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Chaque pierre a son histoire
Rajsfus Maurice
GINKGO
19,00 €
Épuisé
EAN :9782846792103
Je ne crois à rien, même s'il m'arrive de faire confiance. La crédulité est certainement la pire des calamités. S'en remettre à celui qui prétend résoudre tous les problèmes de l'heure ouvre la voie à la soumission douce puis à la résignation obligée. La bonne foi trop affichée est souvent de mauvais aloi. Il convient donc de se méfier de ceux qui, la main sur le coeur, promettent un meilleur avenir à l'humanité souffrante. La belle assurance d'un bateleur de foire politique ne fait surtout que masquer la volonté d'amadouer les naïfs. Il ne faut accorder aucun crédit à ces diseurs de bonne aventure qui ne cessent d'affirmer leur intention de nous façonner un monde idyllique. Sous la bonne mine de l'audacieux peut s'abriter l'aventurier ordinaire, bien décidé à pourrir l'existence des égarés qui, bien imprudemment, se laissent bercer par de bonnes paroles.Simplement, il me faut constater l'existence du soleil, de la lune et des étoiles. J'aime la pluie, les jours d'orage, tout comme je peux apprécier la neige quand je suis chaudement vêtu. Comment ne pas être ému par la naïveté des animistes qui s'émerveillent, à la vue des grands arbres et des fleuves tumultueux. Adorer ces représentations de la nature n'exclue certainement pas les rudes combats tribaux, ou même la férocité, mais la vie est ainsi faite que la haine ordinaire n'a que rarement épargné ceux qui ne cessent de lutter pour leur survie. Chacun pour soi semble avoir été la loi naturelle à toutes les époques, même si quelques égarés n'ont jamais manqué d'apparaître pour contrarier les mauvais penchants du plus grand nombre.Il faut donc tristement constater que la simplicité n'engendre pas nécessairement la fraternité, et surtout pas la tentation de faire confiance à ceux qui ont la prétention de ne pas être conformes à un modèle établi. De plus, si les différences ne sont pas établies, il y a toujours cette certitude affirmée des uns à être supérieurs à tous les autres.Sans trop d'enthousiasme, il me faut côtoyer mes contemporains dont un grand nombre sont loin d'être fréquentables. Il n'y a pas d'obligation à aimer ses semblables, comme tentent de nous l'enseigner les Évangiles. Il serait même préférable de s'en méfier, en certaines occasions. Particulièrement de ceux qui se prétendent bons apôtres. Dans ce sens, il convient de ne jamais céder aux incitations des puissants. De même, comment ne pas manifester notre méfiance contre ceux qui prétendent nous imposer un monde modelé selon leurs désirs malsains. Il faut également être méfiant face aux porteurs de vérités, comme des diffuseurs d'évidences qu'il ne devrait pas être possible de critiquer. Je ne crois donc pas, me risquant seulement à avoir des convictions, lesquelles ne peuvent être définitives. Ai-je seulement cru au Père Noël? Je n'en suis pas certain!
Résumé : En 1938, Maurice Rajsfus avait dix ans. Il habitait Vincennes et fréquentait le cours moyen de l'Ecole de l'Ouest. Dans ce livre de souvenirs, il nous raconte son enfance, celle d'un fils d'émigrés juifs polonais qui voulait croire à la veille de la Seconde Guerre mondiale que la France était une terre d'accueil. Au fil des pages, l'auteur nous parle des jeux plus ou moins turbulents et des rites souvent cocasses auxquels se livrent ses camarades et lui-même afin d'oublier la discipline scolaire et son culte des peuples gaulois. Mais déjà certains noms deviennent " difficiles à prononcer ", dont celui de Rajsfus. La " récréation " s'achèvera le 16 juillet 1942, quand la police française viendra arrêter le petit Maurice et ses parents.
Résumé : "Soixante millions de Français et cinq milliards et demi d'étrangers !" "La France éternelle, la France fille aînée de l'Église, la France coloniale, l'Algérie française, la France aux Français. Tout pour les beaufs." "Les policiers français ne sont pas racistes. C'est interdit par la loi !" Qui n'a jamais grincé des dents, jusqu'à s'en faire mal, face à la bêtise humaine ? Comment supporter la stupidité qui prend l'apparence de l'indifférence ? L'existence serait insupportable s'il n'était plus possible d'épingler les imbéciles par quelque bon mot assassin, une de ces formules qui dérident les plus pessimistes et permettent de supporter un univers où l'on ne rit plus guère.
