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Mille histoires diraient la mienne. L’historienne, les témoins et leurs récits
Rahal Malika
EHESS
14,90 €
Épuisé
EAN :9782713233920
Je m'appelle Malika Rahal et je suis une historienne du temps présent, de ce temps dont les témoins et acteurs sont encore envie". Quels chemins la petite fille d'une atypique famille d'immigrés a-t-elle empruntés pour en arriver là? Connue pour ses recherches sur l'Algérie contemporaine, Malika Rahal nous livre un texte très personnel, dans lequel les vivants et les morts de son histoire se mêlent à ceux de ses enquêtes. Au fil de ces pages où pointent la colère et l'urgence face à la colonisation et à la guerre, les enjeux de transmission de la culture et de la mémoire rythment un récit vibrant, attentif aux détails des lieux et des objets de la vie courante. Lorsqu'elle ouvre le placard à épices de sa cuisine, écoute les disques vinyle de ses parents ou regarde les photos de famille, c'est toujours en historienne : elle fait le lien avec sa pratique d'enseignante et de chercheuse, interroge son rapport aux témoins et à leurs récits, et explore ses engagements. Son livre est une réflexion puissante sur l'écriture de l'histoire du temps présent, "fût-ce au milieu de la guerre".
Résumé : En mars 1957, la presse annonce la mort à Alger d'un "petit avocat musulman" : "Qui a tué Me Boumendjel ? " On s'interroge sur un faux suicide. Mais que faisait donc ce "modéré" de trente-huit ans entre les mains des "paras" ? Pourquoi a-t-il été assassiné, comme le reconnaîtra le général Aussaresses en 2001 ? Cette affaire est à la fois une histoire française, qui a secoué les intellectuels français, et une histoire algérienne, celle d'un héros et d'un martyr. Dans ce livre, l'une et l'autre éclairent d'une lumière nouvelle les récits existants. Au mépris qu'Aussaresses exprime à l'encontre de cet intellectuel, aux abracadabrantes explications qu'il donne de son arrestation, Malika Rahal oppose un travail d'historienne. Et à l'histoire dominante algérienne, qui intègre Ali Boumendjel parmi ses martyrs en schématisant son parcours, elle oppose la richesse d'une biographie familiale, la complexité d'un engagement politique nuancé et d'un idéal algérien et républicain partagé par nombre de nationalistes d'alors. Ce n'est qu'en mars 2021 que le président de la République française a reconnu qu'Ali Boumendjel a été "torturé puis assassiné" après avoir été "arrêté par l'armée française". Cette biographie, initialement publiée en 2010 et actualisée, constitue dès lors une référence majeure.
Résumé : Comment l'affirmation berbère s'est-elle construite en Algérie, et plus particulièrement dans le cas de la Kabylie ? A rebours des clichés et des poncifs sur les problématiques régionalistes, Yassine Temlali, entreprend dans ce livre de définir un cadre d'analyse rigoureux à partir de questionnements essentiels : quelle était la situation réelle des communautés berbères à la veille de la conquête coloniale ? L'occupation française a-t-elle pu être un agent d'intégration des régions berbérophones à une nouvelle entité, l'Algérie ? La révolte de 1871 a-t-elle vraiment été une révolte kabyle ? Y a-t-il eu une " politique kabyle " de la France ? Y a-t-il eu au sein du FLN une guerre entre " Arabes " et " Kabyles " ? S'écartant des sentiers battus de l'essentialisation des identités culturelles, par définition flottantes et éphémères, l'auteur restitue le cadre historique dans lequel, entre 1830 et 1962, est née en Algérie une conscience culturelle et politique berbère, de façon concomitante avec la naissance de ces entités modernes que sont la nation algérienne, la Kabylie? Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des " récits identitaires " en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans cette culture. " S'il y a une dimension à ce livre, c'est celle de vouloir réinjecter du fond dans des débats politiques présents qui en sont dramatiquement dénués, et redonner aux discussions du savoir, entendu à la fois comme matière et comme distance critique. " Malika Rahal " Ce livre devrait intéresser nombre de lecteurs grâce à ses qualités de nuance dialectique pédagogique : il révèle la Kabylie, l'Aurès, la berbérité et? in fine l'Algérie, en premier lieu aux Algériens. " Gilbert Meynier
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.