Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Brazza commissaire général. Le Congo français, 1886-1897
Rabut Elisabeth
EHESS
14,00 €
Épuisé
EAN :9782713209284
C'est à "l'éminent explorateur dont le nom est désormais inséparable de celui du Congo français" que le gouvernement confie en avril 1886 la direction du Gabon et du Congo français. En ces années où Brazza exerce la fonction de commissaire général - celles qui séparent la Conférence de Berlin de Fachoda -, la politique africaine de la France et des autres pays européens change de dimensions, l'enjeu se portant sur les zones d'influence. Aux yeux de Pierre Savorgnan de Brazza, le Congo français n'est pas une colonie comme les autres. Sa vision personnelle, sa passion de l'Afrique, son analyse des situations dans la compétition internationale au coeur du continent africain, fondent ses choix et son action sur le terrain. Retenus dans les archives publiques et dans les archives privées, les documents édités dans ce volume éclairent la personnalité de Brazza et le rôle de ses collaborateurs, la création et la transformation de la colonie entre 1886 et 1897, l'extension jusqu'aux limites qui seront celles de l'Afrique Equatoriale Française. Simultanément, cette édition offre des données essentielles sur les motivations de la politique coloniale de la France face aux autres puissances, sur les modalités des décisions prises pour la "mise en valeur". La formation de la colonie du Congo français, Exploration et expansion, Mythes et réalités de la colonisation: tels sont les grands thèmes qui regroupent les textes présentés.
Résumé : Hongdou n'est pas celui qu'il aurait dû être, et il n'est pas non plus celui qu'on aurait voulu qu'il soit : fils d'un héros de la guerre de Corée, il n'adhère à aucune des valeurs masculines qu'on prétend lui inculquer, et se comporte en fille manquée. Envoyé sur le front lors du conflit sino-vietnamien de 1979, il traverse cette expérience potentiellement héroïque comme un cauchemar. Finalement, son impuissance à répondre au modèle qu'on lui impose le conduit à la folie, puis à la mort. C'est avec une intelligence lucide, une plume tout à la fois cérébrale et intuitive, aux métaphores éblouissantes que Bi Feiyu nous introduit dans l'intimité de ce destin manqué. Le regard que porte le narrateur sur le vain combat de son ami, disparu à vingt-huit ans, est empreint d'émotion, et l'interrogation sur le sens de la vie d'autant plus profonde que lui-même est alors aux prises avec l'événement d'une naissance. Ce roman bouleversant, où l'on pourra lire une fable antimilitariste, est avant tout un hommage rendu à ceux qui n'ont pas la force de vivre en dehors des chemins qui ont été tracés pour eux.
Le sanwen, genre littéraire chinois peu étudié à l'étranger, est mis à l'honneur dans cet ouvrage qui étudie diverses oeuvres écrites par des auteurs de ce siècle et du siècle dernier. Héritière d'une longue tradition lettrée, la prose libre, ou sanwen, est devenue à l'époque moderne un des quatre grands genres de la littérature chinoise à côté de la poésie, du roman et du théâtre. Pratiquée de tous temps par une multitude d'écrivains, elle constitue un domaine très vaste et d'une grande complexité, et demeure un genre peu traduit et peu étudié à l'étranger. Le présent ouvrage se présente comme une introduction à quelques-unes des problématiques du sanwen moderne. A travers une suite d'études de cas qui s'étendent, chronologiquement, de Lu Xun à Yan Lianke et à Mu Xin, en passant par Deng Tuo, Ba Jin ou Wang Xiaobo, il traite de différents types de prose littéraire et aborde différentes questions théoriques : les difficultés terminologiques et définitoires, les effets produits par le texte selon son mode de publication, le rôle de l'essai comme arme politique et comme témoignage, la frontière entre littérature fictionnelle et non fictionnelle.
Résumé : Yang Fei vient de mourir dans une explosion. Seul, extrêmement pauvre du temps de son vivant, il arrive sur l'autre rive sans pouvoir prétendre à la moindre sépulture. Ainsi est-il condamné à errer là où certains semblent attendre, quand d'autres savent depuis toujours que misère et solitude les consignent à jamais dans ce paisible entre-deux. Déambulant en toute quiétude, Yang Fei croise des êtres depuis longtemps perdus, parvient à donner un sens aux incomplétudes de son existence sans jamais renoncer à l'idée de retrouver son père, ce cher vieillard qui s'échappa une nuit de leur logis en espérant ainsi adoucir leur triste avenir. Un roman d'une beauté prégnante, où les êtres cheminent vers la douceur en convoquant pour mieux s'en déprendre leur vie de souffrances et d'offenses dans une Chine d'aujourd'hui au pouvoir arrogant et brutal.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.