Tandis que les pays riches restent depuis cinq ans obnubilés par "la crise" qui, par ses turbulences inattendues en haute altitude, trouble un peu l'expansion de l'opulence à laquelle ils sont habitués, et que la Chine pour sa part semble atteindre un palier de transformation dans sa prodigieuse croissance, l'Afrique connaît à bas bruit une mutation positive où s'esquisse une émergence qui étonnera le monde. Les plaies endémiques de ce continent (maladie, pillage, guerres, corruption, etc.) reculent tandis qu'une croissance soutenue amorce un chemin de réel développement pour une population en passe d'égaler avant longtemps celle de la Chine ou de l'Inde. Plus significatif encore, le morcellement qui a toujours fragmenté ce continent commence à le céder à une extension rapide de toutes les formes de mise en réseau, tandis que les effets d'une vaste diaspora tissent partout des liens vivaces avec le reste du monde. L'Afrique, dernière venue dans l'immense mouvement tectonique d'émergence qui transfigure le monde depuis un tiers de siècle, apporte à l'humanité l'énergie d'un renouveau avec lequel il faudra compter, et dont les promesses invitent à passer envers elle d'une culture de l'aide à une éthique de la synergie.
Charles Wiener (1851-1913) occupe une place particulière parmi les explorateurs du XIXe siècle. Né en Autriche, et installé avec sa famille à Paris, Charles Wiener s'intéresse très tôt aux civilisations précolombiennes. C'est donc à l'âge de 24 ans qu'il entreprend son premier voyage dans les Andes, prélude à une longue carrière d'explorateur et de diplomate au service de la France. Entre 1875 et 1877, il arpente ainsi le Pérou et la Bolivie à la recherche des civilisations précolombiennes, que l'on ne connaissait à l'époque que fort peu. Voyage au Pérou et en Bolivie, publié en 1880, nous livre de passionnantes informations sur les régions traversées et les populations rencontrées. Ce récit, associe de manière originale la description savante et l'aventure au sens propre du terme (courses-poursuites à cheval, attaques de bandits de grands chemins, duels aux revolvers). On y apprend aussi comment, 35 ans avant sa découverte officielle, Wiener tenta de localiser et d'explorer une cité mystérieuse dont il avait entendu parler : Machu Picchu. Aujourd'hui réédité avec la plupart des superbes illustrations d'origine, Voyage au Pérou et en Bolivie, est un précieux témoignage sur le monde latino-américain à l'aube de l'ère industrielle. Il est accompagné d'une introduction de Pascal Riviale, spécialiste de l'histoire de l'américanisme.
Elisabethville, Congo belge, fin des années cinquante. Léopold Kitoko Wilson, le jeune métis, adopté par Harry Wilson " un Blanc " et Mania Malkia, la nourrice, africaine au c?ur d'or et " forte gueule " forment une famille improbable et singulière. Roman à trois voix, " Sang mêlé " aborde avec délicatesse et réalisme l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Il nous parle de la quête d'identité de Léo, pris entre deux mondes. Il nous parle aussi de l'homosexualité de Harry, cause de son exclusion du cercle des colons. Il nous parle de Mama Malkia, plus tout à fait africaine, mais noire aux yeux de tous. Il nous parle aussi de la décolonisation et évoque de manière saisissante l'atmosphère du Congo belge à la veille de l'indépendance. Chacune de ces voix nous parle de la difficulté à vivre sa différence. Chacune de ces voix nous livre sa vision de l'époque coloniale dans un questionnement sans outrance mais, sans compromis.
La multiplication des régimes autoritaires, le protectionnisme étatsunien, les réponses disparates apportées aux problèmes écologiques entre autres semblant confirmer les choix géopolitiques de l'année précédente, la Fondation pour la Prospective et l'innovation (FPI) se devait, dans son Almanach 2020 et son programme de travail, d'en éclairer les différentes composantes et enjeux. Si les Unes des journaux s'intéressent surtout aux crises du Moyen-Orient dans un contexte exacerbé de tensions politiques entre les Etats-Unis et l'Iran, elles ne traitent pour l'instant qu'à minima la guerre économique à laquelle se livrent les mêmes Etats-Unis et la Chine, se focalisent sur les risques et les incertitudes de l'épidémie de coronavirus. Et pourtant, le risque est grand d'une généralisation systémique de conflits de tous ordres à l'échelle planétaire. Il en découlera inévitablement un bouleversement des relations internationales ainsi qu'une recomposition en profondeur des équilibres internationaux, faisant renaître les perspectives de guerres mondialisées. Dans ce contexte, quels seront la place et le rôle de l'Europe, elle-même tiraillée a l'interne par des mouvements dissidents profonds ? Sera-t-elle spectateur ou acteur sur les grands sujets du moment : changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, etc. ? Laissera-t-elle s'imposer un bilatéralisme sino-américain au détriment d'un multilatéralisme qu'elle souhaite promouvoir ? Que fera-t-elle pratiquement pour une Afrique désireuse de ne pas être laissée à la périphérie des préoccupations du monde avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins en matière de révolution digitale et d'investissements ? L'Almanach 2020 dé la Fondation Prospective et Innovation (FPI) reprend ainsi et développe ces thèmes primordiaux dans le souci non de décrire le futur mais plus simplement d'appeler à la réflexion par la compréhension des grands enjeux qui façonnent notre devenir.