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Sao Bernardo
Ramos Graciliano ; Leibrich Geneviève
GALLIMARD
8,90 €
Épuisé
EAN :9782070148790
Rien ne laissait prévoir que Paulo Honório, un jour, tenterait d'écrire son histoire. Orphelin pauvre, ne connaissant même pas la date de sa naissance, il est devenu un propriétaire terrien sans scrupules, brutal et agressif. Il maltraite ses paysans, escroque ses voisins, intrigue lors des échéances électorales. Homme d'action, il ne prend la plume que poussé par l'échec de sa vie : le suicide de Madalena, la jeune institutrice que, dans sa quarante-cinquième année, il a épousé par amour. Mais jamais la jeune femme n'a accepté la conduite de Paulo, ni sa jalousie - au point de préférer mourir plutôt que d'obéir à sa loi. De cette perte, Paulo Honório ne se console qu'en tentant de revivre, par l'écriture, l'itinéraire qui fut le sien. Assis à sa table, fumant la pipe et buvant du café devant "le feuillage noir des orangers la nuit", il trouve une sorte de sérénité. Devant nous ressurgissent les épisodes les plus divers de son existence, les premières rencontres avec Madalena, la mort, sa solitude actuelle, avec ce fils que Madalena lui a donné et qu'il n'aime pas. São Bernardo est un roman d'apprentissage à rebours, dans lequel un homme vieillissant s'efforce de comprendre son trouble passé à l'aide de mots qu'il doit retrouver au-delà de sa mémoire, derrière le langage utilitaire qui a été le sien toute sa vie.
Rien ne laissait prévoir que Paulo Honório, un jour, tenterait d'écrire son histoire. Orphelin pauvre, ne connaissant même pas la date de sa naissance, il est devenu un propriétaire terrien sans scrupules, brutal et agressif. Il maltraite ses paysans, escroque ses voisins, intrigue lors des échéances électorales. Homme d'action, il ne prend la plume que poussé par l'échec de sa vie : le suicide de Madalena, la jeune institutrice que, dans sa quarante-cinquième année, il a épousé par amour. Mais jamais la jeune femme n'a accepté la conduite de Paulo, ni sa jalousie, au point de préférer mourir plutôt que d'obéir à sa loi. De cette perte, Paulo Honório ne se console qu'en tentant de revivre, par l'écriture, l'itinéraire qui fut le sien. Assis à sa table, fumant la pipe et buvant du café devant "le feuillage noir des orangers la nuit", il trouve une sorte de sérénité. Devant nous resurgissent les épisodes les plus divers de son existence, les premières rencontres avec Madalena, la mort, sa solitude actuelle, avec ce fils que Madalena lui a donné et qu'il n'aime pas. São Bernardo est un roman d'apprentissage à rebours, dans lequel un homme vieillissant s'efforce de comprendre son trouble passé à l'aide de mots qu'il doit retrouver au-delà de sa mémoire, derrière le langage utilitaire qui a été le sien toute sa vie.
Dans le sertao semi-désertique, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vitória, leurs deux enfants et la chienne Baleine s'installent dans une ferme abandonnée. Ils se mettent au service d'un maître qui les exploite et survivent dans le dénuement extrême. Dans ce monde seulement régi par les rapports de force et l'hostilité de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle sécheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir ténu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville. Vies arides est composé de treize chapitres qui nous donnent tour à tour le point de vue de chacun des personnages. Dans ce roman, Graciliano Ramos dépeint la situation sociale d'un Brésil nordestin où "convergent la dureté des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la déshérence d'une région oubliée du reste du pays", mais c'est bien sûr la destinée de tous les hommes qui luttent pour survivre. Par son style épuré et sa structure cyclique, l'ouvrage, publié en 1938, a bouleversé les canons de la littérature brésilienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l'une des oeuvres majeures de la littérature du XXe siècle.
Résumé : L'univers étriqué et médiocre d'une ville du Nord-Est brésilien pendant les années trente. Un petit fonctionnaire avec des velléités littéraires. Une vieille servante sourde et excentrique qui enterre ses gages au fond du jardin. Un perroquet. Une jeune fille écervelée, sensuelle et vénale. Ses deux parents dépassés par les événements. Un don Juan de province, gras, fat et bavard. Un mendiant itinérant, instrument du destin. Tels sont les ingrédients de cette histoire où le héros tue son rival dans un geste de somnambule qui tient à la fois du crime gratuit et de l'autodestruction. Ce roman, publié en 1936, est alors d'une audace et d'une modernité étonnantes. Roman existentialiste avant la lettre, Angoisse reste une des oeuvres les plus troublantes de Graciliano Ramos et des plus déconcertantes de la littérature brésilienne.
Résumé : En 1936, Graciliano Ramos est directeur de l'Instruction publique de l'Etat d'Alagoas, dans le Nordeste brésilien. C'est aussi un écrivain connu. Il vient de publier São Bernardo, il achève Angústia (Angoisse). Ce qu'il écrit, ce qu'il pense composent de lui la figure d'un homme libre. Il n'en faut pas davantage alors pour devenir suspect : le climat politique est tendu, Getúlio Vargas prépare le coup d'Etat qui installera la dictature de l'Estado Novo. Les prisons se remplissent. Les communistes sont visés, mais aussi tout ce qui peut faire obstacle aux desseins de l'homme fort du Brésil : la gauche, les libéraux, les intellectuels, les étrangers. Un jour de mars de cette année agitée, Graciliano Ramos est arrêté, sans motif, sans explication. Pendant onze mois ce seront la même opacité, la même angoissante absurdité. Le fond de l'horreur est atteint au bagne d'Ilha Grande, colonie pénitentiaire sous les tropiques. Là sont parqués "politiques" et prisonniers de droit commun. Lorsqu'il quitte la colonie, Graciliano Ramos, à quarante-quatre ans, est un vieillard épuisé. Dix ans plus tard, il entreprend la rédaction de ses Mémoires de prison. Un projet longuement médité, longtemps ajourné. Il y consacrera les dernières années de sa vie. Livre de la mémoire, cet ouvrage ne sera pas un pamphlet politique. Graciliano Ramos se garde aussi de tout exhibitionnisme. Ce qu'il veut, c'est communiquer le plus aigu des sensations, des situations, des sentiments. Cette recherche au fond de soi et des autres était indissociable d'une réflexion sur la véracité du récit : une entreprise de rigueur. "Les prisons sont notre miroir", écrivait à Cannes, il y a quelques années, J. M. G. Le Clézio à propos du beau film de Nelson Pereira dos Santos adapté de ces Mémoires. Ces mots valent pour ce chef-d'oeuvre de la littérature brésilienne.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.