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Algérie 1962. Une histoire populaire
Rahal Malika
LA DECOUVERTE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782348073038
En Algérie, l'année 1962 est à la fois la fin d'une guerre et la difficile transition vers la paix. Mettant fin à une longue colonisation française marquée par une combinaison rare de violence et d'acculturation, elle voit l'émergence d'un État algérien d'abord soucieux d'assurer sa propre stabilité et la survie de sa population. Si, dans les pays du Sud, cette date est devenue le symbole de l'ensemble des indépendances des peuples colonisés, en France, 1962 est connue surtout par les expériences des pieds-noirs et des harkis. En Algérie, l'historiographie de l'année 1962 se réduit pour l'essentiel à la crise politique du FLN et aux luttes fratricides qui l'ont accompagnée. Mais on connaît encore très mal l'expérience des habitants du pays qui y restent alors.D'où l'importance de ce livre, qui entend restituer la façon dont la période a été vécue par cette majorité. L'année 1962 est scandée par trois moments : cessez-le-feu d'Évian du 19 mars, Indépendance de juillet, proclamation de la République algérienne le 25 septembre. L'histoire politique qu'ils dessinent cache des expériences vécues, que restitue finement Malika Rahal au fil d'une enquête mobilisant témoignages, autobiographies, photographies et films, chansons et poèmes. Émerge ainsi une histoire populaire largement absente des approches classiques : en faisant place au désespoir des Français d'Algérie dont le monde s'effondre ? désarroi qui nourrit la violence de l'OAS ?, elle relate le retour de 300 000 réfugiés algériens de Tunisie et du Maroc, la libération des camps de concentration où était détenu un quart de la population colonisée, ou la libération des prisons, ainsi que les spectaculaires festivités populaires. L'ouvrage décrit des expériences collectives fondatrices pour le pays qui naît à l'Indépendance : la démobilisation et la reconversion de l'Armée de libération nationale, la recherche des morts et disparus par leurs proches, l'occupation des logements et terres laissés par ceux qui ont fui le pays. Une fresque sans équivalent, de bout en bout passionnante.Table des matières : Remerciements et avertissementsIntroduction. Le sceau de la RévolutionDéplier 1962 : l'évènement et la durée1962 : le récit de la déplorationL'évidence du peupleLe pays de l'avenirI. Violences1. Le sang voléLes fractions du réel dans la rumeurLa question centrale de la transfusion sanguineLa profondeur historique de la rumeurL'impensable qui vient2. L'angoisse des Français d'AlgérieLe temps de l'OASL'angoisse eschatologique, la saturation des rumeurs et nouvellesLes rumeurs et l'exodeL'apparition des autorités algériennes3. Le temps de l'effervescenceUne foule insaisissable et jeuneL'effervescence comme mouvement socialEffervescence et violence4. La vengeanceUne histoire emmêléeVu de France ou vu d'AlgérieUne violence populaire ?Le point de vue des combattants de l'ALNVers le monopole de la violence légitime5. L'événement : Oran 1962Le 5 juillet à OranL'arrière-pays de l'événementLa géographie de la ville en guerreLes lignes de tir des snipers de l'OASL'attentat OAS oublié du 28 février, " le plus sanglant de la guerre d'Algérie "A l'orée de l'indépendance, la confusion des autorités, françaises et algériennesDe l'effervescence festive au paroxysme de la violenceAprès la violence6. La défaite des messalistesLes racines du conflit MNA-FLNRelancer le parti dans la période transitoireLa dérélictionLe temps des griefsII. Corps7. Vivre entre soi1962 et le risque de la guerre civileLes retrouvaillesFaire corps : se compter à la sortie de la guerreLes premiers titres de la presse nationaleLa renaissance associativeRévélation des corps et apparition des faillesEn être, ou pasQuelle place pour les Français ?8. Le retour des détenusDes milliers de prisonniers libérésLa fin de guerre en prisonLa libérationLe retournement de l'espace carcéralL'amnistie de juillet9. La démobilisationLes miraculésL'annonce du cessez-le-feuLa fin de la fraternité combattanteLes tâches de la transitionAux frontièresDémobilisation et reconversionLa reprise du temps de la vie10. Le corps