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La mésentente. Politique et philosophie
Rancière Jacques
GALILEE
31,01 €
Épuisé
EAN :9782718604503
Le mot de philosophie politique ne désigne aucun genre ou territoire de la philosophie. Il est le nom d'une rencontre polémique où s'exprime le paradoxe de la politique : son absence de fondement propre. La politique commence quand l'ordre naturel de la domination et la répartition des parts entre les parties de la société sont interrompus par l'apparition d'une partie surnuméraire, le démos, qui identifie la collection des incomptés au tout de la communauté. L'égalité, qui est la condition non politique de la politique, ne fait effet que par le jeu de cette partie litigieuse qui institue la communauté politique comme communauté du litige. A partir de ce mécompte premier s'institue une logique de la mésentente, également éloignée de la discussion consensuelle et du tort absolu. La "philosophie politique", elle, commence avec la récusation platonicienne de l'apparence, du mécompte et du litige propres à la démocratie, et la requête d'une politique "en vérité". On s'interrogera sur les transformations du régime de cette vérité, de l'archipolitique platonicienne à la métapolitique marxienne, et sur leurs effets en retour dans la pratique politique. De là peuvent se déduire quelques repères pour analyser aujourd'hui la complémentarité de l'idylle consensuelle et du mélodrame humanitaire, tout comme l'équivalence de la "fin" de la politique et de son "retour".
Résumé : Dans Figures de l'histoire, Jacques Rancière poursuit sa subtile réflexion sur le pouvoir de représentation des images de l'art. Comment fait l'art pour rendre compte des événements qui ont traversé une époque ? Quelle place attribue-t-il aux acteurs qui les ont faits ? ou à ceux qui en ont été victimes ? D'Alexandre Medvedkine à Chris Marker, de Humphrey Jennings à Claude Lanzmann, mais aussi de Goya à Manet, de Kandinsky à Barnett Newman, ou de Kurt Schwitters à Larry Rivers, ces questions ne sont pas seulement celles que posent les spectateurs aux oeuvres qu'ils rencontrent. Elles sont celles de l'histoire de l'art elle-même. S'interroger sur la manière avec laquelle les artistes découpent le monde sensible pour en isoler ou en redistribuer les éléments, c'est s'interroger sur la politique au coeur de toute démarche artistique. Telle est la démarche de Jacques Rancière, pour qui il n'est pas d'image qui, en montrant ou en cachant, ne dise quelque chose de ce qu'il est admis, dans tel lieu ou à tel moment, de montrer ou de cacher. Mais aussi pour qui il n'est pas d'image qui ne puisse, en montrant ou en cachant autrement, rouvrir la discussion à propos des scènes que l'histoire officielle prétendait avoir figées une fois pour toutes. Représenter l'histoire peut conduire à l'emprisonner ? mais aussi à en libérer le sens.
Loin d'être accessoire, la réalisation d'entretiens fait partie intégrante du travail de Jacques Rancière. D'entretien en entretien, Rancière s'est toujours attaché à commenter et à expliciter son parcours et ses interventions en en exposant les inflexions et les continuités; à opérer un travail de définition, de redéfinition et de démarcation par rapport à d'autres interventions théoriques; à montrer le caractère indissociable de ses textes sur la politique, l'esthétique, l'art, le cinéma et la littérature; à apporter des réponses aux objections et interrogations soulevées par ses écrits. Sorte de cartographie en mouvement de la pensée de Jacques Rancière, ce recueil, qui contient notamment des entretiens difficilement accessibles ou inédits en français, constitue un outil indispensable pour tous ceux qui s'efforcent de définir les termes d'une politique démocratique radicale aujourd'hui.
La politique de la littérature n'est pas celle des écrivains et de leurs engagements. Elle ne concerne pas non plus la manière dont ils représentent les structures sociales ou les luttes politiques. L'expression "politique de la littérature" suppose un lien spécifique entre la politique comme forme de la pratique collective et la littérature comme régime historiquement déterminé de l'art d'écrire. Ce livre s'attache à montrer comment la révolution littéraire bouleverse de fait l'ordre sensible qui soutenait les hiérarchies traditionnelles, mais aussi pourquoi l'égalité littéraire déjoue toute volonté de mettre la littérature au service de la politique ou à sa place. Il met ses hypothèses à l'épreuve sur quelques écrivains: Flaubert, Tolstoï, Mallarmé, Brecht, Borges, et quelques autres. Il en montre aussi les conséquences pour l'interprétation psychanalytique, la narration historique, ou la conceptualisation philosophique.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.