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JORDANE REVISITE
PUECH JEAN-BENOIT
CHAMP VALLON
15,00 €
Épuisé
EAN :9782876734074
Après la publication de ma biographie de Benjamin Jordane, l'auteur de L'Apprentissage du roman (Étampes, 1947-Aurillac, 1994), j'ai reçu d'un correspondant anonyme mais bienveillant une lettre qui me signalait plusieurs incohérences dans mon récit. Je me suis donc lancé dans une nouvelle enquête. A Morsang-sur-Orge, à Fontainebleau, en Touraine et à Saint-Simon (Cantal), j'ai rencontré des proches de l'écrivain que je n'avais pas encore consultés. J'ai recueilli, dans ce livre, leurs témoignages contrastés. Ils montrent que Jordane s'était construit, en amont de ses fictions, une vie imaginaire si vraisemblable que je n'avais rien soupçonné. Mais pourquoi, de sa part, une telle affabulation ? J'ai voulu remonter le cours du roman de sa vie pour retrouver, derrière les aveux étudiés de mon factieux modèle, la vérité historique. Mes recherches m'ont finalement mené dans sa maison de famille, en Haute-Auvergne, et jusqu'aux sources de la Jordanne, dans la verte vallée dont il portait le nom. Le lecteur sera peut-être surpris, comme je le fus moi-même, par les révélations de la fin du livre. Le dernier témoin qui les a permises ressemblait comme un frère à Benjamin Jordane et n'est autre, sans doute, que mon discret correspondant. J-B. P.
Sous la forme d'un catalogue de vente aux enchères, ce livre est un résumé de la thèse de Jean-Charles Mornay, Typologie des oeuvres et des auteurs imaginaires en littérature, de Jeffrey Aspern (chez James) à André Walter (chez Gide) en passant par A.O. Barnabooth (chez Larbaud & de Zamble), Richardo Reis (chez Pessoa) et Jean-Charles Mornay (chez Champ Vallon). On y joint deux essais sur des livres oubliés. Mais le commentaire n'y dépend pas plus du texte commenté que la fiction de la réalité : il est le personnage principal, lecteur retors mais romanesque qui a fait son deuil de l'oeuvre achevée.
Mon journal serait donc une sorte de roman (ou du moins les pages de mon journal qui concernent LR) ? Cette sorte de roman auquel on fait crédit comme à un témoignage ? Une sorte de mensonge ? Cette sorte de mensonge auquel le menteur lui-même croit ? Non pas une fiction voulue et reconnue, concertée, mais une invention involontaire - une affabulation ?"
Ce dernier opus, écrit plus de trente après Voyage sentimental (que nous avions publié en 1986), lui aussi détaché du labyrinthique cycle de "Jordane", aborde d'une manière encore plus singulière et profonde le versant majeur de toute la littérature de Jean-Benoît Puech : il arrive parfois que les obscurités soient mises en lumière sans être dissipées. Comme si ici le retrait habituel de l'auteur en d'in ? nies ? gures éclatées, "hétéronyme intégriste" ou "homonymes qui composent" , faisait volte-face pour reprendre possession de son devoir d'existence.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.