collectifLa petite Algérie de Fontaine-FraîcheSoigner les corpsContrôler les corpsFaire corps collectivement,La santé face aux défis de l'indépendanceLa remise en route du système éducatif11. Les disparusLa quête des mortsDes petites annonces pour rechercher des disparusAnnoncer la mort des frères et s?urs de combatPartager les morts et les disparusLa mission du CICR en 1963Les chercheurs d'os12. FestivitésLe début des festivités en marsLes fêtes de juillet et l'inversion du regardLes préparatifsLe déroulement des festivitésLes exclus de la performanceIII. Espaces13. La recouvranceAl-atlal ou la naissance des tracesLe retour au pays de la guerreLa souveraineté et le territoireLa traversée d'un pays fragmentéLes affrontements de l'été et l'interposition populaireSol pollué, sol dangereux, sol réparé14. SégrégationUne ségrégation spatiale accrueL'exode rural accéléréLe refuge des quartiers algériens15. Le retournement de l'espaceLe départ des " Européens "La surprise de ceux qui restentLes meubles et les objetsOccuper les quartiers videsLa révolution urbaineL'héritage des biens vacants16. Le rapatriement des réfugiésGéopolitique du rapatriementLes réfugiés et l'opération de retourAprès le retour17. Le campL'archipel des campsDe la matérialité du campDébut 1962 : anticiper le dégroupementLa complexe expérience de l'ouverture des camps18. La fermeL'inversion des effets de la dépossession foncièreLa manne des terres libéréesAutogestion héroïque à la ferme ChirisHéritagesIV. Le temps19. L'attenteLa longue attente de l'indépendanceAngoisse et impatienceLa fabrique des futursLe temps des paris20. L'adventionL'avènement de la République algérienneL'avenir est un pays ambitieuxAu risque de l'adventionLe " pays de nos utopies "L'urgenceLe temps des possibles21. 1962-1830Ketchaoua, octobre 19621830Ketchaoua, novembre 19621871-1962 : de la réversibilité de la conquête22. L'invention du passéLe récit de cinémaDes films pour contribuer au partage du tempsLe " pays des épopées "Changements de noms de rue et commémorationsLe temps de l'inscriptionConclusion. La dimension révolutionnaire de 19621962 : le partage du tempsL'effervescenceLe long 1962Témoignages et sources primairesListe des personnages et témoins citésAutres mémoires, ouvrages d'acteurs, recueils et biographies utilisésArchives utilisées dans chaque chapitreBibliographie sélectiveInspirations littéraires, historiennes et théoriquesOuvrages et thèsesArticles et chapitres d'ouvrageNotesIndex.
Résumé : En mars 1957, la presse annonce la mort d'un " petit avocat musulman " : " Qui a tué Maître Boumendjel ? " titre France Observateur. On s'interroge sur un faux suicide. Mais que faisait donc ce " modéré " entre les mains des " paras "? Pourquoi a-t-il été assassiné, comme le reconnaîtra le général Aussaresses dans ses mémoires en 2001 ? L'homme était un militant de l'Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA), l'organisation de Ferhat Abbas. Son parti, perçu comme modéré, bourgeois, francophone et intellectuel a été gommé de l'histoire officielle algérienne et largement ignoré par les historiographies française et algérienne. Au moment de son arrestation, Boumendjel faisait le lien entre la direction de l'UDMA et la direction algéroise du FLN. Il conjuguait alors, comme il l'avait toujours fait sans complexe, la culture française avec un nationalisme algérien, républicain et démocratique. Il y a plusieurs histoires dans cette histoire : une histoire française et une histoire algérienne, celle d'une affaire qui a secoué les intellectuels français, et l'histoire d'un héros et d'un martyr. L'une et l'autre éclairent d'une lumière nouvelle les récits existants. Au mépris qu'Aussaresses exprime à l'encontre de cet intellectuel, aux abracadabrantes explications qu'il donne de son arrestation, il est nécessaire d'opposer un travail d'historien. A l'histoire officielle algérienne, qui tente d'intégrer Ali Boumendjel parmi ses martyrs en schématisant son parcours, il importe d'opposer la richesse d'une biographie familiale, la complexité d'un engagement politique nuancé et d'un idéal à la fois algérien et républicain, partagé par nombre de nationalistes d'alors, et susceptible de trouver aujourd'hui un écho de l'autre côté de la Méditerranée.
