense et fascinant autoportrait...
Au lecteur à se faire l'écrivain de sa vie au jour le jour en s'appropriant ce livre qui deviendra, suivant l'humeur du moment et de chacun, agenda ou source d'inspiration, carnet de notes ou de croquis, journal intime ou présent.