Cet ouvrage se propose de confronter les problématiques relatives à la falsafa et à la religion islamique dans leur approche du corps. Le corps a toujours été marginalisé au profit de la notion de l'âme. Pendant que les penseurs ont été intéressés par l'étude de l'âme, le corps a toujours été leur point de départ. Son statut éthique et ontologique doit être réexaminé en refusant de se limiter aux dualismes classiques corps/âme ou matérialisme/spiritualisme qui masquent par leur dimension formelle ou réductrice l'enjeu politique et existentiel de la question ainsi que ses implications théoriques et pratiques. Deux grandes perspectives apparaissent dans le développement de la falsafa lorsqu'elle problématise la question du corps. La première porte sur le fondement psychologique du lien existant entre l'âme et le corps et ses conséquences quant à la détermination de leur valeur réciproque. La deuxième est métaphysique et s'inscrit dans une visée eschatologique impliquant une conception de l'au-delà et du jugement dernier. Comment penser le corps d'un point de vue philosophique pour qu'il ne soit pas incompatible avec l'islam ? Pour répondre à cette question, nous étudions les textes fondateurs de la falsafa spécialement ceux de Al-F r b , Ibn S n , Al-Ghaz l et Mull Sadr tout en les comparant aux textes coraniques. Georgio Rahal enseigne l'islamologie, l'histoire médiévale de l'islam, l'arabe littéraire et la philosophie arabe à l'Institut Catholique de Toulouse.
Ce livre qui se situe dans le champ de la sociolinguistique interactionnelle essaie de comprendre des phénomènes langagiers observés et insérés non seulement dans leur contexte historique et géopolitique mais également dans une problématique générale, celle des comportements langagiers issus de contacts de langues. Il s'agit de traiter de l'alternance des codes, manifestation qui, du fait de l'urbanisation et des migrations contemporaines, est en extension. Quels sont les effets de sens que visent les changements de langues ? L'alternance a-t-elle des visées pragmatiques ? C'est découvrir de fait, la réalité et le dynamisme du parler bilingue, non seulement transgénérationnel mais aussi inter et intra phrastique, articulant ainsi les approches macro et micro linguistiques. Il se propose donc d'analyser le phénomène de bilinguisme se manifestant présentement dans les communautés arabophones et berbérophones immigrées dans la ville de Rennes et plus précisément sur une des situations de contacts de langues en milieu d'accueil : en l'occurrence ici le bilinguisme français-arabe algérien et français-kabyle. A ce titre différents champs d'investigation, à savoir, socio-historique, sociolinguistique et linguistique se trouvent examinés dans ce livre. Il doit prendre en compte ces différentes perspectives car pour circonscrire et comprendre ce champ d'analyse assez complexe, le contact de langues, il faut aborder l'ensemble de ces éléments réunis. Cette manière de procéder participe plus ou moins à donner un aspect interdisciplinaire à cette réflexion. r 4 i :.fr y _ 1 =~
Résumé : En mars 1957, la presse annonce la mort à Alger d'un "petit avocat musulman" : "Qui a tué Me Boumendjel ? " On s'interroge sur un faux suicide. Mais que faisait donc ce "modéré" de trente-huit ans entre les mains des "paras" ? Pourquoi a-t-il été assassiné, comme le reconnaîtra le général Aussaresses en 2001 ? Cette affaire est à la fois une histoire française, qui a secoué les intellectuels français, et une histoire algérienne, celle d'un héros et d'un martyr. Dans ce livre, l'une et l'autre éclairent d'une lumière nouvelle les récits existants. Au mépris qu'Aussaresses exprime à l'encontre de cet intellectuel, aux abracadabrantes explications qu'il donne de son arrestation, Malika Rahal oppose un travail d'historienne. Et à l'histoire dominante algérienne, qui intègre Ali Boumendjel parmi ses martyrs en schématisant son parcours, elle oppose la richesse d'une biographie familiale, la complexité d'un engagement politique nuancé et d'un idéal algérien et républicain partagé par nombre de nationalistes d'alors. Ce n'est qu'en mars 2021 que le président de la République française a reconnu qu'Ali Boumendjel a été "torturé puis assassiné" après avoir été "arrêté par l'armée française". Cette biographie, initialement publiée en 2010 et actualisée, constitue dès lors une référence majeure.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.